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C’est Faure, M. Joumblatt !

Posted by jeunempl sur août 14, 2009

Wassim Henoud

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »
Edgar Faure – homme politique français

Walid JoumblattLe 24 août 1516, Fakhreddine Ier avait attendu l’issue de la bataille de Marj Dabek entre les Mamelouks et les Ottomans pour choisir son camp et préserver son règne. Est-ce donc cette inspiration qui fit attendre Walid bey jusqu’aux résultats des élections législatives pour se retourner contre son propre camp ?

S’agit-il d’un nouveau Taëf qui se profile à l’horizon ? De la découverte de la puissance de feu des finances qui a marqué le sort de la nouvelle Assemblée ; une puissance qu’aucun féodal ou homme d’affaires d’envergure locale ne sera dorénavant capable d’égaler ? Ou juste d’un simple repositionnement marketing à l’aube de l’ère Obama ? À moins que ça ne soit une liquidation des passifs de la maison Joumblatt pour que la jeune génération puisse avoir toutes les chances de son côté en reprenant les rênes du parti familial, et en succédant à papa à la veille du voyage annoncé de ce dernier à Damas ; que Dieu prête longue vie aux deux ! Bien malin est celui qui peut lire dans les feuilles de maté de la tasse du seigneur de la Montagne.

Il n’y avait que les nigauds qui avaient cru à la fraternisation de façade entre le PSP et ceux qu’il avait taxés jadis de criminels isolationnistes. La rancune est profonde et tenace, preuve en sont les villages chrétiens aux maisons rasées et aux terres confisquées par des voisins bienveillants. La fin des hostilités militaires en 1990, après la série de trahisons qui ouvrit large la voie aux troupes de Damas pour saisir les symboles de la république, était censée signifier la défaite et l’asservissement de la communauté chrétienne. Vingt ans après, elle demeure, dans toute la diversité politique qui la caractérise, aussi incontournable que jamais pour assurer la stabilité du pays et en garantir la survie. On peut bien comprendre que ça puisse causer des urticaires à Walid bey, qui voulait avoir l’exclusive des marques Nasrallah puis Hariri, et qui découvre à ses dépens que le sayyed autant que cheikh Saad n’ont pas besoin de lui après tout pour mener à bien leurs entreprises. Rien de plus contrariant à cet égard que les liens tissés entre la progéniture du leadership chrétien traditionnel et le leader du Courant du Futur ; des liens qui sont plus agréables à ce dernier et moins contraignants que ceux entretenus avec son allié d’hier. Plus cauchemardesque encore reste la relation entre égaux, n’en déplaise aux mauvaises langues, entre le Courant du général Aoun et le Hezbollah.

À part un mea culpa, et il y en eut tellement de tout un chacun depuis 2005, qu’on n’y prête plus attention. À part ce mea culpa donc, que nous livre Walid bey dans son discours à la Prévert, mais sans poésie aucune : une nostalgie du bloc soviétique et du nassérisme, deux dinosaures losers et criminels dont on aspire tellement à les oublier qu’on a peine à croire qu’ils aient jamais existé. Une apologie de l’alliance avec l’OLP qui a mis le Liban à feu et à sang, avant d’expirer sans gloire sur les rives ouest du Jourdain dans les querelles d’héritage, la corruption nauséabonde et les guerres fratricides. Il n’a même pas oublié du reste, probablement pour se rappeler au bon souvenir de Damas, d’évoquer le fiasco sanglant de Souk el-Gharb où les Syriens, pour couvrir d’une feuille de figue libanaise leur offensive contre notre armée, sacrifièrent inutilement les miliciens PSP par dizaines en août 1989 sur les fronts solidement tenus naguère par les héros de la VIIIe brigade.

Et puis encore :
Pour qui connaît l’inimitié profonde entre la maison Joumblatt et le Parti syrien national social (PPS pour les intimes) qui, à l’époque, avait attiré en son sein la fine fleur de la communauté druze, la protestation timide contre le procès éclair suivi par l’exécution sommaire d’Antoun Saadé semble incongrue tant elle ressemblait jadis plus à un ouf ! de soulagement pour s’être débarrassé à bon compte d’un rival sérieux, qu’à une action efficace destinée à sauver la vie du malheureux leader. Et si, au passage, on rappelait au bercail les brebis égarées, ça ne serait pas plus mal. D’ailleurs, le PSNS, qui était beaucoup plus lucide et indépendant hier qu’il ne l’est devenu ces jours-ci, ne s’est pas trompé de bord lors de la tentative de mainmise nassérienne sur le Liban. On ne saura d’ailleurs jamais si 1958, qui avait marqué le début du déclin national du PSP et sa fossilisation dans une coquille confessionnelle, était une véritable opportunité pour servir le rêve romantique de Nasser, ou une occasion pour assouvir un désir pressant de se venger de Chamoun, en brisant le mythe de ce brillant président venu du Chouf, qui avait su ancrer le Liban au cœur de la stratégie internationale de l’époque.

Enfin, pouvait-on oublier de mentionner la référence faite, une fois n’est pas coutume, aux « valeurs » socialistes et à la protection de l’ouvrier, du paysan, et de la gent estudiantine ? De la bouche d’un chef féodal, une telle affirmation, le foulard scout au cou et la main sur le cœur, fait sourire. À moins que ce ne soit une manière subtile de dire aux Saoudiens que l’Égypte et l’Algérie peuvent lui fournir une alternative à la voie dont cheikh Saad défend désormais jalousement l’exclusive ; ou qu’il ne s’agisse d’une perche timidement tendue au Hezbollah qui contrôle d’une main de fer, avec le cousin Amal, autant les campus de l’Université libanaise que le bien-être des producteurs de tabac du Sud. Ou qui sait ? De tirer le tapis de sous les pieds du seul vrai courant social-démocrate libanais réellement multiconfessionnel malgré sa dominante chrétienne, celui du Bloc du changement et de la réforme ? Mais peut-on vraiment être sûr que M. Joumblatt, qui a allègrement mis la main sur le symbole du 14 Mars avant de le dénigrer, ait finalement appris que bien mal acquis ne profite guère ? Pour les mémoires courtes, rappelons que le 14 mars, date de célébration annuelle depuis 1989 par le courant du général Aoun du début de la campagne de libération, a été l’épine dorsale du grand tsunami populaire qui a renversé les murs de la peur, bouté les Syriens hors de nos frontières et mis à nu la prétendue légitimité de ceux qui ont ruiné et corrompu le pays sous leur aile protectrice.
Un discours fleuve, ou plutôt du vent ? Les deux font tourner les moulins, mais cette fois-ci, il n’y a plus de grain à moudre. Ne reste à Walid bey que la gageure de se trouver un nouvel hôte qui accepterait de se laisser accaparer pour lui permettre de sauver son leadership sur le déclin.

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