Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Israël poursuit sa conquête de Jérusalem

Posted by jeunempl sur décembre 6, 2009

El Nashra

Depuis la guerre des Six-Jours et l’annexion de la ville, un lent travail d’encerclement est à l’œuvre.

Pour la loi internationale, Jérusalem reste une ville divisée. La ligne verte, l’ancienne ligne de cessez-le-feu de 1948, sépare encore l’Ouest, à majorité juive, de l’Est, à majorité palestinienne. Les projets de création d’un État palestinien considèrent Jérusalem-Est comme sa future capitale. La plupart des solutions de partage de la ville se basent sur les « paramètres de Clinton », énoncés en 2000 par le président américain d’alors : « Les quartiers juifs pour Israël, les quartiers arabes aux Palestiniens. »

L’inconvénient, c’est que la réalité a beaucoup changé depuis la conquête de Jérusalem-Est par les Israéliens en 1967. La ville a été « réunifiée » par l’État hébreu, mais cette « capitale » autoproclamée n’est reconnue par pratiquement aucun État étranger. Une active politique de colonisation urbaine modifie peu à peu, sur le terrain, à la fois les limites de la municipalité et la démographie de la ville. Jour après jour, la question de Jérusalem devient plus inextricable, et une division de ce « territoire disputé » de moins en moins faisable.

Une majorité d’Israéliens, même ceux qui se déclarent favorables à la création d’un État palestinien, ne veulent pas voir la ville être à nouveau partagée. Pour eux, la question de Jérusalem est réglée par la loi fondamentale votée à la Knesset en juillet 1980, qui fait de la ville « complète et unifiée » la capitale d’Israël.

Trois axes d’expansion

Sur le terrain, la politique suivie par tous les gouvernements israéliens et toutes les municipalités successives a déjà réussi à considérablement bouleverser la physionomie de Jérusalem. Même si l’Est et l’Ouest ressemblent toujours à deux villes distinctes – l’une juive et moderne, essaimant ses quartiers résidentiels aux murs de pierre blanche dans les collines, l’autre arabe et négligée, avec son urbanisme anarchique, ses rues sales et ses terrains vagues , l’ancienne ligne verte n’est plus qu’une séparation virtuelle. De l’autre côté de son ancien tracé, aujourd’hui parcouru par une route à quatre voies, éventrée par les travaux d’une ligne de tramway, les Israéliens ont œuvré selon trois axes, visant à modifier durablement la physionomie de l’agglomération et son ancrage au milieu des Territoires palestiniens.

Le premier aspect de cette politique se déroule à l’extérieur de Jérusalem. Les frontières municipales ont été considérablement étendues vers l’est, créant, à partir de 1993, un « Grand Jérusalem ». Dans ce périmètre élargi, des quartiers israéliens ont poussé comme des champignons au cours des vingt dernières années et continuent de s’étendre. Ils entourent les quartiers palestiniens de l’Est d’une ceinture qui coupe aujourd’hui presque totalement la ville arabe du reste de la Cisjordanie.

Le second axe est la barrière de sécurité. Ce projet pharaonique, lancé par Ariel Sharon en 2005 pour mettre fin aux attentats palestiniens en Israël, est venu parachever ce travail de séparation en créant une enveloppe encore plus grande autour de la ville. Alors que la barrière érigée dans le reste de la Cisjordanie vise à séparer les colons israéliens des Palestiniens, elle ne le fait presque jamais autour de Jérusalem. La plupart du temps, tantôt sous forme de mur, tantôt sous forme de clôture électrifiée, elle sépare les Palestiniens des Palestiniens, dont les allers et venues sont soumis à un régime de check points.

À l’intérieur de cette nouvelle enceinte, le troisième volet de la politique d’expansion consiste à implanter des quartiers juifs dans les zones arabes. Ces greffes se font selon des procédés divers, mais toutes participent du même plan : créer un patchwork rendant peu à peu impossible une séparation nette des deux communautés. Encore quelques années, et l’État palestinien, auquel l’ensemble de la communauté internationale, États-Unis en tête, a apporté son soutien, ne pourra plus faire de Jérusalem sa capitale. La conquête israélienne de 1967, suivie de l’annexion de 1980, aura fini par être achevée sur le terrain.

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