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Discours du Général Michel Aoun à l’occasion du lancement de la campagne électorale du Courant Patriotique Libre

Posted by dodzi sur mars 16, 2009

Tayyar.org

michel-aounChers compatriotes,

Vous serez appelés aux urnes dans quelques mois pour élire une nouvelle assemblée nationale. A mesure que vous réalisez l’importance de votre choix pour la nouvelle assemblée, votre vote sera un acte responsable, conscient de votre avenir, d’autant plus que nous nous trouvons aujourd’hui à un croisement important de notre histoire. La chance de pouvoir entrer dans un monde moderne où nous pourrons bâtir une véritable nation se trouve devant nous, nous la saisirons, ou bien nous choisirons de rester dans les méandres du passé proche et lointain, tous deux empreints d’assassinats, de corruption et de traîtrise. Sans oublier les privations sociales qu’ont souffert toutes les constituantes de la société libanaise, et l’anéantissement de la classe moyenne qui s’est dispersée aux quatre coins de la terre.

Cette lourde responsabilité incombe au pouvoir abusif qui a dirigé le pays comme on dirige une société de participation, et a traité ses citoyens comme de potentiels clients, dont il a tiré profit.

Pour que notre action électorale soit juste, le citoyen devrait prendre en compte les expériences du passé et les aspirations du futur, et choisir ses représentants en conséquence. Pour cela, il est judicieux de rappeler à la mémoire des électeurs certains évènements importants afin qu’ils puissent éviter les erreurs de comparaison et de jugement.

Dans un pays où la politique est fondée sur le marchandage, le commerce d’influence et le non-respect des  lois, il n’est pas étonnant que notre discours réformateur rassemble contre nous tous nos détracteurs, ces profiteurs de la  corruption qui se cachent sous de nouvelles dénominations et nous rappellent à l’esprit l’histoire de l ‘Arabe et du chat :

On raconte qu’un Arabe avait un jour chassé une bête qu’il ne connaissait pas. Il rencontra alors un homme qui lui demanda : qu’est ce que ce chat ? Et un second qui lui demanda : qu’est ce que ce matou ? Puis un troisième : qu’est ce que ce haret ? Et un quatrième : qu’est ce que ce guépard ? Enfin un dernier : qu’est ce que ce serval ? Et comme la coutume chez les Arabes veut que la multiplicité des noms dénote de la grandeur du dénommé, l’Arabe réfléchit et se dit : « Je m’en vais le vendre sur le marché, il pourrait me rapporter un pactole !»

Mais lorsqu’il arriva au marché, on ne lui proposa guère plus d’un dirham. L’homme regarda alors furieusement le chat et lui dit : « maudit sois-tu ! Tu portes mille noms mais tu ne vaux guère plus d’un sou !»  Et il l’abandonna sur place et s’en fut.

L’histoire de l’Arabe et du chat nous fait penser à ces innombrables appellations de nouvelles tendances politiques qui ont soudainement bourgeonné à la saison des élections. Une fois encore, les appellations sont multiples mais le dénommé n’est qu’un, Il a le même fond, la même valeur et le même but, celui de diviser le clan politique chrétien et d’empêcher le Bloc du Changement et de la Réforme d’assurer un nombre suffisamment important de sièges au parlement qui lui permette de mettre en application son programme réformateur.

Ce programme nous l’avons fondé sur des vérités et non sur des théories qui peuvent ou non  accepter des doutes, car les vérités dans leur nature, n’admettent pas la modération ni les demi-mesures ; elles doivent être ou ne pas être.

La corruption qui mine les fondements mêmes de l’Etat, le non-respect des compétences dans l’exercice du pouvoir, ainsi que l’absence criante de normes morales et légales dans les prises de décision, constituent les tares du pouvoir qui empêchent toute amélioration des performances gouvernementales.
Aborder ces problèmes avec modération signifierait le maintien en place de ces tares.

Voilà pourquoi, la modération ici, n’a pas de raison d’être. Elle devrait au contraire, céder la place à une appréhension sincère et radicale des corrupteurs même s’ils sont « seigneurs de leurs fiefs », et demander avec acharnement des comptes à quiconque serait accusé par les audits administratifs et judiciaires.

Pour cela, nous pensons qu’il est impératif de redéfinir l’usage de certains termes qui qualifient de grands  idéaux, mais qui utilisés à mauvais escient, peuvent revêtir un sens contraire, au sein de ces tours de Babel médiatiques où l’on ne se s’entend plus.

Partant de là, la modération vertueuse consisterait à aller vers l’autre, à reconnaître son existence, et à respecter son droit à la différence et à la liberté de croyance; telle est la charte à laquelle nous adhérons, telle est notre manière de vivre.

Quant à la modération d’un juge dans son jugement par exemple, elle ne peut être que viciée, car elle l’aurait empêché de trancher, à l’heure où le glaive de la justice ne devrait pas avoir de fourreau.

Le discours modérateur de ceux qui s’érigent aujourd’hui en « conseilleurs » ne nous étonne pas ; il recourt à un vocabulaire sournois qui évite de traiter le menteur ou le voleur de tels…comme si c’était  la vérité, aussi crue qu’elle pouvait être, qui portait préjudice à la société, et non le recours aux fourberies et aux mensonges comme moyens d’expression.

Si ces « meneurs » avaient l’intention de réformer la société, ils auraient sorti la justice de sa léthargie, afin qu’elle puisse honorer ses obligations, et au minimum inculper les enragés de la plume et les scribes à la solde des corrupteurs au pouvoir.

Désormais, nous n’écouterons plus ceux qui prêchent la vertu sans la pratiquer, car la vertu a bien des prédicateurs et peu de martyrs ; de même que nous ne nous retiendrons pas d’appeler un chat un chat, et nous ne nous abstiendrons pas de dire la vérité, toute la vérité, sans craindre d’offenser la chasteté des oreilles hypocrites, car nous sommes confiants que les oreilles des honnêtes gens seront soulagées de nous entendre.

Pour ce qui est des candidatures et des listes électorales, et alors que nous assumons la responsabilité première dans le choix des candidats du Courant Patriotique Libre et de ses alliés, nous avons encouragé ceux qui aspirent  à représenter leurs concitoyens, à s’activer dans leurs régions dans le but de gagner l’appui populaire dans cette période de préparation électorale.

Nous avons bien entendu évalué leurs performances selon les critères de l’engagement, des chances de réussite et de leur interaction avec leurs compatriotes. C’est sur cette base que se fera la sélection et la formation des listes électorales.

Cette nouvelle approche démocratique dans le choix des candidats a permis à tous les aspirants de se présenter aux élections et de tenter leur chance. Mais cela ne veut en aucun cas signifier que tous les candidats seront sélectionnés. Nous devons garder à l’esprit que les élections se préparent au cours des quatre années qui les précèdent et que l’ultime test du candidat est la résultante de sa présence et de son action politique et sociale, ainsi que de ses performances médiatiques sur le sol national et à l’étranger.

Pour la première fois dans notre histoire, une campagne politique nationale se déroule sur l’ensemble du territoire, ceci contribue à exacerber certains extrémismes religieux et confessionnels visant à détourner les électeurs des choix judicieux et à les confiner au sein de leurs communautés religieuses, empêchant ainsi l’entente et l’harmonie entre les différentes composantes de la société libanaise.

Nous avons réussi à travers nos choix politiques à assurer la grande victoire qui a garanti au Liban son unité, son équilibre et son indépendance, en dépit d’une politique internationale biaisée qui visait à le démanteler. Nous mesurons aujourd’hui l’ampleur de cette victoire sur l’échiquier régional et international. Pour la première fois, le Liban émerge de la crise complexe dans laquelle il s’est débattu des décennies durant, avec une part du gâteau, sans risquer de se voir transformer en lot de consolation à un quelconque accord ou désaccord.

Dans les années 90 nous avons payé le prix du consensus régional et en 2005 nous avons failli payer le prix de la discorde régionale, si ce n’était notre décision politique audacieuse, qui a fait appel à la clairvoyance des Libanais et à leur maîtrise de soi face aux campagnes de désinformation. Les évènements qui s’en sont suivis leur ont confirmé par la suite le bien-fondé de leur choix.

Sur le plan interne par ailleurs, nous avons œuvré pour l’adoption d’une loi électorale plus représentative et avons obtenu le caza comme base de la circonscription électorale, après que la majorité actuelle a fait échouer l’adoption d’une quelconque loi sur la représentation proportionnelle.
Mais l’adoption de cette loi ne changera pas le résultat du scrutin si nous allons accepter de « céder »nos voix, serait-ce par peur ou par besoin.
Avec la peur il ne peut y avoir de liberté d’expression, c’est pourquoi nous avons pris sur nous-mêmes d’affranchir l’électeur des « corrupteurs » qui le menacent, et avons résolu de battre ces derniers dans les prochaines élections pour pouvoir mettre un terme définitif à leur emprise: plus de menaces de licenciements abusifs ! Plus d’arrestations arbitraires et d’agressions morales et physiques !

Nous savons tous que le besoin est un boulet au pied de la personne nécessiteuse ; il est également une sorte de handicap moral et matériel qui place le nécessiteux dans une situation de faiblesse ou de compromis. Quiconque tirerait profit de ce handicap commettrait un crime qui reviendrait à exploiter une personne handicapée.

Exploiter la pauvreté des gens ne peut en aucun cas être considéré comme une aide. C’est un acte répréhensible punissable par la loi et une souillure sur la conscience de celui qui le commet et de la société qui l’accepte.

Aider une personne dans le besoin est une action louable dont la condition sine qua non est de rester inconditionnelle, sinon elle revêtirait le caractère du crime le plus crapuleux, puisqu’elle dénigrerait l’homme de son humanité.

Accepterions-nous que notre démocratie soit entachée de traite électorale comme l’humanité l’a été avec la traite des noirs et des blancs ? Ou bien sommes-nous un peuple libre qui refuse la soumission et se rebelle avec toutes ses institutions pour vivre ses valeurs fondamentales d’honneur et de dignité ?

Notre choix est le suivant : nous luttons contre la corruption de même que nous luttons contre l’oppression et nous faisons appel à toutes les institutions temporelles et spirituelles officielles ou non-officielles à se ranger à nos côtés dans cette lutte, car une société qui perd ses valeurs est vouée à la perdition.

Pour conclure je voudrais m’adresser aux partisans du Courant Patriotique Libre et aux supporters et leur dire : vous avez fait et faites encore l’objet de calomnies et de campagnes médiatiques haineuses qui vous ciblent individuellement et en groupe, visant à briser votre unité et votre solidarité.
A mesure que nous nous approchons des élections, ces campagnes vont s’intensifier et redoubler de haine et d’agressivité, pour cela je fais appel à votre bon sens et à votre persévérance dans la quête de vos objectifs.

Quant aux Libanais, je réitère la promesse d’entamer l’édification d’un Etat digne de leurs sacrifices et de l’avenir de leurs enfants, un pays où il fera bon vivre dans la dignité et la tranquillité.
Nous sommes sur le point de réaliser ce rêve pour lequel nous avons tant œuvré, et ce parcours de libération entrepris aujourd’hui, sera la passerelle de notre pays vers la troisième république, la République du Changement et de la Réforme.

Vive le Liban.

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