Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

1990 – Devoir de mémoire: La population libanaise témoigne (Conclusion)

Posted by jeunempl sur avril 16, 2009

(Livre Blanc du conflit Armée Libanaise – Forces Libanaises)

Ce texte entre dans le cadre plus large de la publication du Livre Blanc, regroupant les témoignages de la population lors de la guerre civile libanaise en 1990. Vous pouvez suivre l’intégralité de ce document sur cette page:
1990 – Devoir de mémoire: La population libanaise témoigne

– Parce que les politiques ont voulu effacer de notre mémoire, à travers une loi d’amnistie, toutes les exactions qu’ils ont commises durant la guerre civile,
– Parce que les médias n’assurent pas leur rôle de conscientisation de la population,

1-livre-blanc_soutien-aounLe Livre Blanc reste encore aujourd’hui une référence pour rappeler à la population, de tous ages, les malheurs que peuvent engendrer tout conflit opposant un Libanais à son propre frère libanais. En attendant que l’état assure un jour pleinement ce rôle de mémoire au niveau de ses institutions, nous vous publions en plusieurs parties le Livre Blanc, rédigé à la fin de la guerre civile par de jeunes étudiants français, extérieurs au conflit, venus au Liban dans le seul but de comprendre. Pour cela, ils partent à la rencontre de la population témoin des exactions de la milice des Forces Libanaises dans le conflit l’opposant à l’Armée Libanaise.
Conclusion

Pour conclure, nous voudrions préciser quatre points :

1) La difficulté de cette enquête résidait dans la multitude d’informations et de rumeurs. Comment démêler le vrai du faux ? Nous avons essayé d’être rigoureux dans la vérification. Nous procédions par recoupements ne nous contentant pas d’un seul témoignage. La confirmation devait provenir de milieux divers : gens de la rue, médecins, religieux, organismes humanitaires… Les témoins devaient avoir vu ou subi personnellement les exactions. La réalité est peut-être encore plus horrible que nous ne l’avons décrite.
Mais nous avons dû écarter de nombreux témoignages par manque de preuve. Et peut-être de ce fait, ceux qui vivent au Liban nous trouveront-ils trop indulgents pour les Forces Libanaises.

2) On ne peut croire que les chefs des Forces Libanaises cautionnent les pillages, les viols, les meurtres, même s’ils n’ignorent rien de leurs réalités. Ces crimes sont certainement le fait d’individus. Mais pourquoi avoir laissé faire ? En revanche, l’arme psychologique et le chantage utilisé contre la population ou l’Armée relèvent d’une stratégie bien pensée et arrêtée au plus haut niveau. Ainsi en est-il des exactions destinées à décourager les jeunes et à rendre impopulaire Aoun – voir par exemple le dossier privations -, de la politique de la terre brûlée et de la prise en otage d’un peuple.

3) Les Forces Libanaises sont-elles cette bande de voyous et d’assassins comme on l’entend dire si fréquemment au Liban ? Nous pensons effectivement qu’il existe en leur sein des individus dangereux que toute société civilisée a à cœur d’enfermer pour ne pas nuire à ses membres. Mais nous avons aussi rencontré des purs, ceux qui se sont engagés pour une cause : la défense de la chrétienté. Ceux-là réagissent de deux façons : sans pouvoir préciser les proportions, nous avons cru comprendre qu’une partie souhaite s’exiler, et que l’autre partie minimise les abus, déplace le problème au plan politique : « tout ça c’est la faute d’Aoun, Aoun a tort, Geagea a raison », ou bien se déculpabilise par le principe que la fin justifie les moyens. « Il ne faut pas voir les données immédiates, me confie l’un deux, mais penser à l’avenir ». Ainsi soulagent-ils leur conscience en se voilant la face. Il n’empêche qu’aucun n’a cherché à nier les agissements des miliciens. « On a fait un erreur », me confesse un haut responsable. Mais c’est plus qu’une erreur, un crime qui les a enfermés un peu plus dans un ghetto moral et psychologique. Ils sont ressentis comme un corps étranger par la population.

4) Les Syriens jouent leur jeu habituel : toute instabilité leur profite et légitimise leur présence. « Si nous partons, les Libanais s’égorgeront ». Leur discours est simpliste mais efficace, car il permet de faire oublier qu’ils sont le principal obstacle à la paix. En attendant, ils soutiennent les uns et les autres, leur fournissant matériel et essence et facilitant leur passage sur le territoire qu’ils contrôlent et ajoutent à la confusion en participant aux bombardements.
A Achrafieh, des particuliers et des responsables d’institutions visées nous ont affirmé avoir reçu des obus tirés par les Syriens. Un journaliste nous a déclaré qu’à la suite du bombardement de l’Hôtel-Dieu, un expert militaire auprès d’une ambassade européenne avait certifié que les bombes provenaient des zones contrôlées par les Syriens : même calibre, trajectoire, point d’impact, etc. Une religieuse nous a dit que bon nombre d’habitants de Dhour-el-Choueir (au-dessus de Bickfaya dans le secteur occupé par les Syriens) lui avaient confié qu’ils avaient dû quitter leur maison à cause du bruit causé par les obus tirés de cette même région. L’intérêt des Syriens étant que ces combats se prolongent et que chacune des deux parties s’affaiblisse un peu plus.

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