Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Le Hezbollah n’ouvrira pas un deuxième front au Liban

Posted by dodzi sur décembre 30, 2008

Sibylle Rizk – Le Figaro

AFP

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants ont assisté au discours de Hassan Nasrallah, dans un stade de la banlieue sud de Beyrouth. Le chef du Hezbollah a concentré ses attaques contre les «élites et certains médias arabes» accusés de collusion avec Israël. Crédits photo : AFP

Les nombreuses manifestations de soutien aux Palestiniens organisées à Beyrouth restent pacifiques.

Le Liban retient son souffle depuis le début de l’offensive israélienne sur Gaza par crainte d’une extension du conflit sur son territoire. Le parallèle avec la guerre de juillet 2006 qui avait duré 33 jours est dans tous les esprits et une réédition de ce scénario serait vécue comme une catastrophe nationale. En tournée dans le sud du pays, le président de la République Michel Sleimane s’est voulu rassurant en affirmant que le Liban «n’est pas une arène pour les conflits».

Les nombreuses manifestations de solidarité avec les Palestiniens qui se tiennent depuis ce week-end un peu partout dans le pays devraient de fait rester pacifiques. «Nous nous sacrifierons pour Gaza par notre âme et par notre sang », ont scandé des jeunes de différentes obédiences devant l’ambassade d’Égypte à Beyrouth ou le siège des Nations unies dans le centre-ville de la capitale. «Nous transformerons nos corps en bombes contre tous les sionistes dans le monde», affichaient des pancartes dans les camps palestiniens de Beddaoui et de Nahr el-Bared, dans le nord du Liban.

Mais les propos du secrétaire général du Hezbollah, seul acteur en mesure de riposter militairement, écartent pour l’instant l’hypothèse d’un engagement de son parti auprès du Hamas assiégé, même s’il dit avoir «demandé aux résistants dans le Sud de rester en état d’alerte». Selon le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, le Hezbollah a triplé sa capacité militaire depuis la guerre de l’été 2006 et il disposerait d’environ 40 000 missiles en mesure d’atteindre le territoire israélien.

L’armée libanaise et la Force intérimaire de l’ONU déployée dans le sud du Liban en vertu de la résolution 1 701 sont, elles aussi, sur le qui-vive.

Hassan Nasrallah a qualifié de «piège tendu par des agents israéliens  » la présence de Katioucha prêtes à être lancées dans une région qu’il contrôle près de la frontière avec Israël. La découverte de ces roquettes en fin de semaine dernière par l’armée avait ravivé la tension au Liban, le Hezbollah étant accusé par la coalition du 14 mars, majoritaire au Parlement, de se comporter en «État dans l’État» et de prendre le risque de déclencher une nouvelle guerre avec Israël pour le compte de son allié iranien.

«Troisième intifada»

«La position du Hezbollah est claire, il n’ouvrira pas un deuxième front», analyse Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center. «C’est symptomatique qu’il se contente d’en appeler à une réunion urgente de la Ligue arabe.»

«Le Hezbollah n’a pas de raison d’intervenir à ce stade», confirme Ibrahim el-Amine, directeur de la rédaction d’al-Akhbar, un quotidien réputé proche du Parti de Dieu. «La question est de savoir comment la situation évoluera sur le terrain à Gaza, et si Israël choisira d’ouvrir un, voire deux autres fronts au Liban et en Syrie», ajoute-t-il, faisant référence aux «dizaines de milliers de soldats israéliens massés à la frontière nord de l’État hébreu».

Hassan Nasrallah a prononcé deux discours en moins de 24 heures dont l’un lundi devant des dizaines milliers de ses partisans rassemblés dans un stade de la banlieue sud à l’occasion du début des cérémonies commémoratives de l’Achoura célébrant le martyre de Hussein, un événement fondateur pour le chiisme. Appelant les Palestiniens à une «troisième intifada», il a surtout concentré ses attaques contre les «élites et certains médias arabes» accusés de collusion avec Israël.

Le chef du Hezbollah dont l’audience dépasse le seul cadre libanais cherche ainsi à «accentuer la pression sur l’Égypte pour qu’elle ouvre le passage de Rafah, ce qui permettrait au Hamas de tenir», explique Paul Salem.

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