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L’énergie éolienne au Liban, une expérience personnelle

Posted by dodzi sur mars 16, 2009

Libnanews

Rédigé par le Dr. Chamel Macaron, Armen Sassoussian et Toni Bou Abssi
Traduction: Aziz Chbeir

Libnanews, 16 mars – Si on fait un tour de la situation de l’énergie éolienne au Moyen-Orient, on remarquera sans difficulté le retard libanais en la matière. L’énergie éolienne a débuté en Egypte dans les années 90 avec les fermes éoliennes de Zaafarana générant une puissance de 225 MW, projet mené par le ministère de l’Electricité et de l’Energie, ainsi que la « New & Renewable Energy Authority » (NREA). Plus récemment, l’Egypte a fait un appel d’offres pour la mise en place d’un parc éolien de 200 MW au golfe d’El-Zayt.

En Jordanie, la société centrale de production électrique a mis en place 2 projets pilotes de parc éolien : un parc de 320 kW à Ibrahimia, installé en 1988, et un parc de 1,2 MW à Hofa. La Jordanie a ensuite accepté des contrats pour la mise en place d’un parc éolien de 40 MW à Al-Kamchah, près de Jerach. D’autre part, elle est entrain d’effectuer une étude de faisabilité pour l’installation d’un parc éolien de 200 MW à Al-Harir et de 150 MW à Al-Maan. En Syrie, des études sur la vitesse du vent ont été réalisées, mais jusqu’à maintenant, il n’existe pas de grand parc éolien.

Au Liban, il existe plusieurs petits projets éoliens en cours, mais aucun parc éolien. Dans cet article, nous reviendrons sur notre expérience en terme de petits projets éoliens réalisés lors des 18 derniers mois par notre équipe d’Altaka-Albadila.

Le premier projet exécuté par notre équipe le fut à Dibbiyi, au-dessus de Saadiyat. Il consistait en un système hybride éolien/solaire pour des applications résidentielles (voir photo 1). Deux éoliennes furent installées, chacune de 2 kW de puissance. Chaque turbine est équipée de 3 pâles en fibre de verre, d’un diamètre de 3,2 mètres. La hauteur des tours les supportant est de 9 mètres. Nous n’avons pas mené d’études sur le vent mais nous avons consulté le centre météorologique de l’aéroport de Beyrouth. Selon le Dr. Khodari, la vitesse du vent dans cette région était d’environ 3 mètres par seconde. Cette incertitude nous a poussé à opter pour un modèle hybride éolien/solaire, couvrant les deux possibilités : en cas d’absence de vent, la production électrique serait assurée par les panneaux solaires, et vice versa.

Nous avons donc installé en plus des 2 éoliennes, 10 panneaux solaires de 160 Wc (Watt crête) chacun en monocristaux de silicium. Le contrôleur et les onduleurs étaient aussi bien hybrides, et l’électricité fut stockée dans une série de batteries : 20 batteries 150 Ah/12 V chacun, fermées et sans nécessité de maintenance. Le système fonctionne bien, si ce n’est une mésaventure liée à une rouille d’un fil électrique dans le générateur d’une éolienne qui fut cependant facilement réparé. Il est à souligner que les éoliennes fonctionnent 60% du temps.

Le second projet fut réalisé à Ksara, près de Zahlé dans la vallée de la Bekaa. Ici, la nature du terrain ne permettait pas l’utilisation de tour tubulaire, c’est pourquoi nous avons dû fabriquer sur place une tour en treillis de 12 mètres de hauteur pour l’éolienne de 2kW (voir image 2).

Nous avons effectué les demandes de permis légal auprès de l’autorité civique et de la municipalité. Cependant, il s’est avéré qu’aucune loi ou règlement  n’existait à cet égard. Le chef de la municipalité nous a cependant encouragé à mener à bien ce projet, bien qu’il ne puisse nous donner d’autorisation écrite.

De nouveau, nous avions opté pour  un système hybride éolien/solaire. Nous avons ajouté à l’éolien de 2 kW, 5 panneaux solaires en monocristaux de silicium de 160 Wc chacun. Ces derniers étaient connectés à un générateur DC de puissance, alors que l’électricité produite du générateur AC triphasé provenait de l’éolienne. Le tout était envoyé aux mêmes contrôleurs et onduleur hybrides. Nous avons utilisé 10 batteries à cycle profond : 150 Ah/12V, bien isolés, sans nécessité de maintenance, pour stocker l’électricité. Nous recherchons maintenant un onduleur interactif qui couperait l’électricité du réseau lorsque les batteries sont chargées au maximum.

Dans cette configuration, le client cherche ainsi à mettre fin à son abonnement au générateur local de quartier, et devient indépendant. Les détenteurs de générateurs locaux de quartier vendent les 10 Ampères à 100$ par mois et ce, pour couvrir une déficience électrique de 6 à 8 heures par jour.

Le système marche bien et il est à souligner que l’éolienne n’a pas fonctionné la plupart des nuits. La vitesse du vent lors des mois de septembre et d’octobre n’était pas suffisante pour faire tourner les pâles. Le propriétaire a fait remarquer que durant ces 2 mois, l’éolienne ne fonctionnait que 15 à 20% du temps.

Cela prouve que l’installation de systèmes hybrides dans des régions peu venteuses est requise. Lors du mois d’août, le client avait pour habitude de se déconnecter du réseau de l’EDL (Electricité du Liban) 3 jours par semaine pendant 10 heures environ, en plus de couvrir les périodes de déficiences classiques réseau  électrique.

Le troisième projet fut réalisé à Rahbi, au Akkar. Il s’agit de la seule étude où une éolienne d’1 kW fut installée (voir image 3) sans apport de panneaux solaires. Une étude sur la vitesse du vent réalisée pendant 18 mois avait révélé une vitesse moyenne quotidienne de 6 mètres par secondes. Cette étude fut réalisée par Global Wind Energy (M. César Nahas). Dans l’image 3, vous pouvez observer la tour avec l’anémomètre placé à l’arrière.

L’éolienne fut installée dans ce cas pour éclairer l’extérieur d’une usine de produits laitiers (Wedge Dairy). Les pâles tournaient la majeure partie du temps. Nous avons cependant rencontré un problème sérieux un mois après l’installation car le générateur de l’éolien a pris feu. Il fut remplacé très vite et le système a fonctionné de manière efficace ces 3 derniers mois.

Que pouvons-nous conclure de notre expérience limitée dans l’installation de petits éoliens au Liban?

a- La sélection du site est importante et nous devons nous fier aux données sur la vitesse locale du vent. Nous avons à présent un atlas du vent au Liban (du satellite 15-10 N Syria), avec une précision de 2 km à 60 et 120m de hauteur. Cela devrait nous permettre d’effectuer un meilleur choix sur la localisation de sites mais aussi de sélectionner quelques régions pour des mesures réelles avec tours, anémomètres, et enregistreurs de données, bien que cela puisse prendre 12 mois au moins.

b- Le retour sur investissement (ROI) et la période de payback sont encore très longs pour les petites éoliennes. Le ROI est plus court pour de plus grands projets éoliens et ce, à partir de 4 MW de puissance.

c- Nous avons besoin d’un système fonctionnant sans l’aide d’un stockage au moyen de batteries. Mais pour cela, nous avons besoin de légiférer dans ce domaine en promouvant le projet de loi concernant la réinjection d’électricité dans le réseau libanais, moyennant compensation financière (feed-in-tariff). Nous avons effectivement traduit plusieurs législations en la matière qui ont alors été soumis au comité de l’Energie et de l’Electricité au sein du parlement. Cependant, aussi longtemps que le réseau n’est pas fiable, et que les coupures sont fréquentes, le « feed-in-tariff » ne sera pas efficace.

d- Le Liban est toujours en retard dans les énergies renouvelables lorsqu’on le compare à ses voisins. Cependant, de plus en plus de gens sont intéressés par l’installation de parcs éoliens et nous percevons un changement dans l’opinion publique libanaise à cet égard.

e- Lorsque nous discutons avec un client potentiel du coût de l’installation d’une éolienne, nous mentionnons toujours le coût de la destruction de l’environnement, du changement climatique et l’augmentation de la pollution
à cause de l’émission de CO2, mais ce raisonnement n’est pas encore entré dans les mentalités.

f- La plupart des Libanais souhaitent installer une éolienne sur le toit de leur maison. Il est difficile pour eux de concevoir que cela puisse endommager la structure de leur bâtiment et nous déconseillons fortement cette option.

g- Le gouvernement n’offre aucun incitant. Au contraire, nous devons payer 10% de taxes TVA sur les importations d’éoliennes.

h- Un parc éolien peut et doit être mis en place à Rahbi (Akkar), des études de vent ayant été réalisées. Les Egyptiens ont opté pour une opération et une prise en charge du gouvernement. Cette option contrebalancerait l’attente des lois pour la connexion au réseau, la propriété de terrain et ne nécessitera pas un accord d’achat d’énergie et un tarif de rachat. Il est plus facile de financer un projet lorsque le gouvernement est impliqué. De la sorte, l’aide financière arrive plus facilement à travers des emprunts légers, un taux d’intérêt réduit et de longues périodes de grâce. Les données du projet de Zaafarana prouvent la justesse de cette approche.

Si vous voyagez à travers le Liban, vous verrez de petites éoliennes installées par plusieurs individus, ce qui démontre un intérêt et une recherche active de solution par rapport à la fréquence des coupures d’électricité du réseau publique.

Notre espoir est de pouvoir être impliqué dans l’installation d’un parc éolien au Liban dans un avenir proche. Ceci devient un dossier urgent à la lumière de la crise actuelle que nous traversons au niveau de l’approvisionnement électrique.

Rédigé par le Dr. Chamel Macaron, Armen Sassoussian et Toni Bou Abssi
DPC/LEBANON sarl, division :altaka-albadila, Jisser el bacha .Sin El Fil
www.altaka-albadila.com

Une Réponse vers “L’énergie éolienne au Liban, une expérience personnelle”

  1. Je felicite le courant patriotique libre pour avoir encourage les promoteurs de l’energie eoliene au Liban de publier leurs etudes et leurs commentaires a travers leur rubrique.
    Il est grand temps pour les Libanais de suivre l’exemple de leurs freres en Egypte et en Jordanie et de promouvoir une utilisation scientifique de cette source d’energie propre.
    J’espere que de la sorte, le Liban pourra mitiger sa reputation actuelle de « gros pollueur » de la Mediterranee (la montagne de dechets de Saida, les Centrales electriques de Zouk et de Jiyeh et le million et demi de voitures qui circulent dans le pays et empoisonnent l’atmosphere, mais servent a remplir les poches des importateurs,agents et distributeurs de voitures au Liban).
    Quand est ce que nous allons trouver une solution a tous ces problemes?
    Messieurs les nouveaux deputes, veuillez retrousser vos manches et vous mettre au travail.
    Et nous les membres de la Societe Civile au Liban qu’attendons nous pour les harceler de questions et leur demander d’agir?

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