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Ce que la mort de Mansour Rahbani ne saurait effacer…

Posted by jeunempl sur janvier 17, 2009

Hechmi KHALLADI – Le Temps

« Nous avons perdu le dernier des Grands, a déclaré le poète libanais Paul Chaoul, Mansour a rejoint sa seconde moitié Assi. Vous ne pouvez pas parler de Mansour seul. Ils sont connus comme les frères Rahbani qui ont été à l’origine d’une révolution de la musique… »

Quand le destin a réuni pour la première fois les Frères Rahbani et la chanteuse Fayrouz qui en était alors encore dans ses débuts, on ne savait pas que ce trio constituerait les partisans du renouveau de la musique arabe. Les deux frères, Assi et Mansour, ont trouvé dans la douce voix séraphique de Fayrouz la plate-forme sur laquelle ils vont ériger leur nouvelle musique cosmopolite qui, sans jamais rompre avec la musique traditionnelle arabe, tend à sortir cette dernière de la léthargie dans laquelle elle s’est plongée. Il s’agit pour les Frères Rahbani de revisiter l’héritage musical oriental, empreint de monophonie, pour lui donner une dimension polyphonique et universelle, par l’introduction de nouveaux genres musicaux et de nouveaux instruments capables de jouer plusieurs notes à la fois. Il va sans dire que des efforts dans la voie de la modernisation de la musique arabe ont été déjà effectués par les maîtres de la musique égyptienne, notamment Mohamed Abdelwahab et Farid Latrach, qui ont insufflé de nouvelles tendances sur la scène musicale arabe avec l’apparition des premières opérettes et des premières comédies musicales en Egypte.
Les travaux des Frères Rahbani viennent sans doute consolider les efforts de leurs prédécesseurs, tout en se démarquant légèrement, histoire de faire de la musique libanaise une musique tout à fait singulière et confirmer la spécificité libanaise, faisant de la chanson libanaise le miroir du peuple libanais et l’image évocatrice de la vie villageoise et montagnarde, de la nature et des traditions, du patriotisme et de la nostalgie.
En effet, dès leur rencontre avec la chanteuse libanaise, les deux frères commencèrent à mettre en œuvre leur propre vision de la musique en général et de ce qu’on appelle aujourd’hui la « musique libanaise » qui a fait et fait encore ses preuves. Les Rahbani composèrent tout un répertoire de chansons populaires avec de nouveaux arrangements, comme « Elbint Elshalabia » et tant d’autres. Et depuis les chansons, écrites par Mansour et composées par Assi, se succédèrent et firent un grand tabac non seulement au Liban mais aussi dans le monde arabe tout entier. Le trio ne tarda pas de jouir d’une renommée à l’échelle mondiale. Après la mort d’Assi, Mansour avait continué à composer des comédies musicales, dont la dernière, «Le retour du Phénix », actuellement jouée au Liban.

C’est dans la nuit du 31 août 1957 que le premier concert de musique libanaise fut donné au festival de Baalbeck dont l’ouverture fut signée par ce trio : c’est là que Fayrouz lançait de sa voix divine : « Loubnan Ya Akhdar, ya Hélou.», la fameuse chanson écrite par le talentueux Mansour et composée par le virtuose Assi, devenu trois ans auparavant l’époux de Fayrouz. Cette création fut suivie par d’autres plus performantes, toujours signées par les Frères Rahbani, comme « Nehna Wel Amar Jiran » ; d’autres chansons beaucoup plus créatives évoquant l’amour, la dignité, la patrie et la tolérance ont été écrites par Mansour dans un dialecte purement libanais qui gagnèrent très vite les pays arabes et furent appréciées par les mélomanes arabes influencés jusqu’alors par le dialecte égyptien qui régnait depuis de longues dates sur la chanson, le théâtre et le cinéma. Mansour ne cachait pas sa détermination à propager le dialecte libanais dans le monde arabe à travers la chanson : « Personne ne se rendait compte que d’une certaine manière, la poésie égyptienne ne convenait pas au Liban », disait-il. Et pour pousser plus loin la comparaison, il déclarait : « Les poèmes égyptiens sont charmants et tendres comme de l’eau de rose. Ils parlent de fleurs et de couleurs qui n’existent pas chez nous ou de la nostalgie des amoureux et des amants. Nos poèmes au contraire devraient se référer au Liban, aux plantes piquantes, à la nature imprévisible, au contraste entre les montagnes et la mer. La terre, la végétation et le vent du Liban devraient être présents aussi dans notre musique.» Cette forme nouvelle dans les paroles et cette nouvelle gamme de nuances musicales introduites par les Rahbani suscitèrent une réaction violente des traditionalistes qui les considéraient comme une « hérésie » qui pourrait nuire à la tradition musicale arabe. Mais les frères Rahbani, pour montrer qu’ils ne reniaient jamais les origines de la musique arabe, répondirent par un « Dawr » de Sayed Derwiche : « Zourouni Kol Sana Marra », oeuvre purement classique mais toujours avec une orchestration moderne. La chanson engagée ne passe pas inaperçue chez ce trio musical : plusieurs chansons dédiées à la Palestine, telle que « Nous retournerons », « Médina del kods » qui furent de vrais chefs-d’œuvre. Même après la mort de son frère, Mansour Rahbani continuait sa mission artistique en écrivant et en composant d’autres chansons auxquelles la génération d’aujourd’hui voue une grande admiration.

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