Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Inauguration par l’UE et Omsar de deux centres de traitement des déchets au Sud

Posted by jeunempl sur janvier 15, 2010

(L’Orient le Jour)

Pourquoi les autorités locales, surtout dans les contrées éloignées, ne seraient-elles pas chargées du traitement des déchets ? Deux nouveaux projets inaugurés hier par l’Union européenne et Omsar au Liban-Sud montrent que c’est faisable, à condition que le suivi soit assuré suffisamment par les municipalités.

Deux projets ont été inaugurés hier au Liban-Sud par le chef de la Délégation de l’Union européenne (UE), Patrick Laurent, qui était accompagné de l’ambassadeur du Danemark, Jantop Christensen, et par le ministre d’État au Développement administratif, Mohammad Fneich, ainsi que l’équipe d’Omsar qui a exécuté le projet. Le directeur général de l’Environnement Berge Hatjian représentait le ministre de l’Environnement, et le ministre de l’Intérieur était représenté par Nicolas Abou Daher. Les deux nouvelles installations comprennent un centre de tri et de stérilisation des déchets hospitaliers à Abbassieh (caza de Tyr) et un centre de tri et de compostage des déchets à Ansar (caza de Nabatiyeh).

Les deux nouvelles installations font donc partie de ce projet financé par l’UE à hauteur de 14,2 millions d’euros, qui a été confié à Omsar dès 2003 pour des raisons principalement logistiques, comme l’a expliqué M. Laurent. La directrice du projet au sein d’Omsar, Roula Kabbani, a précisé à L’Orient-Le Jour qu’en 2004 « un appel a été lancé aux municipalités pour qu’elles présentent des projets, suivi de campagnes de sensibilisation ». Elle a ajouté que, parmi les 75 projets présentés, 17 ont été retenus selon des critères définis préalablement et seront situés dans toutes les régions libanaises.

« Jusqu’à présent, nous avons distribué tous les équipements de tri et de collecte des déchets, ainsi que les camions, précise-t-elle. Nous avons terminé cinq usines, et il en reste onze. Le projet devrait être clôturé en 2011. Nous espérons pouvoir le finaliser d’ici là, sinon nous demanderons une extension du délai. » Mme Kabbani assure que Omsar recherche la durabilité des projets, d’où le fait qu’elle a un budget pour assurer le fonctionnement des usines durant deux ans au bénéfice des municipalités qui le souhaitent.

La durabilité est un thème qui a plus d’une fois été soulevé par M. Laurent durant la tournée. À Abbassieh, il a appelé la municipalité à fixer le bon prix aux hôpitaux, ni trop élevé ni trop bas, pour assurer le suivi efficace du centre. Il a aussi suggéré que soit introduit dans le schéma directeur d’aménagement du territoire un plan national de traitement des déchets. À Ansar, il a réitéré le même message : il faut rendre l’usine rentable, surtout que sa gestion reviendra entièrement à la municipalité dans deux ans, insistant au passage sur l’importance de l’éducation à l’environnement.

Pour sa part, M. Fneich a déclaré à Abbassieh qu’il nous faut désormais « peu de discours politiques et beaucoup de travail », espérant que la période suivante sera celle des réalisations. Il s’est insurgé contre le fait que le Liban ait négligé si longtemps des dossiers aussi graves que celui des déchets hospitaliers. À Ansar, il a rappelé que le Liban produit 4 000 tonnes de déchets ménagers par jour, alors que la totalité des usines déjà inaugurées dans le cadre du projet d’Omsar a une capacité de 700 tonnes, soit 20 %, « ce qui donne une idée de l’ampleur des problèmes ». Il a reconnu que les moyens des municipalités sont très limités et a assuré qu’il allait lancer un dialogue pour la création d’un comité capable d’assurer le suivi dans les régions.

Sur les deux sites, les responsables de l’UE et des ministères ont été accueillis chaleureusement par les présidents de municipalités et des membres des communautés locales. Des plaques commémoratives leur ont été offertes. À Ansar, des enfants du Lycée franco-libanais de Habbouche (Nabatiyeh), qui portaient sur eux des slogans écologiques écrits sur des tabliers en carton, ont offert des fleurs aux responsables politiques.

Le site de Abbassiyeh devrait recevoir les déchets hospitaliers de la région. Le stérilisateur de déchets dangereux a une capacité de 300 kilos par cycle. Hier, la démonstration a été faite par des membres de l’ONG arcenciel, qui a plusieurs sites de traitement des déchets hospitaliers à son actif, et qui a été chargée par Omsar de la campagne de sensibilisation accompagnant le projet. Quant à l’usine d’Ansar, qui doit recevoir les déchets du village et de ses environs, elle repose sur un tri des déchets puis un compostage et un recyclage des matériaux qui peuvent l’être.

Énergie et pollution

La dernière étape de la tournée de l’UE a été à Nabatiyeh, où MM. Laurent, Fneich, Hatjian et Christensen ont été reçus par le député Yassine Jaber au centre Kamal Jaber. C’est là qu’une conférence de presse sur le changement climatique a été donnée par les quatre personnalités, avec une présentation de la problématique par l’UE, axée plus particulièrement sur les effets sur le Liban (baisse des ressources hydrauliques, érosion côtière, augmentation des maladies respiratoires, etc.), et sur les engagements de l’Europe (baisse de 20 % des émissions d’ici à 2020, et de 80 % d’ici à 2050).

La question du bilan et des conséquences mitigées du sommet de Copenhague ayant été soulevée par MM. Laurent et Christensen, L’Orient-Le Jour les a interrogés sur le rôle de l’Europe et les raisons pour lesquelles elle n’a pas encore réussi à convaincre d’autres pays industrialisés et émergents, notamment les plus pollueurs d’entre eux, à prendre les mêmes engagements à réduire les gaz à effet de serre. « C’est une affaire de discipline collective, a répondu M. Laurent. L’Europe a beaucoup fait pour montrer le chemin, le seul chemin en réalité. Mais la persuasion multilatérale est difficile à réaliser et longue. Nous n’allons pas baisser les bras pour autant. »

L’accord de Copenhague, rappelle-t-on, n’a pas comporté d’engagements contraignants pour les pays. Selon M. Laurent, le sommet, même s’il n’a pas été à la hauteur des espérances, a été un progrès dans la prise de conscience des dirigeants de pays, comme les États-Unis ou la Chine. Le Liban, a-t-il ajouté, ainsi que d’autres pays en développement, bien que faibles émetteurs, doivent aussi faire des efforts. Évoquant le déficit dans la production d’énergie, il a estimé que « le Liban, quand il remontera la pente de la production d’énergie, pourrait le faire sans contribuer, à son modeste niveau, à polluer encore davantage ». Mais c’est négligeable au niveau mondial, surtout si de grands pollueurs ne fournissent pas d’efforts à leur propre niveau. « Ce n’est pas négligeable pour le Liban », a-t-il cependant estimé.

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