Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Festival d’Avignon: l’épique voyage au bout de la nuit de Wajdi Mouawad

Posted by jeunempl sur juillet 9, 2009

AFP

Wajdi Mouawad - SeulsUne nuit de spectacle du crépuscule à l’aube, entre morts et vivants: l’auteur et metteur en scène libano-québécois Wajdi Mouawad fait résonner dans la Cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon une puissante odyssée théâtrale avec sa trilogie « Littoral, Incendies, Forêts ».

L' »artiste associé » du 63e Festival d’Avignon a pour la première fois réuni, dans la nuit de mercredi à jeudi, trois de ses pièces composant une saga familiale riche de personnages en quête de leurs origines et de leurs ancêtres.

La trilogie, à l’affiche jusqu’au 12 juillet, est une performance pour les acteurs et une expérience pour le spectateur, qui ne quitte les lieux qu’à 7h30 du matin, après onze heures et trente minutes de présence.

Le triptyque brasse des thèmes chers à Wajdi Mouawad, né en 1968 au Liban, qu’il a quitté pendant la guerre civile pour rejoindre la France puis le Québec. Son écriture se ressent de cette jeunesse mouvementée, marquée par la mort de sa mère.

La nuit n’est pas encore tombée que débute déjà « Littoral ». Le personnage principal en est Wilfrid, qui peine à organiser les funérailles de son père et part accomplir ce devoir dans la terre natale de son géniteur, ce qui suscitera chez ce trentenaire un questionnement sur sa propre existence.

Un premier voyage, coloré — la peinture blanche, bleue ou rouge coule abondamment –, entre le Canada et un Proche-Orient en guerre. C’est là que le père encombrant, qui hante le plateau comme un mort vivant, sera finalement « amerré » (dixit le texte), autrement dit livré à la Méditerranée, qui l’engloutit tel un monstre marin.

« Incendies » est plus tragique mais pas moins réussi, et écrit dans le sang de la violence: les jumeaux Jeanne et Simon vont découvrir le terrible secret de leur défunte mère, violée par leur père, qui n’était autre que son propre fils… Selon l’éclairage, le large rideau à franges de fond de scène, battu par le vent, montre le feu rougeoyant qui détruit ou la pluie qui s’abat et impose aux protagonistes de se protéger sous une bâche, enfin unis.

Dans la plus développée des trois pièces (3h45), « Forêts » — titre illustré par des cordages tendus à partir des hauteurs de la Cour –, Loup découvre qu’elle appartient à une lignée de femmes meurtries, sur sept générations, par des amours impossibles et des coups du sort.

Mais l’adolescente ne manque pas de courage et fait passer la tonalité de la pièce de l’obscurité à la lumière, à l’heure où le soleil de Provence commence à ronger le plus haut mur de la Cour d’honneur.

Fourbu, frigorifié mais surtout émerveillé par cette oeuvre-monde qui tient à la fois de la fable psychologique, du conte fantastique (oriental) et du rite initiatique, le public réserve une longue ovation debout à Wajdi Mouawad et à ses 22 acteurs à la présence incandescente.

Un spectacle servi par une mise en scène précise et fluide, très travaillée, et par un texte aux niveaux de langages multiples, mélangeant le souffle tragique et une certaine crudité à la drôlerie du français canadien (« Tabernacle! » à foison).

Ce triptyque est en fait un « quatuor », « Le Sang des promesses », dont le Festival d’Avignon créera le dernier volet, « Ciels », du 18 au 29 juillet.

Après Avignon, les trois premières parties seront données en version intégrale les 10 et 17 octobre au Grand T à Nantes, en novembre aux Célestins à Lyon (14-15) puis au TNT de Toulouse (28), enfin en décembre au Théâtre de Sartrouville (12) et à la Scène nationale de Chambéry (19-20).

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :