Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

« Berytus, une ville sous terre » de Rabee Jaber

Posted by jeunempl sur avril 27, 2009

Courrier International – blog

De Rabee Jaber. Traduit de l’arabe ( Liban ) par Simon Corthay et Charlotte Woillez.

beyrouth-carteDans les entrailles d’une Beyrouth semi pacifiée, une cité souterraine vit à l’abri du monde réel, de la violence. Deux Beyrouth, celle d’en haut et celle d’en bas, se côtoient et s’ignorent.

Fable, métaphore, science fiction morale, parabole: évacuons d’entrée de critique les qualificatifs qui font peur. J’avoue méconnaître la littérature libanaise. Une raison de plus, outre la magnifique couverture – un extrait d’une photo de la grande mosquée par Jean-Michel Coureau – pour lire ce premier roman traduit en français de celui qui dirige le supplément culturel du journal Al-Hayat. A 37 ans, il a déjà quinze romans à son actif. Avec la traduction de celui-ci, gageons que ce ne sera pas le dernier a être traduit dans notre langue.

Un univers ou l’odorat, le sens le plus aiguisé, est aux aguets.

L’auteur, Rabee Jaber, dine tranquillement dans un lieu nocture d’une ville en reconstruction ( le roman date de 2005 ). Au restaurant du Virgin, situé au sommet de l’immeuble de cette marque culturelle mondialisée, notré écrivain déguste du vin blanc avec une poignée d’amis. Un ancien vigile du batiment qui abrite les publications Al-Hayar vient saluer la tablée. L’homme, Boutros, a disparu depuis plusieurs mois. Il a besoin de raconter sa disparition à l’auteur. Après ce court chapitre introductif qui campe un Beyrouth assiégé par les touristes du Golfe, à la recherche de douceur dans le contexte post 9/11. Boutros fut rétrogradé gardien du cinéma City Palace, surnommé « la ruine » tant les obus ont fait de cette grande salle une gueule cassée peuplée de rats. Boutros va découvrir par mégarde une cité souterraine, une vraie ville qu’habite des réfugiés. Des troglodytes d’aujourd’hui qui vivent à la lumière de la bougie, mangent du poisson péché dans les entrailles de la terre, qui vont garder Boutros, blessé après être littéralement tombé dans cet univers parallèle.

Face, le Beyrouth visible; pile, une société secrète à l’abri des violences

Normalement Boutros n’aurait pas du revenir « en haut ». Son récit fait à Rabee Jaber est composé de fragments sensoriels. L’odeur du poisson qu’il ingurgite quotidiennement, les récits de l’historien et de l’astronome qui lui expliquent la raison de cette ville cachée: en moins de 300 pages, dans une langue d’une rare beauté – le livre mérite lecture à voix haute -, un auteur nous apparaît sans tapages ni effets. Ce récit envoûtant, entre rêve éveillé et mystère, je ne l’ai pas lâché tant l’énigme mérite résolution.

Une complète réussite littéraire et ce malgré un sujet casse-gueule entre fable et influence littéraire variée.

Admirable.

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