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Une redistribution des cartes pour un nouveau paysage politique

Posted by jeunempl sur novembre 11, 2009

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

Liban - Gouvernement 2009En dépit des couacs, le Liban a un nouveau gouvernement d’union nationale. Si la naissance a été rude et complexe, ce nouveau gouvernement n’en ouvre pas moins la voie à une nouvelle ère et à de nouvelles perspectives politiques internes et régionales. La campagne épuisante et souvent insupportable ouverte depuis le lancement de la bataille électorale des législatives est enfin terminée et le gouvernement présidé par Saad Hariri consacre une nouvelle équation : les victoires électorales ne permettent pas à un camp déterminé de gouverner seul. Mais le triomphe du compromis ne suffit pas à dissimuler les leçons que l’on peut tirer de cette longue genèse.

D’abord, l’impression qui se dégage de la période qui a précédé la naissance du gouvernement est que l’image du Premier ministre a été quelque peu égratignée. Il a pris trop de temps, il a même souvent attendu des conseils venus de l’extérieur et il a finalement cédé sur des points dont il refusait à certains moments d’entendre parler. Des sources proches du Courant du futur précisent même que c’est le fils du roi Abdallah d’Arabie, l’émir Abdel Aziz, qui a conseillé à Saad Hariri de donner les portefeuilles des Télécommunications et de l’Énergie au général Aoun, suite à un entretien entre le roi Abdallah et le président syrien il y a une dizaine de jours. Mais dans le même temps, Saad Hariri a montré au cours des cinq derniers mois une grande patience et autant de souplesse, qui lui ont même valu les compliments de Walid Joumblatt, et il a montré une ouverture au dialogue qui lui donne la possibilité de reprendre le rôle de son père au cours des prochains mois, dans la recherche des compromis et l’aptitude à arrondir les angles. De plus, le choix de ses ministres montre qu’il a écarté les faucons au profit de figures plus consensuelles.

Le processus de formation a aussi égratigné la fonction de Premier ministre puisque le signal de la formation du gouvernement a été pratiquement donné à Rabieh par le général Aoun qui a annoncé lui-même les ministres de son bloc et les portefeuilles qui leur ont été attribués. Aoun a d’ailleurs agi en connaissance de cause, donnant ainsi un message clair sur le fait qu’il s’est imposé comme un partenaire incontournable et indispensable dans l’exercice du pouvoir. De plus, en imposant le principe de la liberté de choix de chaque camp pour désigner ses ministres, Aoun a aussi empiété indirectement sur ce qui est traditionnellement considéré comme le rôle du Premier ministre. Là aussi, Aoun a réussi à fixer des lignes rouges et il a obtenu gain de cause, en dépit de la vaste campagne menée contre lui et qui avait commencé bien avant les élections législatives. Présenté pendant des mois comme la principale entrave à la formation du gouvernement, il en est devenu lundi la clé, tout en établissant une relation de confiance avec le Premier ministre. Les deux hommes annoncent d’ailleurs que la page du passé est tournée et ils se préparent à entamer une phase de coopération.

Le chef du courant des Marada, Sleimane Frangié, a réussi aussi à s’imposer comme un interlocuteur valable et comme un pont entre Aoun et Hariri. Depuis qu’il a décidé d’entreprendre une médiation, il a jeté les bases d’une relation de confiance avec le Premier ministre, même au prix de son entente harmonieuse avec Michel Aoun. En effet, lorsqu’il a proposé de renoncer à un portefeuille au sein du gouvernement, Aoun a estimé que c’était une maladresse et qu’il aurait dû le consulter auparavant. Mais Frangié voulait surtout aider le Premier ministre et, en faisant cette concession, il songeait à l’avenir de la relation avec Hariri. Aujourd’hui, ce dernier considère qu’il lui doit une fière chandelle, et déjà, dans les milieux proches de Frangié, on estime que cette relation est un prélude à celle qui devrait s’établir entre Hariri et Assad. Les mêmes milieux pensent que M. Hariri devrait se rendre en Syrie à la tête d’une importante délégation de son gouvernement avant le 15 décembre, après l’adoption de la déclaration ministérielle et le vote de confiance au Parlement.

Le Hezbollah considère aussi que la formation du gouvernement est une victoire pour lui. Il avait insisté pour se faire représenter par deux ministres, qui sont des personnalités importantes au sein du parti, pour la première fois dans l’histoire du Liban. Cette décision avait été prise au plus haut niveau, car le Hezbollah considère qu’il est actuellement pris pour cible régionalement et internationalement, et il voulait donc relever son niveau de participation au gouvernement. En même temps, il a joué un rôle positif dans la formation de l’équipe ministérielle, améliorant ainsi ses relations avec Saad Hariri. Au sein du parti, on estime pouvoir rétablir avec le Premier ministre les relations qui existaient avec son père, avant l’assassinat de celui-ci.

Les campagnes des cinq derniers mois ont aussi montré que l’opposition a réussi à surmonter les épreuves et à rester unie, malgré toutes les tentatives de la diviser. Cette cohésion s’est couronnée avec la réunion de ses piliers dans la banlieue sud, samedi dernier, qui a constitué le catalyseur de la formation du gouvernement. Dans l’autre camp, par contre, l’unité est loin de régner, et avec la visite de Hariri à Damas, le 14 Mars est en train de perdre son projet initial. La nouvelle période qui commence devrait soit lui permettre de se doter d’un nouveau programme, soit favoriser une redistribution des cartes politiques internes, avec la confirmation de la nouvelle tendance de Joumblatt qui agit de concert avec Berry. En somme, la division verticale qui déchire le pays depuis cinq ans et qui porte en filigrane la fameuse discorde entre chiites et sunnites pourrait s’atténuer et donner lieu à un nouveau paysage politique.
À moins que la perspective des élections municipales ne ramène le pays en arrière, pour de simples objectifs électoraux. Avec tout le Parlement représenté au gouvernement (ce qui est un exemple sans doute unique au monde), les batailles risquent d’être corsées…

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