Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Le Tachnag se dit « avec Aoun jusqu’au bout »

Posted by jeunempl sur mars 31, 2009

El Nashra

tachnag-flagLes adversaires électoraux l’ont bel et bien compris depuis le scrutin de l’an 2000: les Arméniens constituent le poids lourd qui fait toute la différence dans la bataille électorale. Cette communauté regroupe quelques 140.000 personnes, dont 95% environ détiennent la nationalité libanaise. 110.000 d’entre elles participent activement au scrutin: 85% des Arméniens étant des inconditionnels du parti Tachnag, alors que les 15% restants se partagent entre pro-Ramgavar et pro-Hanchak.

Dans le passé, les Arméniens essayaient de jouer un rôle centriste positif, consistant à soutenir unis le président de la République. Ce dogme a toutefois été transgressé avec l’arrivée au pouvoir du président Emile Lahoud, caractérisée surtout par un conflit perpétuel entre le locataire de Baabda et le Premier ministre, Rafic Hariri. Face à cette situation, la majorité arménienne s’est repliée derrière le président de la République, conformément à la « règle », ce qui lui a valu un échec tonitruant aux législatives de 2000, avec la perte de 4 sièges parlementaires à Beyrouth, ce qui s’est à nouveau répété au scrutin de 2005 que le Tachnag a boycotté.

L’évènement historique qui a ramené l’électorat arménien au devant de la scène, reste incontestablement le scrutin spécial de 2007, lorsque l’alliance du Courant Patriotique Libre avec le Tachnag a réussi à s’attirer 10.000 voix de plus pour le candidat du CPL, Camille Khoury, qui a remporté ces élections face au chef du parti Kataëb Amine Gemayel qui se battait pour le siège parlementaire qu’occupait son fils, le ministre de l’Industrie Pierre Gemayel.

Que fera donc le Tachnag en juin? Le scrutin approche et les manœuvres du parti arménien majoritaire se font de plus en plus aléatoires… Quel est le secret de ces rencontres répétées entre le chef du parti, Hovig Mekhitarian, et le chef de la majorité parlementaire, le député Saad Hariri? Où en est le parti de son alliance « indéfectible » avec Aoun? Et qu’en est-il de l’option du groupe parlementaire arménien indépendant?

Le « Tachnag » s’engage à voter pour Michel Murr si la liste de ce dernier ne comprend pas d’autre candidat arménien

Le chef du parti « Tachnag », Hovig Mekhitarian, a réaffirmé au cours d’une interview accordée à notre site que son parti tient toujours à instaurer un groupe parlementaire arménien de 5 députés.

Il a toutefois noté que les « Arméniens de la majorité » n’ont pas accepté cette proposition malgré les pourparlers qu’a menés le Tachnag avec les autres partis arméniens.

Justifiant ces récentes rencontres répétées avec le chef du courant du Futur, le député Saad Hariri, Mekhitarian a affirmé que ces rencontres ne doivent pas susciter une telle surprise, car elles sont normales, la situation anormale étant celle qui règne depuis 4 ans, à savoir le boycott total entre les deux parties.

Mekhitarian a par ailleurs affirmé que « le parti est en train d’étudier la proposition de Hariri (que personne ne connaît naturellement) est qu’il fera savoir sa réponse bientôt. » Il a en outre assuré que « le parti est stable dans ses prises de position. »

Pour ce qui est de la position du Tachnag vis-à-vis du scrutin « Metniote », Mekhitarian a assuré que le parti votera pour la liste de l’opposition et le candidat Michel Murr ‘seigneur du Metn’ à condition que celui-ci n’inclue pas de candidat arménien sur sa liste. Au sujet des relations entre le parti arménien et le parti Kataëb foncièrement enraciné dans le Metn, Mekhitarian a révélé que de nombreuses rencontres ont lieu entre les deux partis, affirmant que Sami Gemayel, le coordinateur du comité central du parti Kataëb, se rend souvent au siège du Tachnag, où ont lieu des échanges « politiques » et même « électoraux. »

Hovnanian: le général Aoun est « le plus fort » au Metn mais nous sommes conscients de notre poids

L’ancien ministre du Tachnag, Sebouh Hovnanian, estime pour sa part « improbable » une alliance avec la coalition du « 14 mars », arguant que l’alliance du parti avec le général Michel Aoun est une alliance « difficile à rompre. » Il ajoute toutefois que les Arméniens « n’ont jamais suivi quiconque en politique, préférant constituer eux-mêmes une entité spécifique. » Il a de plus estimé que rien ne justifie le scandale suscité par les rencontres entre la direction du Tachnag et le député Saad Hariri, considérant que « puisque toutes les parties se rencontrent, pourquoi ne doit-on pointer du doigt que les rencontres du Tachnag? »

Hovnanian n’a pas manqué de faire allusion au différend Tachnag – Kataëb, affirmant que « les blessures du passé n’ont toujours pas cicatrisé, même si elles paraissent atténuées avec le temps. »

La machine électorale du « Tachnag » comptera pas moins de 5000 personnes le jour des élections

Avedis Guilanian, le responsable de la « machine électorale » du Tachnag a exposé la distribution de l’électorat arménien sur les différentes circonscriptions: ainsi la première circonscription de Beyrouth, la deuxième, le Metn et Zahlé comptent respectivement: 20.000, 35.000, 25.000, et 35.000 électeurs.

D’autres statistiques exposées elles aussi par Guilanian montrent que pendant le scrutin de 2005, que le Tachnag a boycotté, 14.000, 10.000 et 3000 électeurs ont voté dans les circonscriptions de Beyrouth, du Metn et de Zahlé, ce qui prouve que le Tachnag représente bel est bien 85% de l’électorat arménien, selon Guilanian.

Pour ce qui est des préparatifs électoraux, le « Tachnag » est fin prêt, selon Guilanian, qui annonce une machine électorale comptant actuellement 3000 volontaires, et qui atteindra les 5000 le jour du scrutin.

Les « Arméniens de la majorité »: non au bloc arménien neutre « la plus grande menace vis-à-vis de la République libanaise »

Le député Serge Torsarkissian, membre du bloc du Futur, estime que les « Arméniens ralliés au 14 mars » ont bien fait de refuser l’idée proposée par le Tachnag: à savoir, la création d’un groupe parlementaire arménien « neutre » regroupant tous les députés d’origine arménienne. Torsarkissian a expliqué qu’un tel bloc aurait joué le rôle décisif dans un climat de division tellement enraciné entre les équipes du 8 et du 14 mars, rôle que Torsarkissian estime scandaleux puisqu’il lynche le rôle du président de la République.

Au sujet du parti Tachnag, Torsarkissian a affirmé dans une interview accordée à notre site que ce parti cherche à « prendre tout sans rien donner en contrepartie » ajoutant que « c’est le défaut principal de ce parti. »

(A suivre…)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :