Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Gibran Bassil, portrait d’un ministre pas comme les autres

Posted by jeunempl sur janvier 6, 2009

Luc Balbont

Gebran Bassil - Tayyar CPLDes mots écrits sur un tifo accroché entre deux maisons, de part et d’autre de la route qui mène vers les montagnes de l’arrière pays :  « La ta’rafou a’lal Batroun, Gibran ra’iyha » …  » N’ayez pas peur pour Batroun, Gibran la protège. » Gibran Bassil est devenu la nouvelle grande figure de Batroun. Gendre du général Michel Aoun, Gibran est depuis le départ des troupes syriennes du Liban en 2005 [correction: depuis les accords de Doha], le ministre des Télécommunications.

Petit de taille, le crâne légèrement dégarni, agé d’une quarantaine d’années ; si son physique n’est pas celui d’un tribun des scènes politiques, son travail est apprécié. C’est un gros bosseur, honnête, qui s’est mis au service de son pays, sans arrière pensée clanique, ni – ce qui est rare dans ce pays- sans parti pris confessionnel. Chrétien maronite, le ministre des Télécoms est Libanais, avant tout Libanais. Contrairement à ces fils de familles influentes qui, ici, héritent des charges politiques de leur père, Gibran Bassil a dû se battre pour se faire une place, et a connu une longue traversée du désert jusqu’au départ de l’occupant syrien. Des épreuves qui lui ont donné une modestie inhabituelle chez un homme de pouvoir libanais. A Batroun, beaucoup l’ont connu quand il était obligé, pour vivre, de vendre des vêtements qu’il allait acheter lui même en Turquie. En souvenir de cette époque, Gibran Bassil a su rester proche des gens. Pourvu qu’il ne change pas. Aujourd’hui, à la tribune du « Congrès National Chrétien » qu’il préside, devant un parterre d’élus locaux, il parle avec compétence de problèmes concrets : le manque de voies de communications, le réseau internet trop vite saturé, les négligences de l’Etat en matière d’environnement. Pas de discours politiciens en campagne. Le ministre stigmatise avec force la mainmise du clan Hariri (famille de l’ancien Premier ministre assassiné en 2005), qui par la société immobilière « Solidere » dont elle est propriétaire, achète chaque année des milliers d’hectares de terrains, sans demander la moindre autorisation à l’Etat, comme le veut la loi. Gibran veut éradiquer ces moeurs mafieuses de la vie politique libanaise, où se mêle public et privé. Il est sincère. Aura-t-il la volonté d’aller jusqu’au bout de son combat? Et le laissera-t-on faire? Ne tombera-t-il pas comme les autres dans ces combines claniques qui minent et empoisonnent le Liban? L’homme incarne aujourd’hui un nouveau profil d’homme politique libanais. Pourvu que ça dure, et que d’autres suivent son exemple.

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