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Liban – Electricité et Eau: le point de la situation avec le nouveau ministre Gebran Bassil

Posted by jeunempl sur mars 2, 2010

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Gebran Bassil, ministre de l’Energie et des ressources hydrauliques, était l’invité de Maguy Farah pour l’émission « Al Hak Youkal » mercredi dernier sur la chaine OTV.
Le ministre a déclaré que l’objectif de ses dernières conférences de presse et interviews, était d’abord d’informer les gens sur les problèmes actuels et les défis qui l’attendent. Gebran Bassil en a donc profité pour livrer beaucoup de chiffres. Ceci ne l’a néanmoins pas empêché de laisser sous-entendre qu’un plan a déjà été préparé pour répondre au déficit de production, sans pour autant en dévoiler plus à ce sujet.

Le jeune ministre a d’abord écarté tout lien entre la fin de la guerre civile il y a 20 ans et le déficit actuel de la production électrique et hydraulique. Selon lui, les problèmes actuels sont dûs à une mauvaise gestion des ressources et des infrastructures électriques et hydrauliques du pays. Il estime néanmoins que le problème de l’eau est plus complexe et nécessite plus d’effort que celui de l’électricité.

Au niveau de la production électrique, les centrales libanaises fournissent 1500 MW de puissance sur les 2200 MW nécessaires en moyenne. Pour donner une idée de l’ampleur de la catastrophe, et en même temps du potentiel du pays, il cite le Qatar qui produit 14 000 MW, pourtant 15 fois moins peuplé que le Liban. Par ailleurs, 7,5 % de l’électricité consommée au Liban provient de la Syrie et de l’Egypte. Cela reste cependant insuffisant, déplorant des pertes quotidiennes estimées à 12 millions de dollars pour l’état. Mais selon lui, il faut diversifier au maximum les ressources électriques (qui proviennent tous du gaz et du pétrole) pour réduire l’impact de toute instabilité politique et régionale.

Le ministre Bassil a également dénoncé les incohérences au niveau de certains investissements récents, notamment la centrale électrique au gaz de Baalbeck qui n’était pas appropriée au moment de sa construction. L’arrivée de gaz se faisant attendre, elle ne peut fonctionner qu’au mazout, engendrant des surcoûts. Bassil a alors abordé le coût de production de certaines centrales électriques au Liban. La production d’1 kWh coûte 0,21 $ à Baalbeck, 0,09 $ à Zouk Mosbeh (malgré son état, elle est la plus rentable des centrales au mazout) et enfin… 0,03 $ au Litani. La centrale hydroélectrique est donc la plus rentable et doit servir d’exemple par rapport aux investissements futurs. Aujourd’hui, seuls 4,5 à 5% de la production électrique provient de centrales hydroélectriques.
La production coute 0,15 $/kWh en moyenne, alors qu’elle est facturée en moyenne 0,07 $/kWh. L’Etat perd mais ne peut pas augmenter la facture tant qu’il ne fournit pas un service complet aux citoyens.
Abordant le poids de la facture énergétique pour chaque ménage libanais, le ministre fait remarquer que le citoyen paie beaucoup pour l’électricité à cause du déficit de production qui le force à souscrire à un 2ème abonnement qui coute le double de l’EDL. Pour lui, il sera admissible d’augmenter la facture du kWh lorsque l’état offrira l’électricité 24h/24.

Bassil a critiqué le manque de vision et de plans pour l’avenir, se demandant même comment l’électricité parvient encore aux gens.
Actuellement la situation peut paraitre meilleure, mais Bassil prévient qu’il s’agit d’un concours de circonstances (centrales fonctionnant à bloc, sans pépin, alors que la demande est moindre)… il prévoit de gros soucis pour l’été où la demande sera plus grande.

Abordant le déficit budgétaire de l’EDL, Gebran Bassil a énuméré un certain nombre d’irrégularités dans sa gestion. Il n’est pas normal par exemple qu’un employé touche une indemnité de départ à la retraite équivalent à 1,1 million de dollars. Un autre problème est lié à la moyenne d’âge trop élevée au sein des employés de l’EDL. Chaque année, 150 employés atteignent l’âge de la pension, sans pour autant être remplacés.
Le jeune ministre a également dénoncé un certain nombre de contrats conclus par le passé, qui ne sont plus d’actualité, et qui font perdre à l’EDL près de 185 millions de dollars par an. Abordant le problème des couvertures politiques, il dénonce l’existence d’industriels bénéficiant de tarifs spéciaux par rapport à d’autres industriels.

Une autre cause du déficit budgétaire de l’EDL provient de ses pertes techniques et non-techniques. Le ministre n’a pas hésité à pointer du doigt la problématique de la couverture politique dont bénéficient certaines localités, que ce soit au niveau du paiement des factures ou du temps d’approvisionnement. Globalement, les chrétiens paient plus que leurs compatriotes musulmans. « C’est une réalité, mais cela n’est pas une question de religion, ni de communauté mais de couverture politique et ce phénomène est très localisé et change d’une localité à l’autre » insiste le ministre, s’engageant à combattre ce fléau. Dans le même contexte, Bassil a justifié ses mesures visant à répartir de manière équitable l’approvisionnement électrique des différentes régions libanaises. C’est dans ce contexte que la région de Minieh (au Nord) a vu son approvisionnement passer de 24 heures à 20 heures par jour, afin d’améliorer celui de la région voisine du Akkar.

Quant à la problématique de l’eau, Bassil a également déploré le déficit d’approvisionnement dont souffrent les Libanais. Il s’étonne du fait que des entreprises privées comblent ce déficit à travers la fourniture d’eau par camions-citernes, ce qui signifie que la quantité d’eau est belle-et-bien disponible au Liban. Le Liban est privilégié dans la région et doit profiter de ses atouts « hydrauliques » pour vendre à l’avenir son surplus d’eau à d’autres pays dans le besoin.

Le jeune ministre a d’abord dressé la situation de l’eau, sur base des besoins journaliers estimés à 200 litres par jour et par habitant. Selon ces estimations, les besoins de la population sont de 290 millions de m³ alors que la production est de 370 millions de m³. Il existe donc une incohérence qui révèle des pertes.

Le ministre a alors expliqué l’importance de récupérer l’eau, traçant son parcours du moment où elle atterrit au Liban jusqu’à sa consommation, mettant l’accent sur les pertes et dévoilant le potentiel non encore exploité. C’est dans ce contexte qu’il aborde un plan décennal proposé il y a 10 ans et destiné à construire un réseau de barrages hydrauliques à travers tout le pays. Celui-ci doit permettre au Liban d’augmenter ses réserves annuelles en eau de 825 millions de m³. Le budget alloué à ces chantiers était même prêt avant qu’un blocage politique n’entrave ce processus. Seul le barrage de Chabrouh au Kesrouan (dont la capacité de stockage est de 8 millions de m³) fut achevé. Bassil s’engage donc à relancer ce processus tout en avertissant qu’avec le temps perdu, le coût de tels aménagements a considérablement augmenté. Il a également insisté sur d’autres possibilités de valorisation de ces ouvrages par le tourisme et la production électrique.

Cette remise à niveau nécessite cependant des moyens que le ministère ne dispose pas. Les caisses de l’administration pour la gestion des eaux sont vides et accusent un trou de 45 milliards de livres libanaises.

Quant à la facture de l’eau, le m³ coûte en moyenne 0,44 $ et le ministre a pour objectif de réduire ce tarif à 0,23 $ d’ici 8 ans. Cependant, ce type de tarification doit selon lui être revu au profit d’une tarification qui tienne compte de la consommation effective d’eau. Cette politique est motivée par le besoin de rationaliser la consommation en eau des ménages. C’est pourquoi l’installation de compteurs d’eau doit être imposée et généralisée sur tout le territoire.

Entretemps, face au déficit de production, le citoyen paie chaque année 100 millions de dollars à l’état et 300 millions de dollars aux services privés (camions-citerne).  Cependant, le ministre a dévoilé que seuls 25% des Libanais payait leur facture d’eau (arriérés estimées à 500 milliards de LL). Le nombre d’abonnés est anormalement bas et au-delà de la corruption, l’une des causes provient des nombreux puits creusés avec ou sans permis. Il a évoqué la situation problématique qui se pose au Sud-Liban. Un réseau de 245 puits permet d’alimenter la population mais leur coût annuel est de 2,2 milliards de LL. L’eau des puits nécessite la consommation d’électricité destiné à leur pompage. Gebran Bassil a déploré cette stratégie inappropriée.

De plus la multiplication des puits a pour inconvénient de porter atteinte au niveau des nappes phréatiques. Bassil souhaite une gestion durable de ces réserves. Il a donc pris la décision de suspendre l’octroi de permis pour l’aménagement de puits en attendant qu’une étude complète soit effectuée sur le niveau de réserves en eau des nappes phréatiques dans le pays. Il existerait par ailleurs 25 000 puits illégaux sur tout le territoire. Il évoque ainsi la nécessité de légiférer en la matière, dans le cadre d’un travail général visant à l’adoption d’un Code de l’Eau.

Le ministre de l’Energie a ensuite abordé l’exploitation de puits de pétrole et de gaz au large du Liban. Selon lui, le pays doit légiférer en la matière afin de bien règlementer son exploitation. Ce n’est qu’une fois ce travail réalisé que le Liban pourra profiter de l’exploitation de cette ressource. Il explique par ailleurs que l’état libanais, sans avoir même débuté l’extraction du gaz, obtiendra bientôt des rentrées provenant des droits d’exploitation que l’exploitant coté chypriote doit payer au Liban. Les deux états partagent effectivement la même source.

Bassil a ensuite abordé le problème des réserves de pétrole dont dispose le Liban. Les réserves ne s’élèvent qu’à 360 millions de litres, ce qui n’est pas suffisant pour faire face aux variations de prix du baril de pétrole et les amortir.
Le ministre a par ailleurs fait constater que seuls 44% des stations-services étaient légales et que le marché du pétrole est largement subventionné au Liban, à hauteur de 40 millions de dollars. Il s’est également demandé pourquoi le Liban n’avait pas encore prévu de développer le gaz ou l’électricité comme moyen de combustible pour les voitures. Il faut selon lui diversifier au maximum les ressources pour que la population fasse son choix en fonction de ce qui lui convient.

En conclusion, le jeune ministre a enfin insisté sur le potentiel des énergies renouvelables, s’engageant à mettre en place un cadre destiné à booster l’investissement dans ce secteur. C’est dans ce contexte qu’il a évoqué le développement d’un atlas du vent pour le Liban. Selon lui, l’idée est de créer un outil permettant à toute personne possédant un terrain ou souhaitant bâtir, de prendre conscience de son potentiel en vue d’une production électrique à travers l’installation d’éoliennes. Bassil s’est également montré enthousiaste quant à l’exploitation de l’énergie solaire, prônant la mise en place d’un cadre favorable à son développement.

Vous pouvez suivre plus en détail la retransmission TV de l’interview du ministre:

Reportage sur la situation de l’électricité

Reportage sur la situation de l’eau

Le ministre Bassil a également dénoncé les incohérences au niveau de certains investissements récents, notamment la centrale électrique au gaz de Baalbeck qui n’était pas appropriée au moment de sa construction. L’arrivée de gaz se faisant attendre, elle ne peut fonctionner au mazout, engendrant des surcoûts. Bassil a alors abordé le coût de production de certaines centrales électriques au Liban. Le kWh coûte 0,21 $ à Baalbeck, 0,09 $ à Zouk Mosbeh (malgré son état, elle est la plus rentable des centrales au pétrole) et enfin… 0,03 $ au Litani. La centrale hydroélectrique est donc la plus rentable et doit servir d’exemple par rapport aux investissements futurs. Aujourd’hui, seuls 4,5 à 5% de la production électrique provient de centrales hydroélectriques.
La production coute 0,15 $/kWh en moyenne, alors qu’elle est facturée en moyenne 0,07 $/kWh. L’Etat perd mais ne peut pas augmenter la facture tant qu’il ne fournit pas un service complet aux citoyens.
Abordant le poids de la facture énergétique pour chaque ménage libanais, le ministre fait remarquer que le citoyen paie beaucoup pour l’électricité à cause du déficit de production qui le force à souscrire à un 2ème abonnement qui coute le double de l’EDL. Pour lui, il sera admissible d’augmenter la facture du kWh lorsque l’état offrira l’électricité 24h/24.

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