Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Trois ans depuis l’entente entre le jaune et l’orange : une nouvelle page est abordée, les anxiétés sont éliminées et les défis s’accumulent…

Posted by jeunempl sur février 6, 2009

El Nashra – Hussein Assi

sayyed-nasrallah_general-aounTrois ans déjà…
Trois ans depuis l’entente entre le Hezbollah et le courant patriotique libre,
Trois ans depuis l’entente qui a lancé une nouvelle page entre les deux partis et a changé toutes les priorités,
Trois ans depuis l’entente qui a récolté des approbations fanatiques et des réprobations anxieuses,
Trois ans depuis l’entente jugée par certains d’être un exemple d’unité nationale et une image de la coexistence islamo – chrétienne, alors que d’autres estiment qu’elle initierait autre chose,
Trois ans déjà et l’entente est toujours résistante aux défis, jugés infranchissables, et s’apprête à en relever d’autres, notamment avec l’approche des législatives décisives…

Les Libanais entament une nouvelle page et les anxiétés du passé sont éliminées

Le commencement s’est produit le 6 février 2006…
Une scène unique a réuni le Chef de la Résistance au Général de la Réforme, chacun chargé de ses significations nationales, mais aussi confessionnelles.
Une seule image a réuni la Résistance contre l’occupation à la Résistance contre la corruption, « la liberté, la souveraineté et l’indépendance » dans leur large contexte, refusant toute sorte d’intervention étrangère dans les affaires libanaises…
Cette rencontre – évènement que personne n’avait prévu, initiera un nouveau type d’alliance, qui tracera les lignes des prochaines phases au Liban…

En effet, le Chef de la Résistance, Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, sortait d’une expérience remarquable de résistance contre l’occupation israélienne. Quant au Général de la Réforme, le général Michel Aoun, chef du bloc du Changement et de la Réforme, il rentrait de son exil, et sortait également d’une expérience remarquable de lutte contre l’occupation syrienne. Les deux pôles « idoles » se sont rencontrés…
Résultat : l’hostilité prend fin laissant la place à une nouvelle page de rapprochement et de partenariat.

Mais cette nouvelle page ne se limitera pas à la rencontre. Elle sera traduite par un document complet qui instaurera l’entente au niveau de la politique, de la sécurité et même de l’économie.

Selon le député Nawar Al-Sahili, membre du Bloc de la Fidélité à la Résistance, cette entente constitue un pas extrêmement important dans l’histoire du Liban, puisque cette signature a été l’évènement qui a fait basculer le conflit libanais confessionnel en conflit politique. Il souligne également que le document a réaffirmé l’importance de la cohésion nationale et de la coexistence des musulmans et des chrétiens, ajoutant que tous les conflits passés des Libanais n’étaient en fait que des conflits importés dans lesquels on essayait de faire impliquer les Libanais ou de leur faire croire à leur implication.
Al-Sahili note par ailleurs que le Hezbollah et le CPL avaient appelé les autres parties politiques libanaises à se joindre à cette entente, ce que ceux-ci ont refusé de faire. « Peut-être parce qu’ils ont peur de l’alliance entre les forts et les honorables, les forces qui représentent le peuple », suggère Al-Sahili, ajoutant qu’il se peut qu’ils aient refusé de le faire « parce qu’ils n’ont pas de libre-arbitre mais obéissent à des diktats étrangers ».

De son côté, le député Nabil Nicolas, membre du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, affirme que le document d’entente est désormais ancré dans la société libanaise, tout en notant que « l’autre partie l’applique sans le savoir ». Il considère que la stabilité qui règne dans le pays est due à ce document. Nicolas ajoute que ce document a proposé aux Libanais le modèle de la stabilité et de la construction de l’Etat alors que l’autre modèle proposé est celui de l’invasion d’Achrafieh. Le député a noté que ceux qui ne veulent pas se joindre au document d’entente CPL-Hezbollah refusent la stabilité et insistent sur le développement déséquilibré.

L’entente est en cours de test depuis trois ans… faisant face à de nombreux défis !

L’entente a résisté… Du moins c’est ce qu’assurent ses approbateurs qui vont jusqu’à déclarer que « sans cette entente, le pays aurait succombé aux tensions ».
Cette opinion demeure le point de divergence entre les approbateurs et les réprobateurs de l’entente. Toutefois, tous sont conscients des défis auxquels elle a dû faire face.
D’ailleurs, quelques mois après la signature de ce document, le premier et violent défi est survenu: la guerre israélienne menée contre le Liban en juillet 2006. Une guerre sauvage qui a ravagé le pays. Le partenariat s’est alors concrétisé : alors que la Résistance combattait pour remporter la victoire, le partenaire combattait à sa manière, offrant toute sorte de soutien pour renforcer la lutte et, par conséquent, participer au triomphe…

L’entente a donc dépassé le premier défi. Mais avant que les partenaires ne fêtent leur victoire, la lutte contre le gouvernement s’acharnait. A l’époque, l’orange n’en faisait pas partie et le jaune s’en était retiré… Deux raisons suffisantes pour que les partenaires réclament la démission de ce gouvernement, rejetant ainsi la monopolisation de l’autorité. Ce partenariat s’est ensuite poursuivi 537 jours, sous forme d’un sit-in que Beyrouth n’a jamais connu auparavant jusqu’au… 7 mai.
Cette fois aussi, l’orange et le jaune ont confirmé leur union en refusant toute atteinte portée contre la Résistance.
Ainsi est lancée « l’insurrection du peuple » comme ils l’appellent, ou la « blessure de Beyrouth » selon leurs opposants.
Le contenu du document d’entente a alors trouvé une voie de mise en œuvre : le dialogue, considéré comme base pour résoudre les problèmes.

Le dialogue à Doha aboutira à la formation d’un gouvernement d’union nationale où, pour la première fois, le jaune et l’orange y participent côte à côte… Ils ont intégré l’autorité avec un tiers « de garantie » ou « de blocage », pour faire face au défi qu’ils ont tant convoité: la lutte contre la corruption.

Quel avenir attend l’entente dans un pays où tout est politisé ?

La démocratie consensuelle est la base pour gouverner au Liban…
La loi électorale devrait être moderne pour permettre une juste représentation du peuple, dans le but d’instaurer un Etat bénéficiant de la confiance de ses citoyens.
« L’Etat de la loi et des institutions » ne se fonde que grâce à une justice indépendante, éloignée des débats politiques et luttant contre la corruption.

Tous les partis, qui ont participé à la guerre civile, sont responsables de révéler le devenir des disparus et les localisations des cimetières collectifs.

Plus encore… Tous les attentats politiques sont refusés. Le développement des institutions sécuritaires fait partie intégrale de la réforme globale des institutions gouvernementales.

Les relations libano-syriennes doivent être justes et équilibrées… L’identité libanaise des hameaux de Chebaa doit être déterminée, les frontières délimitées et les relations diplomatiques établies. De plus, l’Etat syrien est recommandé de coopérer avec l’Etat libanais pour révéler le devenir des Libanais détenus dans les prisons syriennes.

Les conditions de vie des réfugiés palestiniens dans les camps doivent être améliorées, mais l’implantation est complètement rejetée. De plus, l’affaire des armes palestiniennes hors des camps doit être traitée.

En plus de toutes ces décisions, le dialogue demeure le moyen essentiel pour l’élaboration d’une stratégie défensive nationale approuvée par tous les Libanas. Cette stratégie permettrait de récupérer les hameaux de Chebaa, de libérer les libanais détenus dans les prisons israéliennes et de protéger le Liban du danger israélien.

Tout ce qui précède semble convenir à un programme électoral proposé par un candidat aspirant à la députation. Mais en fait, ce ne sont que les grands titres du document d’entente signé, depuis trois ans, par le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre.
Le document est donc resté limité aux deux partis qui l’ont cosigné, mais il s’est progressivement élargi, pour regrouper les alliés des deux partis…

Quoi de plus ? Quel avenir attend cette entente ? Sera-t-elle toujours « protectrice de l’union nationale » en dépit de son étroite représentativité ? Pourra-t-elle dépasser les élections cruciales qui semblent être le plus dur examen ?

Selon ses détracteurs, l’entente est un accord entre deux groupes politiques… et il serait « regrettable » que certains le lient à la cohésion nationale !

Ainsi, l’entente entre le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre est conçue par leurs supporters comme une source de lumière dans l’histoire du Liban, une phase remarquable et un accomplissement dont les Libanais se souviendront de par les temps.

Par contre, leurs opposants manifestent une attitude différente.
Les opposants n’ont donc décelé dans cette entente aucune assurance quant à l’avenir du pays. Espérant qu’elle réussira à rapprocher les Libanais, ils ont quand même émis leurs doutes vis-à-vis des intentions des auteurs de ce document d’entente.

Parmi les opposants à cette entente, le député Ammar Houri, membre du bloc du Futur, affirme que l’entente signée entre le Hezbollah et le Courant Patriotique Libre est, sur le plan formel, « un accord établi entre deux parties politiques qui ont le droit de se rencontrer, vu qu’elles évoluent dans un système démocratique, et personne ne peut les en empêcher ». Toutefois, il juge « honteux » que ce document soit considéré, par certains, comme « la barrière qui a empêché que les régions chrétiennes soient envahies le fameux 7 mai », comme si, de même, « sans le document d’entente, le Hezbollah aurait envahi la partie est de Beyrouth », selon les dires de Houri.
Il ajoute que cette entente est un document politique qui concerne ses auteurs. Toutefois, il note que son contenu est loin de ressembler au programme électoral qu’a adopté le Courant Patriotique Libre lors des législatives de 2005. De plus, ce document diffère énormément du témoignage du général Aoun au Congrès américain, rappelle Houri.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :