Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Les élections en questions: L’inconcevable report des législatives

Posted by jeunempl sur mars 15, 2009

L’Hebdo Magazine

Vote - UrneLes élections législatives sont prévues pour le dimanche 7 juin. Pourtant, malgré l’unanimisme des protagonistes, l’éventualité d’un report, voire d’une annulation du scrutin, a fait son chemin dans certains cercles. Leurs craintes sont fondées sur la possibilité que la stabilité, qu’elle soit d’ordre politique, sécuritaire ou diplomatique, soit compromise par les parties qui pourraient faire les frais de cette échéance.

L’an 2009 s’annonce comme l’année de la destinée, celle qui tranchera de la direction que suivra le Liban durant ces prochaines années. Quelles que soient leurs divergences d’opinion, le lancement du Tribunal spécial pour le Liban permettra aux Libanais de mettre un point final à une période qui a bouleversé leur pays depuis 2005. Quelles que soient leurs divergences politiques, les leaders observent avec attention les mouvements diplomatiques qui esquissent une nouvelle carte des relations dans la région. Quel que soit le vainqueur, les élections législatives décideront du rapport de forces entre les deux camps qui ont eu quatre ans pour éclaircir et peaufiner leurs projets désormais clairement identifiés. Mais, pour le moment, aucune de ces échéances n’a été entérinée. Les attentes sont énormes et les résultats concrets de ces mouvements multiples qui traversent le Liban alimentent les supputations et les fantasmes de chaque citoyen.C’est dans ce terreau fertile que l’éventualité d’un report ou d’une annulation des élections prend sa source.

Incertitude sécuritaire
Malgré la signature de la déclaration de Doha en mai dernier, son application demeure difficile à assurer. Si la pré sidence de Michel Sleiman est soutenue par l’ensemble de la classe politique, les autres points de l’accord restent sujets à caution. Le deuxième point de l’accord a consisté à entériner la formation d’un gouvernement d’unité nationale que les signataires ont promis de ne pas entraver, ni dans ses travaux ni dans son fonctionnement. Ces dernières semaines, les discussions sur les lois concernant les écoutes téléphoniques, le Conseil du Sud ou les nominations administratives et judiciaires ont justement prouvé que la solidarité gouvernementale restait très fragile. Les divergences du haut sont le miroir déformant de ce qui se passe en bas. En marge du rassemblement du 14 février dernier, plusieurs militants de la majorité ont été assaillis, provoquant une recrudescence des tensions sur l’ensemble du pays. Des sources sécuritaires indiquent que plus d’une trentaine de permanences de partis poli tiques, dans les deux camps, ont été la cible d’attaques ou d’intimidation ces deux derniers mois. C’est en prenant appui sur cette escalade que plusieurs voix se sont élevées pour remettre en cause les dispositions prises pour les prochaines élections législatives. Ainsi, le 25 février dernier, le leader du Courant patriotique libre, Michel Aoun, a appelé à ce que «les élections aient lieu en deux jours pour contrôler la situation sécuritaire. L’autre groupe créera des accrochages le jour des élections dans les régions qui présentent un risque de défaite et ajournera les élections dans certaines régions».

Multiples appels au calme
Pour répondre aux craintes exprimées par nombre de personnalités politiques, le ministre de l’Intérieur, Ziad Baroud, a confirmé que «les élections législatives vont se tenir à temps et durant une seule journée. Les services sécuritaires et administratifs de l’Etat se préparent pour que les élections se tiennent à temps. Le ministre a, par ailleurs, souligné que le Parlement a approuvé la tenue des élections durant une seule journée, sous forme de choix législatif que le pouvoir exécutif est tenu de respecter. Il a également assuré que personne n’a intérêt à entraver le processus électoral. Et de tabler sur la coopération de toutes les parties, en vue d’améliorer la situa tion sécuritaire et assurer le climat approprié pour l’événement. Depuis la résurgence de cette éventualité, les leaders de la majorité et de l’opposition se montrent rassurants, tout en faisant passer leur message électoral. Le président du Parlement, Nabih Berry, qui avait proposé d’étaler les élections sur une semaine pour que chaque circonscription vote un jour différent, a déclaré que «les désaccords ne signifient pas nécessairement que la vio lence est sur le point d’éclater au Liban». Il a estimé que toute décision relative à la sécurité du déroulement des élections en une seule journée doit faire l’objet de «discrétion de la part des commandants». Et d’ajouter que «les élections auront lieu en une seule journée, le 7 juin».

Menaces extérieures?
Lors d’une réception offerte par l’ambassadeur du Liban à Oman, Afif Ayoun, Nabih Berry a précisé que les propos relatifs à des tensions avant la tenue des élections ne sont que «poussière et fumée» que certains usent en vue de saper les élections législatives prévues pour le 7 juin. Le président de la Chambre a, en outre, rassuré les Libanais que toutes les craintes, les questions, les inquiétudes et tous les doutes relatifs aux pro chaines législatives sont exagérés et même mal situés. Si les règles du jeu devaient être modifiées, le responsable pourrait venir de l’extérieur. L’opposition et le 14 mars ont calqué leurs activités politiques sur le rapport de forces régional qui mettait aux prises la Syrie et l’Arabie saoudite et, sur un plan plus global, l’Iran et les EtatsUnis. L’arrivée au pouvoir de l’Administration Obama a mis un terme aux dissensions qui ont conduit les pays arabes à ne pas se mettre d’ac cord sur la signification de l’attaque israélienne sur Gaza. Depuis quelques semaines, ce temps semble être révo lu.

Nouvelle ère à Washington
Mercredi dernier, les présidents syrien, Bachar elAssad, et égyptien, Hosni Moubarak, se sont rendus à Riyad pour un minisommet arabe, à l’initiative du roi Abdallah d’Arabie saoudite, afin d’aplanir leurs divergences qui sont appa rues après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Le minisommet de Riyad survient au lendemain du lancement, au Caire, d’un cycle de réunions de réconciliation entre les formations rivales palestiniennes, dont le Fateh du président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas, avec l’objectif de créer, d’ici la fin mars, un gouvernement d’union. Confortée par la tournée dite de la main tendue que vient d’effectuer Hillary Clinton pour sa première sortie dans la région en tant que secrétaire d’Etat, la nouvelle ère qui semble s’ouvrir à Washington bouleverse déjà l’équilibre des relations interarabes et audelà. L’ouverture pratiquée par M. Obama en direction de la Syrie, directement invitée, si elle souhaite rétablir de bonnes relations avec l’Amérique, à user d’une «influence modératrice» sur le Hamas palesti nien, le Hezbollah libanais et les opposants sunnites au gouvernement chiite irakien de Nouri elMaliki, s’est rapide ment traduite dans les faits. Samedi 7 mars, Jeffrey Feltman, soussecrétaire d’Etat en charge des Affaires procheorientales, et Dan Shapiro, du Conseil national de sécurité à la MaisonBlanche, étaient à Damas. «Nous avons trouvé, avec nos interlocu teurs syriens, de nombreux terrains d’entente, ontils dit. Nous pensons que la Syrie peut jouer un rôle important et constructif dans la région» (Voir page 24). En usant de leur influence pour aplanir les relations entre Damas et Riyad, les EtatsUnis reviennent à une position constructive qui aura pour conséquence de détendre les tensions entre la majorité et l’opposition au Liban, qui n’ont besoin de personne pour mener leur combat électoral sans merci. Les machines sont lancées, mais l’avarie reste une possibilité. Les indices que sèment les protagonistes, locaux, régionaux et internationaux, tendent à penser que les EtatsUnis ont la volonté d’appuyer une paix des braves dans la région. Dans ce tableau peint à plusieurs mains, il n’y a qu’une seule question qui vaille. Les multiples acteurs interna tionaux vontils réussir à digérer le résultat des élections législatives au Liban? De par son aura, Barack Obama maintient avec brio le couvercle de la marmite du MoyenOrient. Mais il suffit que quelques gouttes de la tam bouille s’échappent pour attiser le feu qui couve. Entre une soupe indigeste et une marmite qui explose, il n’y a qu’un pas.

Joumblatt change de ton
Quand on se souvient des discours enflammés que tenait il y a encore peu de temps le leader du Parti socialiste progressiste, l’image qu’il renvoie en ce moment est étonnante. Ses efforts permanents pour établir un compromis avec le Hezbollah, l’envoi d’une lettre de félicitation au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, pour le congratuler à l’occasion de la commémoration de la Révolution islamique, son discours calme et conciliateur lancé le 14 février sur la Place des Martyrs, son attitude à la suite de l’assassinat de Loutfi Zeineddine, l’expression de sa confiance totale dans l’institution militaire et son commandant en chef, le général Jean Kahwagi, portent à croire que les choses ont changé. En réalité, ses positions se greffent sur la nou velle carte politique et diplomatique de la région. Même s’il continue d’affirmer qu’il fait partie du Rassemblement du 14 mars, il signe une entente avec Talal Arslan dans la Montagne et négocie avec Nabih Berry dans la Békaa Ouest. Une voix dissonante qui le place dans une position préférentielle pour l’après7 juin.

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