Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Liban, petit royaume du piratage

Posted by dodzi sur février 23, 2009

AFP/iloubnan.info

reportagePlus de 50% des CD, DVD et logiciels vendus au Liban ne sont que des copies : c’est ce qu’affirme un récent rapport de l’Alliance internationale pour la propriété intellectuelle (IIPA). Selon les instances gouvernementales libanaises concernées, cette situation serait l’une des principales causes empêchant le Liban d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce. Les cinémas libanais se sentent quant à eux menacés d’extinction.

Tarek ne se déplacera pas aujourd’hui pour aller voir « Walkyrie » ou « Revolutionary Road » au cinéma: comme la plupart des Libanais, il peut les voir sur son canapé pour un dollar, grâce à un piratage galopant qui nuit à l’économie du pays. « Pourquoi paierais-je 30 dollars pour m’acheter un film alors que je peux en obtenir une copie à trois dollars? », dit cet adolescent en parcourant un paquet de copies des derniers succès d’Hollywood dans une échoppe de Beyrouth. Selon un récent rapport de l’Alliance internationale pour la propriété intellectuelle (IIPA), plus de 50% des CD, DVD et logiciels vendus au Liban sont des copies. « Cette situation est l’une des principales causes empêchant le Liban d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce » (OMC), assure Wissam al Aamil, responsable au département de la protection de la propriété intellectuelle rattaché au ministère de l’Economie. Il y a quelques années, la société Microsoft voulait installer son centre régional à Beyrouth, mais ce phénomène l’en aurait dissuadé. Pour les professionnels du 7e art, le piratage a eu un effet dévastateur. Les cinémas libanais, souvent déserts, « ont vu leur chiffre d’affaires diminuer de plus de 50% en 10 ans », déplore Bassam Eid, directeur de production pour Cinémas Empire et agent de Columbia/Sony et 20th Century Fox. « Pour moi, ils sont menacés d’extinction », dit-il. Sous le nez des policiers, les disques piratés sont vendus à la sauvette et même dans des boutiques ayant pignon sur rue, avec des façades aussi alléchantes que n’importe quel magasin de CD et de DVD qui se respecte. « Comment voulez-vous que je gagne ma vie si je vends des films ou des CD originaux? », demande « Karim », un vendeur qui s’exprime sous un faux nom. « Regardez, dit-il en montrant des caisses au coin de son magasin. Cela vaut 5.000 dollars et ils sont là depuis une éternité! »
Une loi non appliquée

reportageLes copies vendues sur le marché concernent de vieux films mais aussi des productions qui ne passent pas encore sur grand écran au Liban. Dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila ou dans la banlieue sud, « L’Etrange histoire de Benjamin Button », nommé pour plusieurs Oscars, ou encore « Pink Panther 2 » sont déjà disponibles. « +Walkyrie+ a été acheté pour sa distribution au cinéma à un million de dollars et on le retrouve partout », s’insurge M. Eid. Bien que le Liban ait adopté en 1999 une loi sur la protection de la propriété intellectuelle et artistique, son application laisse à désirer. « De temps à autre, la police détruit les disques saisis, mais ces derniers ne représentent que 1% de ce qui circule », affirme M. Eid. « Le pire, ce sont les films piratés qui passent sur des chaînes de télévision étrangères… elles-mêmes piratées! », s’indigne-t-il. Les quelque 700 opérateurs du pays captent des centaines de chaînes mondiales après les avoir décodées et les distribuent à 80% de la population via le câble, pour 15 dollars par mois en moyenne, une situation tolérée par l’Etat. Le laxisme des autorités provient d’une certaine « compréhension » à l’égard des clients. « Du point de vue du consommateur, il est normal qu’il n’achète pas un logiciel à 800 dollars alors qu’il peut l’obtenir à 20 dollars », explique Walid Habr, responsables aux douanes, qui admet ne pas être très strict sur la saisie de disques.
« Nous ne pouvons pas interdire l’accès à la technologie pour les gens qui ne peuvent pas se permettre d’acheter un programme original », souligne M. Aamil.

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