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2009, une année « exceptionnelle » pour l’économie libanaise, selon la Bank Audi

Posted by jeunempl sur février 28, 2010

(L’Orient le Jour)

Selon le rapport annuel de la Bank Audi, l’économie libanaise a paradoxalement connu l’une de ses meilleures années en 2009, en dépit du contexte de crise mondiale.

En dépit du contexte de crise, 2009 a été une année « exceptionnelle » pour l’économie libanaise, affirme la Bank Audi dans son dernier rapport économique trimestriel pour l’année écoulée. Selon la banque, la croissance au Liban aurait en effet atteint près de 7 % l’an dernier, à l’heure où l’économie mondiale connaissait sa plus forte contraction depuis la grande dépression de 1929. Cette croissance a été favorisée par le maintien de l’accalmie politique sur le plan interne, mais aussi par la stabilité financière et bancaire du pays, qui lui a permis de bénéficier du statut de terre de refuge. De ce fait, les capitaux étrangers ont afflué de manière exceptionnelle vers le Liban, augmentant de 26,2 % par rapport à 2008, pour atteindre 20,7 milliards de dollars. Cette croissance atypique des flux de capitaux intrants a permis au Liban d’enregistrer un excédent record au niveau de la balance des paiements, de l’ordre de 7,9 milliards de dollars.

Amélioration des principaux indicateurs

La consommation et l’investissement ont d’ailleurs été les deux principaux moteurs de croissance, souligne le rapport de la Bank Audi, qui relève, en parallèle, l’amélioration de la plupart des indicateurs économiques en 2009 ; sur le plan immobilier, la valeur des ventes de propriétés a ainsi augmenté de 8,2 %, tandis que les livraisons de ciment ont grimpé de 16,1 %. Par ailleurs, le volume des marchandises livrées au port a augmenté de 10,1 %, tandis que le nombre de passagers à l’aéroport a bondi de 22,6 %. Le rapport indique en outre une hausse de 13 % des dépenses détaxées et une croissance de 7,4 % des chèques compensés en 2009.

Le rapport met aussi l’accent sur la hausse substantielle du nombre de touristes en 2009, qui a frôlé, pour la première fois dans l’histoire du pays, le seuil des deux millions. Selon le ministère du Tourisme, 1 851 081 visiteurs ont en effet foulé le sol libanais l’an dernier, ce qui constitue une croissance de 38,9 % sur un an. Le dernier record enregistré par le Liban remonte à 1974, date à laquelle 1,4 million de touristes s’étaient rendus au pays du Cèdre. Selon la Bank Audi, cette croissance exceptionnelle de l’activité touristique a largement contribué à l’essor économique observé l’an dernier.

Il reste que la banque reconnaît l’existence d’un impact négatif au niveau de certains segments de l’économie, dû aux retombées de la crise. Ainsi, les exportations agricoles ont reculé de 7,2 % en valeur l’an dernier, et de 10,8 % en volume, indique le rapport, ce qui confirme l’existence d’une baisse réelle des ventes de produits agricoles à l’étranger, et non d’une baisse due à une évolution des prix. Les exportations industrielles ont en outre augmenté de seulement 0,6 % sur l’ensemble de l’année, ajoute le rapport de la Bank Audi.

Le déficit commercial stabilisé

Au total, le montant global des exportations libanaises a atteint près de 3,5 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de seulement 0,2 % par rapport à 2008. Jusqu’en septembre 2009, celles-ci avaient reculé de 7,1 % ; la tendance a toutefois été renversée au dernier trimestre de l’année, ce qui a abouti in fine à cette légère hausse, indique le rapport. Il n’en reste pas moins que les exportations n’ont pas connu de croissance significative en 2009, à l’ombre de la baisse de la demande externe, tout comme les importations, qui ont progressé de moins de 1 % l’an dernier. Cette hausse infime des importations n’est toutefois pas le résultat d’une contraction de la demande locale (celle-ci ayant, au contraire, été l’un des principaux moteurs de croissance), mais plutôt de la baisse substantielle des cours mondiaux de pétrole, qui ont chuté en moyenne de 36 % en 2009 par rapport à 2008, et du léger affaiblissement de l’euro, qui a reculé de 3,5 % sur un an face au dollar. Selon la Bank Audi, ces deux facteurs ont en effet largement contribué à une stabilisation des importations, l’essence et les dérivés pétroliers constituant 20 % du total des importations, et les marchandises provenant d’Europe comptant pour 30 % du total de ces importations.

Cette combinaison de facteurs a donc permis au déficit commercial de se stabiliser pour la première fois depuis des années. Celui-ci s’est en effet creusé à 12,8 milliards de dollars, en hausse de 0,8 % par rapport à l’an dernier.

Amélioration des finances publiques et recul du ratio dette/PIB

Par ailleurs, un léger progrès a été enregistré l’an dernier au niveau des finances publiques, souligne le rapport, indiquant à cet égard que le ratio de déficit fiscal au PIB a reculé pour la quatrième année consécutive jusqu’à 9,1 % en 2009, contre 10 % en 2008, 10,9 % en 2007 et 13,5 % en 2006. Le ratio de déficit au total des dépenses publiques a également reculé pour atteindre 26 % en 2009, contre 29,4 % en 2008, 30,5 % en 2007 et 38,4 % en 2006.

Cette amélioration, qui découle notamment d’une hausse de 20,4 % des recettes publiques combinée à une hausse moins importante des dépenses publiques (+14,8 %), est également le résultat d’une croissance importante du PIB national, indique le rapport.

Il n’en reste pas moins que le déséquilibre fiscal chronique, financé par l’endettement, a encore une fois contribué à la hausse du montant global de la dette publique. Celle-ci a atteint 51,1 milliards de dollars fin 2009, enregistrant ainsi une croissance de 8,7 % sur un an. La dette publique nette, qui exclut les dépôts du secteur public auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, a quant à elle atteint 44,1 milliards de dollars, en hausse de 6,3 % par rapport à 2008. Cette augmentation de l’endettement n’a toutefois pas empêché le ratio de dette publique au PIB de reculer jusqu’à 156 % en 2009, contre 160 % en 2008, 168 % en 2007 et 180 % en 2006.

Conversions massives vers la livre

Reflétant l’amélioration dans la sphère réelle, le secteur monétaire a aussi connu l’une de ses meilleures années. L’amélioration de la confiance mais aussi l’attractivité de la rémunération des produits en livre ont entraîné un mouvement massif de conversion vers la monnaie locale, estimé à plus de 10 milliards de dollars en 2009 (contre 8 milliards de dollars en 2008), entraînant une baisse du taux de dollarisation des dépôts à 64,5 % – le niveau le plus bas depuis 10 ans. Ces conversions ont en outre considérablement renforcé les avoirs en devises de la BDL, qui ont atteint un plus haut historique de 28,3 milliards de dollars fin 2009, contre 19,7 milliards de dollars un an plus tôt. Le ratio de couverture de l’offre de monnaie locale par les avoirs en devises de la BDL a atteint 82,8 % (112,3 % si l’on inclut les réserves en or du pays, estimées à près de 10 milliards de dollars). Ces conversions ont toutefois mené à une abondance de liquidités en livres, poussant ainsi les taux d’intérêt sur les dépôts en monnaie locale à la baisse, indique le rapport.

Le secteur financier sorti indemne de la crise

Parallèlement, le secteur bancaire a profité du boom de l’économie locale et de l’amélioration de la confiance. Le total des actifs bancaires a ainsi bondi de 21 milliards de dollars, passant de 94,3 milliards de dollars fin 2008 à 115,3 milliards de dollars fin 2009. Cette croissance a notamment été tirée par la hausse des dépôts, qui ont augmenté de 18 milliards de dollars, soit 1,7 fois la croissance enregistrée un an plus tôt. Les dépôts bancaires ont ainsi atteint un record historique de 95,8 milliards de dollars. L’activité de crédits s’est en revanche relativement contractée, dans un contexte général de resserrement du crédit au lendemain de la crise. Les prêts accordés au secteur privé ont augmenté de 3,3 milliards de dollars, contre 4,6 milliards de dollars en 2008. Cette croissance dépasse toutefois la moyenne enregistrée au cours des 6 dernières années, et qui s’élève à 1,6 milliard de dollars. Quant aux profits des banques, la Bank Audi indique qu’aucune donnée finale n’était disponible à l’heure de la publication du rapport. Les profits des trois premières banques ont en revanche augmenté de 19 % l’an dernier, ajoute le rapport.

Enfin, au niveau du marché financier, le rapport indique que ce dernier n’a pas été complètement épargné par la crise. En effet, malgré une hausse de 27 % de l’indice de la Bourse de Beyrouth, le volume des transactions boursières a accusé une baisse de 43 % sur un an, passant de 1,7 milliard de dollars en 2008 à 943 millions de dollars l’an dernier. La capitalisation boursière a toutefois rebondi, passant de 9,3 milliards de dollars fin 2008 à 12 milliards de dollars fin 2009. Quant aux spreads moyens sur les bons du Trésor, ils ont chuté de 437 points de base, pour atteindre 290 points de base fin 2009 – le niveau le plus bas depuis au moins trois ans.

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