Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Vive le Liban francophone

Posted by jeunempl sur octobre 23, 2009

L’Express

Antelias - Salon du livreA l’inauguration du 16e salon du livre de Beyrouth, a succédé un débat sur la francophonie. Au menu : discours, -mauvais- petits fours et bons mots.

De notre envoyée spéciale- Beyrouth, jeudi 23 octobre, 17 heures. Une fois n`est pas coutume, l’inauguration d’un salon du livre commence – pratiquement – à l’heure. Au Biel, bâtiment dédié aux foires face à la mer, les 70 exposants -éditeurs, librairies, médias- sont fin prêts. Mais il faudra attendre ce vendredi matin pour que le 16e salon francophone du livre de Beyrouth ouvre ses portes au grand public. Pour l’heure, place aux discours, aux -maigres- cocktails et aux institutionnels.

Sur la petite estrade dressée devant un auditoire somme toute fourni, défilent ainsi le président du Syndicat des importateurs de livres (l’organisateur du salon), le vice-président de la Région Ile-de-France (Jean-Paul Huchon est annoncé pour le week-end prochain), l’ambassadeur du royaume de Belgique, le ministre de la Culture du Liban, qui, comme ses collègues, expédie les affaires courantes en attendant la composition, toujours repoussée depuis juin dernier, du nouveau gouvernement.

Au menu, de grands classiques: Le Liban est un espace de dialogue entre cultures et religions; le livre, un vecteur idéal; et la francophonie, une communauté d’esprit et de tolérance… Seule information vraiment nouvelle : l’annonce par son Excellence belge d’une exposition sur les 50 ans des Schtroumpfs créés par le dessinateur bruxellois Peyo. Dans l’assistance, écrivains, éditeurs, soeurs (venues en nombre) applaudissent poliment. Tout comme la ministre de l’Education, Mme Hariri, toute vêtue de noir (blanc pour le foulard) depuis l’assassinat de son frère, en 2005.

Une heure à tuer avant le premier débat sur « Beyrouth, à la croisée de la francophonie ». Nedim Gürsel discute, cigare aux lèvres, avec J.M.G. Le Clézio dans un coin du salon transforme en petit café. L’auteur turc des Filles d’Allah , se demande, quelque peu inquiet, comment son roman sera reçu ici, après son procès en Turquie. Tandis que toutes les deux minutes, les marins de la Meuse, le navire de la Marine nationale qui a transporté les écrivains d’Ulysse 2009, se succèdent auprès de Le Clézio pour solliciter une dédicace et une photo. Le prix Nobel de littérature se prête de bonne grâce aux requêtes des hommes au pompon rouge. Malgré les insupportables encombrements des rues beyrouthines qui ont failli briser sa belle patience, Le Clézio est en effet de bonne humeur.

C’est lui qui prend d’ailleurs la parole en premier lors du débat qui réunit tout un aéropage de francophones : la québécoise Lise Bissonnette, la Suissesse Pascale Kramer, les libanaises Georgia Makhlouf et Venus Khoury-Ghata et le français Olivier Poivre d’Arvor, président de Cultures France. Se lançant dans un vibrant plaidoyer pour la langue française, débarrassée, dit-il, de « tout carcan colonial », le Franco-Mauricien rappelle avec humour qu’il a écrit ses premiers romans en anglais : « C’était des romans policiers, je les ai envoyés à des éditeurs mais n’ai reçu aucune réponse. Ou mon anglais était médiocre, ou l’intrigue mal ficelée, ou les deux. Alors, poursuit-il, je me suis orienté vers le français, langue qui était liée a mon éducation littéraire, nourrie par Rabelais, Voltaire, Rousseau, Hugo. Langue « empirée », le français réfère à une sorte de monde idéal, peuple d’astres, identifiable à aucune nation. »

C’est pour ces mêmes raisons que la journaliste romancière Georgia Makhlouf dit pouvoir affirmer aujourd’hui sans complexe que sa langue maternelle est le francais. « Hier, explique-t-elle, j’avais l’impression de trahir mon pays, dorénavant cela ne me pose plus de problème. J’ecris en francais, et je parle en arabe, en francais, en anglais et en libanais, bien sur, ce subtil mélange d’arabe, de francais et d’anglais. Choukran (merci) et à boukra (à demain), my chers brothers. »

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