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Statu quo régional en dépit de la tension ambiante

Posted by jeunempl sur mars 15, 2010

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

La région vit plus que jamais sur un volcan qui menace à tout instant d’entrer en éruption. C’est le constat auquel aboutissent les observateurs politiques qui suivent de près les déclarations de toutes les parties. La décision du Premier ministre israélien de construire de nouvelles colonies de peuplement annoncée au moment où le vice-président américain Joe Biden effectuait une visite en Israël n’est pas venue calmer le jeu, bien au contraire. À l’heure où les États-Unis tentent péniblement de relancer un processus de négociations indirectes avec les Palestiniens et alors que Mahmoud Abbas avait réussi à arracher une couverture arabe à cette relance, Benyamin Netanyahu est venu fermer les portes et les fenêtres devant toute éventuelle reprise de contact. Au-delà de la crise diplomatique et politique naissante entre le gouvernement israélien et l’administration américaine provoquée par la décision de Netanyahu, celle-ci montre une fois de plus que les Israéliens ne veulent pas d’une solution, confortant ainsi la position des Arabes hostiles au compromis, notamment la Syrie, qui affiche désormais une assurance qu’elle n’avait pas connue depuis longtemps.

Selon des informations diplomatiques, le Premier ministre israélien avait déjà confié au ministre espagnol des AE, Miguel Angel Moratinos, au cours de la dernière tournée de celui-ci dans la région, un message musclé à l’adresse des dirigeants syriens : soit vous acceptez des négociations directes sur le Golan, soit vous aurez droit à une guerre totale qui verra la destruction de la Syrie. La réponse des autorités syriennes n’avait pas tardé à fuser par la voix du plus diplomate des Syriens, le ministre Walid Moallem, qui avait qualifié le comportement des Israéliens de « voyou ». La secrétaire d’État américaine avait repris le ton des menaces en demandant à la Syrie, dans une déclaration officielle, de s’éloigner de l’Iran au moment où elle annonçait l’envoi de son ambassadeur à Damas, dans une tentative d’alterner la carotte et le bâton. Cette fois encore, la réponse a été on ne peut plus claire et bien peu diplomatique, à travers la rencontre de Damas entre le président iranien Ahmadinejad, son homologue syrien Bachar el-Assad et le chef de la résistance contre Israël au Liban, doté de liens solides avec Téhéran, Hassan Nasrallah. Le message a été si bien perçu que les dirigeants israéliens ont alors multiplié les déclarations dans lesquelles ils ont affirmé qu’ils ne souhaitent pas lancer une guerre contre la Syrie ou le Liban. Il est ainsi devenu clair qu’une nouvelle équation a été établie : une attaque israélienne contre le Liban, la Syrie ou l’Iran provoquera une riposte généralisée. La situation est si dangereuse et explosive que le vice-président américain est venu lui-même en Israël pour l’assurer du soutien de son pays, mais aussi pour lui demander de ne rien entreprendre contre l’Iran. Le président américain a été élu pour dégager son pays du bourbier irakien et pour en finir avec les guerres, il ne peut donc pas en engager une nouvelle contre l’Iran, ni même entrer dans une confrontation militaire avec ce pays, sans compter les problèmes financiers qui le poursuivent sans répit. Mais pour obtenir une promesse d’Israël, Biden a dû jeter du lest sur le dossier palestinien, mettant ainsi en jeu la crédibilité des États-Unis et son sérieux dans le parrainage de négociations indirectes entre les Palestiniens et Israël. Dans le même temps, il a montré aux Arabes qui appuient encore le processus de paix, et dont la position n’était certes pas confortable au cours de la dernière réunion des ministres arabes des AE au Caire, qu’ils ne peuvent espérer la moindre contrepartie à leur série de concessions.

Le tableau est donc complètement figé et les États-Unis, qui sont les seuls à pouvoir pousser vers un déblocage, ont les mains liées, surtout après avoir essuyé un refus aussi cinglant de la part du gouvernement israélien.

Est-ce donc à dire que dans ce contexte de tension et d’impasse diplomatique et politique la guerre est devenue inéluctable ? Les experts répondent par la négative. Selon eux, l’équilibre de la terreur établi grâce à la rencontre tripartite de Damas est de nature à dissuader les Israéliens de se lancer dans une aventure militaire contre le Liban, la Syrie ou l’Iran. Ils font aussi remarquer que le calme n’a jamais été aussi total à la frontière nord d’Israël et au Golan. Pourquoi, dans ce cas, Israël mènerait-il une guerre dont il n’est même pas sûr qu’elle apporterait des modifications stratégiques à l’équation actuelle ? Certes, pour Israël, le renforcement de l’arsenal du Hezbollah est inacceptable, mais l’heure de la guerre n’a pas encore sonné. Et il vaudrait mieux, pour les dirigeants israéliens, attendre l’issue du bras de fer entre la communauté internationale et l’Iran, ainsi que les développements internes au sein de la République islamique, plutôt que de se lancer dans une aventure qui pourrait tourner court et ressouder Arabes et musulmans contre eux.

Par contre, Gaza est un autre dossier. L’absence du secrétaire général du Hamas Khaled Mechaal à la photo réunissant Ahmadinejad, Assad et Nasrallah est à ce sujet significative.

Des sources palestiniennes l’expliquent par le fait que le Hamas, qui a des liens étroits avec l’Égypte et l’Arabie saoudite et qui est engagé dans un processus boîteux de réconciliation avec Mahmoud Abbas, ne peut pas s’afficher aussi ouvertement avec le président iranien et avec le secrétaire général du Hezbollah. Mais quelque part, cette absence laisse croire qu’à Gaza le pire est encore possible, pour trouver un exutoire à la tension. Mais le Liban, la Syrie ou l’Iran ne sont pas dans le proche avenir des cibles « utiles » et le statu quo régional reste le scénario le plus probable.

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