Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Elie HADDAD: Représentations diplomatiques entre le Liban et la Syrie… Enfin, une réalité

Posted by jeunempl sur mars 28, 2009

RPL France – Dr. Elie Haddad

Dr. Elie Haddad - Président du RPL France

Dr. Elie Haddad - Président du RPL France

Ca y est. Les drapeaux libanais et syriens flottent sur les ambassades respectives et les ambassadeurs sont nommés et accrédités. Ce long processus a pu enfin aboutir, concrétisant, ainsi, une reconnaissance mutuelle qui a tant fait défaut.

A ce propos, nous devons rendre un hommage vibrant à l’action du gouvernement français et du président Sarkozy qui ont tracé le chemin et agi de façon inlassable jusqu’à la mise en place finale.

La représentation diplomatique était un élément essentiel pour mettre le cadre. Reste cependant aux libanais et aux syriens de bâtir leur relation sur une base durable et solide.

La quasi-totalité de la classe politique libanaise a accueilli cet évènement avec enthousiasme. Beaucoup, quand même, n’ont pu s’empêcher de remettre en cause la sincérité de la Syrie dans la reconnaissance de l’indépendance du Liban.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que tous ceux qui apportent des bémols aujourd’hui sont les mêmes qui ont agi comme des petits collaborateurs et des sous-mains de l’armée syrienne durant son occupation du territoire libanais.

Il est clair que la mise en place de la représentation diplomatique ne suffit pas à elle seule pour garantir l’indépendance et le respect mutuel. Tout reste à développer et à renforcer, en particulier après des décennies d’incompréhension et d’affrontement.

Les libanais sont conscients de la nécessité, voire de l’indispensabilité, d’avoir les meilleurs relations avec ce grand voisin qui entoure plus de soixante dix pourcent de nos frontières terrestres, le reste étant occupé par Israël. Après l’évacuation complète de l’armée syrienne du territoire libanais, nous devons savoir gérer nos relations bilatérales dans la fraternité qu’imposent nos liens communs, historiques et populaires, et dans la préservation de nos intérêts.

Beaucoup de dossiers restent à régler entre les deux pays et en premier celui des disparus libanais dans les prisons syriennes. Le CPL était le premier, et trop longtemps le seul, à brandir ce dossier et à le défendre sous tous les cieux quand la volonté nationale et la décision politique étaient confisquées par la Syrie et ses collaborateurs. Mais depuis l’élection d’un nouveau président de la république, appelé de surcroît consensuel, suivie de la mise en place d’un gouvernement dit d’union nationale, ce dossier devait absolument être traité par les voies officielles. La présence d’une représentation diplomatique syrienne à Beyrouth devrait constituer une voie supplémentaire à prendre pour le faire aboutir. Que personne ne se trompe. Le CPL ne pliera jamais ce dossier et ne cessera de l’évoquer avant de connaître le sort de tous les disparus. Seulement, il est temps que son traitement soit confié aux autorités officielles qui doivent assumer leur responsabilité complète et apporter les réponses attendues.

La question des fermes de Chebaa reste aussi un deuxième point d’achoppement. Il est clair que les responsables des deux pays ont déjà confirmé oralement la libanité de ces fermes. Cependant, le règlement définitif reste tributaire d’une solution plus globale de la question régionale, à apporter dans la sérénité et le respect. Cette solution est sûrement à portée de main et tous les acteurs de ce dossier sont appelés à agir en toute responsabilité pour l’apporter.

A ceux qui accusent la Syrie d’entretenir des velléités hégémoniques au Liban et de garder des pôles d’influence et des agents de renseignement, nous leur disons qu’il y va de notre responsabilité, en tant que libanais, de renforcer notre cohésion nationale et notre immunité afin d’affronter toute hégémonie, qu’elle vienne de la Syrie ou d’ailleurs. Aucun pays ne pourra nous infiltrer si notre unité était garantie. Il est temps que l’on apprenne de notre longue histoire, trop souvent douloureuse, que notre division était le terrain fertile sur lequel poussait la domination étrangère.

Quant aux agents, c’est un secret de polichinelle que de dire que tous les pays du monde, ou presque, possèdent leur réseau d’agents au Liban. Sans évoquer les centaines de satellites qui sont braqués en permanence sur notre pays. Il est clairement de la responsabilité de l’état d’assurer sa sécurité et son autorité sur son territoire.

Enfin, pour ceux qui clament leur volonté de changer le régime en Syrie, l’accusant de tous les maux après l’avoir complètement et aveuglément servi, il faut qu’ils comprennent qu’un tel changement éventuel est de la responsabilité du peuple syrien en premier lieu. Le Liban n’a pas les moyens d’influer sur un tel changement. Mais le Liban surtout ne doit, en aucun cas, intervenir dans la vie politique interne de la Syrie, exactement comme nous refusons à la Syrie toute ingérence au Liban. Les relations bilatérales ont trop longtemps souffert de ce type d’ingérence depuis l’indépendance des deux pays et dans les deux sens qu’il est temps, maintenant, de commencer une nouvelle page de respect mutuel.

Cette nouvelle page nécessitera certainement de longues années, pour effacer les passifs et remettre les compteurs en marche afin de bâtir pour l’avenir et éviter aux générations futures de retomber dans les mêmes erreurs. Il faudra certainement aussi du temps avant de chasser tous les démons et soigner les réactions épidermiques engendrées par les dernières années de conflit permanent.

Le CPL pourra certainement apporter une précieuse contribution à cette construction. Ce parti était l’adversaire le plus farouche de la Syrie et celui qui a payé le tribu le plus lourd pendant l’occupation de l’armée syrienne. Mais son leader, le Général Aoun, était suffisamment visionnaire pour envisager les excellentes relations dès le retrait de cette armée. Il savait que la bataille, à ce moment là, était inévitable, mais savait aussi que la paix, après le retrait, serait aussi indispensable.

Cependant, il appartient surtout au nouveau gouvernement qui sera issu de la nouvelle Assemblée Nationale après les élections de juin, de fixer les lignes de la politique nationale avec la Syrie, dans le respect mutuel et la préservation des intérêts, mettant le cap vers un avenir meilleur.

Dr Elie HADDAD

Président

RPL/France

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :