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Armée critiquée, écoutes politisées, budget paralysé… Pourquoi l’escalade?

Posted by jeunempl sur février 16, 2009

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Mgr Sfeir

Mgr Sfeir

A quatre mois des élections législatives, la vie politique libanaise reprend des allures de guerre de tranchée. La virulence des accusations qui s’échangent depuis quelques jours a malmené la trêve qui prévalait depuis la signature des accords de Doha entre le 14 mars et l’opposition, en mai dernier. Plus qu’une coïncidence malheureuse, ce regain de tension, consécutif à la réouverture de certains dossiers sensibles qui concernent directement les enjeux de la prochaine phase politique, est le produit d’une campagne savamment orchestrée.

Michel Aoun est en colère et il le fait savoir. Sous le flot des critiques de ses adversaires politiques, il doit faire face aujourd’hui à un autre détracteur, et non des moindres, le patriarche Mgr Nasrallah Boutros Sfeir. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Al Massira », en réponse à une question sur la possibilité d’une victoire de l’opposition lors des prochaines législatives, le prélat maronite a affirmé que «certaines erreurs pourraient avoir des conséquences désastreuses. Si le poids politique bascule du côté du 8 mars et que les forces du 14 mars n’ont plus de poids, certaines erreurs pèseront d’un poids historique sur le destin national». La réponse ne s’est pas fait attendre. Lors de sa dernière conférence de presse, le leader du CPL a non seulement contesté la prise de position du patriarche, mais il est allé beaucoup plus loin qu’à l’accoutumée. «Il s’agit là de sa vision des choses, de son avis», a insisté le général Aoun. Certes, il a tous les droits de s’exprimer, mais il n’a pas mandat de s’exprimer au nom des chrétiens, même s’il est le patriarche des maronites». Jusqu’à présent, jamais le général n’avait à ce point remis en cause la primauté du patriarcat. «Le patriarche jouit d’une certaine position, il peut apprécier les choses, a repris le général Aoun. Mais là, il prend parti. Il ferme les yeux sur tout ce qui se passe, et ne soulève que cette affaire. On peut tout expliquer chez le patriarche, sauf sa position à l’égard de l’opposition». Pire, le général a indirectement accusé le patriarche de «couvrir la corruption» de certains pôles du 14 mars.

Haro sur Michel Aoun De son côté, le patriarche a également durci son discours. Dans cet entretien très politique, il réaffirme son soutien à l’idée d’un bloc centriste, soulignant l’importance que le président de la République puisse s’appuyer sur un bloc parlementaire. Cette confirmation intervient, après que Michel Aoun a qualifié ce bloc d’habillage électoral créé par les loyalistes pour l’affronter. Par la suite, le patriarche déclare que certains aspirants au pouvoir souhaitaient évincer le président, dans le but de prendre sa place. S’il nie faire allusion au leader du CPL, la perche semble sans équivoque. Le général Aoun et ses partisans se voient comme la principale cible des loyalistes. Tout en considérant que l’idée d’un bloc centriste était, en réalité, un ballon d’essai lancé contre l’opposition, les mêmes personnes ne sont pas surprises des prises de position du patriarche, qui n’a jamais caché ses sensibilités pour le 14 mars. A l’approche des élections, les coalitions se forment et les corps intermédiaires peaufinent leur positionnement. L’autre événement – fer de lance de la Coalition du 14 mars – qui focalisera l’actualité sera le début des travaux du tribunal international chargé de juger les responsables de l’assassinat de Rafic Hariri. C’est sous ce prisme que la polémique sur les écoutes téléphoniques prend sa source politique. Lors de la réunion de la commission parlementaire de l’Information, présidée par le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, les élus du 14 mars ont nommément accusé le ministre des Télécoms, Gebran Bassil, d’entraver les investigations des enquêteurs. Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a clairement déclaré que c’est une intervention présidentielle qui a contraint Gebran Bassil à coopérer à nouveau avec la commission internationale d’enquête pour lui fournir les données qu’elle réclamait. La majorité conteste également la nomination de Daniel Farès, un officier proche de l’ancien directeur général de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, comme chef de la salle d’écoute nouvellement installée au ministère des Télécoms, pour lutter contre les communications internationales illégales. Ce dossier continue de faire des vagues, et plus personne n’est épargné. Lors d’une interview télévisée, Walid Joumblatt a ouvertement dénoncé le comportement, qu’il a jugé «suspect», de certains officiers de l’armée. Il a dénoncé, sur ce plan, certaines attitudes qui sont couvertes, atil précisé, par divers officiers, citant notamment sur ce plan le général Jean Kahwagi, commandant en chef de l’Armée, et Georges Khamis, chef du service des renseignements de l’Armée pour le secteur de Beyrouth, très proche du chef du CPL, Michel Aoun. Le chef du PSP agite là un autre épouvantail, celui du retour à la tutelle syrienne. «Nous sommes encore à la veille des élections. Quelle serait alors la situation s’ils (les alliés de la Syrie) parviennent à contrôler tout le pays (en cas de victoire de l’opposition aux élections). Ils contrôleront alors la justice, les services de sécurité, l’administration, et les Syriens n’auront plus besoin, dans ce cas, d’envoyer à nouveau leur armée, car ils mettront la main sur le pays par le biais de leurs alliés». Walid Joumblatt a également insinué que le ministre de la Défense, Elias Murr, adoptait à ce propos une attitude «ambiguë». «Nous voulons qu’il adopte une position claire et sans équivoque». En réponse à ces critiques, le président de la République, ancien commandant de l’armée, a réaffirmé sa confiance absolue envers le commandement militaire actuel, dirigé par son successeur, le général Jean Kahwagi. L’armée a été fidèle à «l’établissement militaire et à la nation» et non à un chef particulier. Comme pour prévenir une réelle menace, il a invité l’Armée libanaise et les forces de sécurité intérieure de s’isoler de la politique des élections prochaines. «La sécurité est cruciale aux élections, et le peuple devrait sentir que vous n’êtes pas impliqué dans la politique». Il a également commenté le dialogue national en cours à propos de la stratégie de défense, en disant que l’arrangement actuel entre l’armée et la Résistance représente une opportunité pour former cette stratégie fortement controversée. Une controverse alimentée par le même Walid Joumblatt qui a demandé à son représentant du comité chargé d’étudier les projets de stratégie de défense, l’officier retraité Charif Fayad, de se retirer de cette commission, parce qu’au cours de la première réunion du comité, toutes les discussions tournaient autour de la coopération entre l’armée et la Résistance, et non pas sur la manière dont la Résistance pourrait intégrer graduellement les rangs de l’armée ou, du moins, obéir à son commandement. Le leader druze n’a pas apprécié la réponse cinglante du général Kahwagi qui l’a assuré du patriotisme et de la neutralité de l’institution militaire. Les vagues pourraient faire une nouvelle victime. La détérioration soudaine du climat politique exclut toute éventualité d’avancée dans le cadre des séances du dialogue national présidé par le président Sleiman. Les schémas politiques de l’avantDoha sont remontés à la surface. Les faucons du 14 mars, Walid Joumblatt et le chef du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, ont repris leur rôle de tribun. Michel Aoun dénonce une guerre contre le «aounisme». Alors que d’autres dossiers à controverse, comme ceux du Conseil du Sud et le vote du budget de l’Etat, n’ont pas encore été tranchés, le retour médiatique du schisme politique et la perspective des élections législatives ont prématurément sonné le glas de l’union nationale, que le président tentera de sauvegarder le plus longtemps possible.

GEAGEA EN PREMIÈRE LIGNE
A l’instar de Walid Joumblatt, Samir Geagea reprend l’offensive. Lors d’une conférence de presse donnée depuis sa résidence de Maarab, le leader des Forces libanaises a indiqué qu’il faudrait exa miner le dossier des écoutes téléphoniques loin des autorités officielles, signalant que l’assassinat du député Antoine Ghanem a été perpétré, parce que sa ligne a été surveillée non pas via le sys tème officiel, mais par un groupe ne faisant pas partie de l’appareil sécuritaire. Soulignant que les écoutes téléphoniques illégales ont permis l’exécution de tous les attentats qui ont coûté la vie à des personnalités libanaises, M. Geagea a estimé que le Conseil du Sud est une République indépendante à part entière, avant de formuler son espoir de voir l’annulation de toutes les Caisses qui en font partie.

LES CALCULS DE JOUMBLATT
Des sources informées dévoilent les dessous de la tension récente entre le député Walid Joumblatt et l’institution militaire. L’affaire est, en fait, liée à la nomination prochaine d’un nouveau chef d’étatmajor pour succéder au général Chawki Masri qui part à la retraite. Il est connu que ce poste, dans les fonctions de la première catégorie, est l’un des plus importants qui reviennent à la communauté druze. Or, M. Joumblatt a toujours eu son mot à dire à ce sujet et semble incommodé par les changements qui ont eu lieu au niveau du commandement militaire; il ne souhaite pas que ces changements se répercutent sur l’étatmajor.

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