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Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah: « L’opposition est le plus important bloc centriste »

Posted by jeunempl sur mars 15, 2009

L’Hebdo Magazine

raadmohamad-xinhuaLes permutations judiciaires ont suscité des réactions mais ont permis d’espérer que d’autres sujets, tels les nominations administratives, le budget 2009, le protocole de coopération avec le TSL, puissent également être réglés. Sur toutes ces questions, le Hezbollah a pris des positions en flèche. Magazine a interrogé le président du Bloc de la Fidélité à la Résistance, le député Mohammad Raad, qui représente son parti autour de la table du dialogue.

Pourquoi avez-vous dit que les permutations judiciaires étaient politisées, alors qu’elles avaient obtenu l’unanimité du Conseil supérieur de la magistrature, au sein duquel siègent des magistrats de toutes communautés et appartenances?
Ce mouvement était en suspens depuis plus de deux mois à cause des divergences sur certains détails. Soudain, il surgit sans préavis et sans concertation préalable. Le timing est ambigu.

La justice n’est-elle pas supposée être indépendante?
Est-ce la réalité? Nous refusons des ingérences dans la magistrature et nous n’y serions pas intervenus si nous avions été confiants dans son indépendance. Mais les ingérences dans les nominations existent, que nous le voulions ou non.

Y a-t-il des postes que vous auriez demandés et qui ne vous ont pas été accordés?
Je n’entrerai pas dans les détails, mais il y a une tentative d’éloignement de certains magistrats et de marginalisation du rôle de certains autres.

Le général Aoun a adressé des critiques au président Berry concernant ces nominations. Existe-t-il un différend entre eux?
La présence du représentant chiite au Conseil supérieur de la magistrature a pu laisser le général croire que le président Berry avait été informé au préalable. Cette affaire sera dépassée lorsque le général saura la vérité.

Innocenter le président Berry suppose faire assumer la responsabilité au président de la République comme l’a déclaré le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah.
Le président de la République ne peut pas être responsable. La responsabilité incombe à ceux qui ont signé le décret avant de le remettre au chef de l’Etat, qui ne peut que le signer, ainsi qu’au Conseil supérieur de la magistrature et à ceux qui l’ont poussé à émettre ce décret à ce moment.

Ce mouvement aura-t-il des répercussions sur les nominations administratives et sur la désignation des membres du Conseil constitutionnel par le gouvernement?
Le chef de l’Etat tient à son rôle d’arbitre. Il veille à l’équilibre dans le pays et à la concertation avant les nominations. C’est pourquoi il ne peut pas porter la responsabilité des permutations judiciaires. Il l’a probablement signé, car placé devant un fait accompli.

Si les nominations proposées en Conseil des ministres ne vous conviennent pas, utiliserez-vous le tiers de blocage?
Nous voulons des nominations qui répondent aux attentes et aux intérêts des Libanais. On sait que des nominations décidées aujourd’hui peuvent être invalidées demain. C’est pourquoi nous voulons assurer, autant que possible, la stabilité dans l’administration, afin d’éviter au pays les variations du climat gouvernemental.

Pourquoi ne mandatez-vous pas le président dans les nominations comme l’a fait le 14 mars?
Nous n’avons aucune hésitation à le faire. Ce que nous craignons, c’est le fait accompli à l’instar de ce qui s’est passé dans le mouvement judiciaire.

Qu’y a-t-il derrière l’ouverture de la Grande-Bretagne sur le Hezbollah?
Les Britanniques ont tout simplement compris qu’ils avaient intérêt à changer de politique à l’égard du Hezbollah. Ne croyez pas qu’ils fassent la distinction entre le parti politique et l’aile militaire. Ils ont inventé cette formule pour pouvoir exercer une politique conforme à leurs nouveaux intérêts. En politique, il n’y a ni amitié, ni principes, ni valeurs morales, mais intérêt. De notre côté, nous restons réalistes et nous comprenons qu’ils aient des intérêts. Nous en avons, nous aussi.

Allez-vous répondre à cette ouverture?
Nous ne fermons nos portes qu’à l’ennemi israélien. Ce sont les autres qui s’enferment et ne s’ouvrent aux autres qu’en fonction des circonstances.

Cette ouverture se traduira-t-elle concrètement? Y a-t-il eu une rencontre entre des responsables britanniques et ceux du Hezbollah?
C’est encore prématuré, mais rien ne l’empêche. Des contacts pourraient être établis à travers l’ambassade ou avec des responsables des Affaires étrangères britanniques.

Certains disent que cette ouverture est inspirée par le tandem américano-israélien pour démanteler «l’axe du mal». Qu’en pensez-vous?
Un point de vue que nous prendrons en compte lorsque nous traiterons avec la Grande-Bretagne.

Que pensez-vous de la visite de l’adjoint de la secrétaire d’Etat américaine, Jeffrey Feltman, au Liban et en Syrie?
Feltman est venu expliquer la politique américaine actuelle qui diffère de celle de Bush. Les Libanais qui ont traité avec les Etats-Unis avaient besoin d’être rassurés. Il est venu leur dire que les intérêts de Washington imposaient l’ouverture et le dialogue avec Damas, sans que cela soit au détriment de leurs propres intérêts.

Croyez-vous à un changement réel dans la politique américaine avec M. Obama?
Je crois juste à un nouveau style dans les constantes stratégiques US dans la région. Tant que ce style est nouveau, nous répondrons également d’une manière nouvelle.

Y a-t-il une nouvelle ligne politique syrienne avec l’Amérique?
Pour qui connaît le régime syrien, les relations américano-syriennes n’ont jamais tenu longtemps. Les Syriens sont donc habitués aux méthodes négatives américaines à leur égard. Ce comportement américain au début du nouveau mandat pourrait ne pas durer.

Les relations syro-saoudiennes s’amélioreron-t-elles réellement?
Il règne un climat apaisé, mais rien n’apparaît encore sur le fond. Je ne pense pas personnellement que cette amélioration se répercutera sur la situation libanaise, surtout avant les élections.

Quelles sont les remarques du Hezbollah sur le protocole de coopération entre le Liban et le TSL? A quoi s’oppose-t-il?
Tout le Conseil des ministres en a été surpris, même le président Siniora, si ce qu’on dit est vrai.

N’est-ce pas le ministre de la Justice qui l’a présenté?
Oui, il l’a remis immédiatement à tous les ministres. Mais qui se cache derrière le ministre de la Justice? Exerce-t-il sa fonction administrative en distribuant le document aux ministres et en demandant une décision immédiate? Ces textes donnent carte blanche au procureur général international et affaiblissent la justice libanaise. Le Conseil des ministres a compris la nécessité d’étudier le texte et, à ma connaissance, des amendements essentiels y ont été apportés, mais cela ne suffit pas. Le problème est dans la méthode adoptée. L’opposition se concertera avant de prendre la décision adéquate.

Les amendements suggérés sont-ils sérieux ou n’est-ce qu’une manière de retarder l’explosion?
Je ne crois pas à l’éventualité d’une explosion. Au pire des cas, le document sera voté à la majorité des voix en Conseil de ministres.

Que pensez-vous d’une éventuelle candidature du président Siniora à Saïda?
Il a le droit de se présenter, mais il doit en évaluer la répercussion négative politique sur la famille Hariri, en particulier, et sur le Courant du futur, en général.

Laisserez-vous au général Michel Aoun la liberté de choisir les candidats chrétiens?
Avec le général Aoun, nous nous sommes accordés une marge d’entente pour garantir le succès de nos candidats.

Que pensez-vous du projet d’un bloc centriste?
L’opposition est le plus important bloc centriste. Elle n’agit pas en fonction de l’équilibre des forces dans son intérêt, mais pour la sauvegarde du pays, de sa position stratégique dans l’équation régionale et internationale.

L’opposition critique avec virulence le chef de l’Etat quand il n’est pas de son avis…
Nous appuyons le président de la République et nous ne lui avons jamais demandé de soutenir l’opposition. Nous avons accepté le président consensuel afin de résoudre la crise dans le pays. Nous le soutenons dans les limites que lui permet son consensus avec les autres.

Jusqu’où peut aller le dialogue national?
Nous avons sérieusement travaillé pour déceler les éléments d’entente sur la stratégie défensive. Comme l’a dit le président, le sujet requiert plus d’efforts et de temps que certains l’imaginent. Cette affaire est liée à l’avenir du pays et à son destin et non seulement à l’aspect militaire. Je pense que ce problème ne sera pas résolu avant la date des élections.

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