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Bâtiments « verts » : campagne pour des constructions plus écologiques

Posted by jeunempl sur janvier 13, 2010

(L’Orient le Jour)

Saviez-vous que 40 % de l’énergie dans le monde est consommée dans les bâtiments ? La tendance vers des « constructions vertes », ces bâtiments qui consomment bien moins d’énergie, voire qui en produisent, commence à s’imposer dans le monde. À quand le tour du Liban ?

Au Liban, la question des constructions écologiques n’a pas encore fait son chemin dans les mentalités, sauf dans des cas très rares. Et pourtant, cette tendance mondiale se confirme. Un groupe d’ingénieurs bien informés sur les nouvelles techniques a décidé de fonder une association dont l’objectif sera de sensibiliser les différents acteurs de l’immobilier – de l’ingénieur, au promoteur et même au client – au respect des critères écologiques. C’est ainsi que le Conseil du Liban pour les bâtiments verts (LGBC) a vu le jour.
Samir Traboulsi, président du LGBC, explique qu’il faut suivre la tendance mondiale des bâtiments verts, où il est possible d’économiser de l’énergie et de l’eau, et où les matières utilisées sont amies de l’environnement et bénéfiques pour la santé humaine.

Que veut dire exactement « bâtiment vert » ? « Pour qu’un bâtiment réponde à cette appellation, il doit être conforme aux normes écologiques dès sa conception, explique M. Traboulsi. Il faut qu’il y ait une coopération entre l’ingénieur et l’architecte pour décider des moindres détails : emplacement, orientation, matériel utilisé, moyens d’installation des équipements et leur utilisation future… Cette tendance doit englober toutes les étapes de la construction, jusqu’au finissage. »
L’emplacement de la construction doit déjà répondre à des critères précis. « L’accès du bâtiment doit être facilité d’une façon ou d’une autre, souligne M. Traboulsi. Il peut être proche de stations de transports publics, de routes principales, etc. Cela réduit les transports et donc la consommation d’énergie. » L’orientation est également un point crucial. « Si, à titre d’exemple, un bâtiment est orienté de façon à être exposé au soleil tout le temps, il sera difficile de réduire la consommation liée à la climatisation, explique-t-il. Si ses fenêtres sont orientées vers le Nord, l’exposition sera moindre et le besoin en climatisation aussi. C’est crucial au Liban où, sur le littoral, nous avons davantage un besoin de climatisation que de chauffage. »
Un bâtiment bien isolé est de toute évidence plus écologique. « Le double vitrage est un élément essentiel de cette isolation, poursuit M. Traboulsi. Sur le toit, il est nécessaire d’étendre une matière isolante comme le polystyrène, et de placer au-dessus du gravier, qui protège et reflète la lumière. Pour ce qui est de l’enveloppe extérieure, il est recommandé qu’elle soit plus épaisse, avec deux murs de dix centimètres chacun, séparés par cinq centimètres de vide, pour bloquer l’énergie et la chaleur. Aujourd’hui, l’ordre des ingénieurs a décrété que si cette règle est appliquée, les promoteurs auront un avantage sur la zone d’exploitation. C’est une bonne motivation. »
Pour ce qui est de la consommation d’énergie, il évoque le problème du chauffage de l’eau. « De ce point de vue, le chauffe-eau solaire s’impose, surtout dans un pays où il y a autant de soleil que le nôtre, dit-il. Il y a même une possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques pour la production d’électricité. »
Enfin, les matières plus écologiques sont aussi profitables d’un point de vue environnemental que sanitaire. « Aujourd’hui, certaines peintures, à titre d’exemple, dégagent des matières chimiques qui peuvent nuire à la santé, explique-t-il. Si l’architecte possède des informations sur certaines matières non nuisibles, il est préférable qu’il les utilise. »

« Zéro énergie »
« En 2020, le concept de bâtiments zéro énergie sera appliqué dans le monde, assure M. Traboulsi. Vu qu’il est estimé que 40 % de l’énergie consommée dans le monde va dans le bâtiment, on comprend l’intérêt de constructions plus économiques dans la consommation d’énergie, voire générant leur propre énergie de façon à devenir neutres. Dans de tels bâtiments à l’enveloppe très isolante, il n’y aura plus besoin d’acheter de l’énergie à l’État, il sera même possible de lui en vendre. »
Mais pour l’instant, construire « vert » reste plus cher. « Il est vrai que ces produits et ces installations demeurent plus coûteux actuellement, reconnaît M. Traboulsi. Mais ils ne sont pas beaucoup plus chers, d’autant plus que sur la durée, ils restent beaucoup plus rentables, autant par l’absence d’effets négatifs sur la santé que par l’économie d’eau et d’énergie réalisée. En gros, toutes ces améliorations coûtent seulement jusqu’à 6 % de plus, ce qui n’est pas énorme. »
Ce qu’il ne comprend pas cependant, c’est le manque d’encouragement de la part de l’État envers l’installation de chauffe-eau solaires, ce qui lui semble être une évidence vu notre climat. « Il est vrai qu’il faut payer ces chauffe-eau, mais la facture d’électricité ou de mazout baissera considérablement, affirme-t-il. L’État pourrait prendre des mesures fiscales qui encourageraient les Libanais à en installer chez eux, comme l’exemption de taxes sur ces produits. Ça a marché à Chypre, pourquoi pas chez nous ? Or le Liban continue d’ignorer cette piste, comme s’il n’existait aucune pénurie d’électricité dans le pays. »
L’ingénieur précise qu’il y a aujourd’hui certaines initiatives au Liban, mais rien de global. Comment savoir si un bâtiment est vraiment « vert », surtout si on est acheteur ? « Il faut introduire un système de crédits, estime-t-il. Par exemple, s’il y a un double vitrage, un certain nombre de crédits est accordé. Et ainsi de suite. »
Les anciens bâtiments peuvent-ils devenir « verts » ? « Il y a beaucoup de choses qui peuvent être améliorées, assure M. Traboulsi. On peut ajouter un double vitrage, utiliser des lampes à basse consommation, acheter des équipements électroménagers plus efficaces, installer un chauffe-eau solaire… Évidemment, pour ce qui est de l’emplacement ou de l’orientation, on ne peut pas modifier grand-chose. Mais il reste possible d’apporter des améliorations : dans un bâtiment mal orienté, on peut ajouter des pare-soleil sur les fenêtres, par exemple. »

Chartes et lois
Qui sont les fondateurs du LGBC ? « Nous sommes dix ingénieurs et architectes qui se sont rassemblés autour de l’idée des bâtiments verts, indique M. Traboulsi. Nous sommes d’une part bien informés sur ce qui se passe dans le monde, et d’autre part très conscients de la situation énergétique au Liban. Notre but est de sensibiliser les Libanais à ces notions. »
M. Traboulsi évoque un projet en trois étapes. « Nous voulons en premier définir des standards « libanisés » mis à la disposition des architectes, explique-t-il. Nous chercherons, évidemment, l’approbation de tous les acteurs de ce secteur, afin qu’il n’y ait pas d’opposition qui entraînerait une non-application de ces mesures. Il y aura aussi une coordination avec Libnor. En deuxième plan, nous préparerons, dans les deux années à venir, un système d’évaluation fondé sur ces standards. Enfin, nous aspirons à transformer ces deux premières étapes en projets de lois, discutés avec les autorités concernées. C’est là qu’il sera possible d’instaurer un système de classification des bâtiments. »
Puisque les membres du LGBC sont eux-mêmes des ingénieurs et des architectes, appliquent-ils déjà ces concepts dans les projets dont ils ont la charge ? « Nous dépendons malheureusement de la volonté du promoteur, qui est souvent le plus difficile à convaincre, explique-t-il. Mais il est crucial qu’il entre dans le jeu. Si tout le monde est convaincu de l’importance du « vert », l’objectif sera atteint, mais il ne faut pas que ce soit aux dépens de l’acheteur, soit par une grande différence de prix soit par des campagnes de publicité qui serviront d’appât, sans vérification systématique. D’où l’importance des règles et des lois. »
Croit-il en l’avenir du « vert » ? « Je crois que le public est de plus en plus sensibilisé, en raison de plusieurs facteurs, estime M. Traboulsi. La hausse du prix du pétrole, les voyages de plus en plus fréquents des Libanais qui s’ouvrent à ce qui se passe à l’étranger sont de bonnes bases pour nos campagnes. »
Comment comptent-ils financer l’association ? « Dans un premier temps, nous prélevons des frais de nos membres, explique-t-il. Nous ouvrons aussi la voie à des « gold members », qui pourraient être des individus ou des sociétés, capables de financer l’association de manière plus substantielle. Mais cela ne signifie pas que nous accepterons de compromettre notre indépendance, d’où le fait que nos choix seront prudents, et que toute contribution sera limitée à 5 000 dollars maximum. Nous voulons aussi mettre au point un projet de « toits verts », aux multiples bénéfices en milieu urbain. »
Il ajoute que le LGBC est ouvert à des personnes d’horizons différents, à condition qu’elles soient intéressées par le domaine. Pour plus de détails, il est possible de consulter le site Internet
http://www.lebanon-gbc.org.

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