Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

  • N'oubliez pas de visiter nos galeries d'images.

  • MPL Belgique

  • Rubriques

  • Actualités

  • Archives

  • Méta

Quand la France littéraire débarque au Liban

Posted by jeunempl sur novembre 5, 2009

Le Monde

france-libanLa seizième édition du Salon du livre francophone de Beyrouth a fermé ses portes, dimanche 1er novembre, dans la bonne humeur. Avec plus de 100 000 visiteurs, contre 80 000 pour l’édition 2008, la manifestation est un « succès », selon les mots du directeur de la mission culturelle française au Liban, Denis Gaillard. La situation politique libanaise, très délicate, ne laissait pas prévoir un tel engouement. Les libraires, discrets sur les chiffres, reconnaissent une « progression des ventes ». Quoique flanqué d’une armada de gorilles qui a perturbé un instant le va-et-vient des visiteurs, le président libanais, Michel Sleiman, a même fait – première historique – une apparition, « décontracté et sans cravate », précise M. Gaillard.

Loin des VIP, un père de famille a trouvé l' »album des Schtroumpfs » qu’il cherchait dans l’espoir de raviver l’intérêt de ses fils pour le français, mis à mal depuis leur découverte d’Internet. Dans la région, le Liban demeure le bastion de la francophonie, mais le français y perd du terrain. Contingences économiques obligent, les Libanais privilégient la langue de Shakespeare. Impossible cependant de ne pas louer leur virtuosité dans le maniement du plurilinguisme. A Beyrouth, les jeunes se saluent d’un « Hi, kifak, ça va ? », un « bonjour » décliné en trois langues (anglais, arabe, français), formule devenue incontournable du dialecte local.

Le Salon du livre francophone s’adresse avant tout à une élite fidélisée. Il a bénéficié, cette année, de la désignation de Beyrouth comme capitale mondiale du livre. A cette occasion, on a vu arriver La Meuse, un pétrolier ravitailleur de la marine française, avec une cargaison d’écrivains méditerranéens, venus participer au Salon dans le cadre de l’opération « Ulysse 2009 ». Ce périple a été organisé par l’ambassadeur de France à Malte, Daniel Rondeau, lui-même écrivain. Sur les traces d’Ulysse, qui fut rejeté de Charybde en Scylla par des dieux impitoyables, La Meuse, parti de La Valette, a été accueilli avec les honneurs à Beyrouth, après des escales tunisienne, libyenne et chypriote.

M. Rondeau a un peu tiqué quand le ravitailleur du Charles-de-Gaulle a dû battre pavillon libyen pour pénétrer dans la baie de Tripoli. Pour satisfaire Mouammar Kadhafi, le vert monochrome a été hissé aux côtés des couleurs françaises, ce qui a tout de même permis à des écrivains d’aller débattre d’Albert Camus avec des étudiants tripolitains. La Meuse a patienté ensuite au large de Beyrouth : les bâtiments des Nations unies patrouillant dans le secteur ayant entrepris de « sécuriser » son passage, le bateau était arrivé plus tôt que prévu.

Un navire de guerre

Après cette odyssée, ballotté par les flots, le poète libanais Salah Stétié a poétisé : « J’avais faim, on m’a nourri. J’avais soif, on m’a désaltéré, j’avais sommeil, on m’a réveillé à l’aube ! » Jean-Marie Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, qui a participé à la dernière étape, a été vu par un témoin « à la proue du bateau, en état de contemplation catatonique, les yeux rivés au-delà de l’horizon », puis dans les ruines phéniciennes de Byblos, au nord de Beyrouth, les mains appliquées sur les pierres, « aussi concentré que pour un rituel chamanique »…

Un navire de guerre est une image familière au Liban. Son chargement l’était beaucoup moins. « Tout un symbole, dit l’écrivain libanais Alexandre Najjar. Pendant longtemps, nous avons fui Beyrouth en guerre pour nous réfugier à Chypre. Voilà que nous quittons Chypre, dans un bâtiment de guerre chargé de promesses culturelles, à destination de Beyrouth. » Ulysse 2009 n’a pourtant pas échappé à la polémique. Le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a eu un trait d’ironie malheureux en déclarant, lors de l’inauguration du Salon, que l’opération avait coûté « un pognon fou », laissant l’assemblée un peu médusée.

L' »agacement » du ministre, selon des sources informées, aurait pour origine une mésaventure survenue dans les jours précédents. Lors de l’escale chypriote à Limassol, le concert « D’une seule voix », financé par le Quai d’Orsay et réunissant des musiciens et chanteurs d’Israël et de Palestine, a connu un sérieux couac : les artistes en provenance de Gaza ont affronté de telles tracasseries de la part des autorités israéliennes qu’ils n’ont pu arriver à temps. Il était écrit qu’Ulysse ne pouvait pas totalement échapper aux pièges de la Méditerranée…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :