Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Questions au Dr. Elie Haddad au sujet de la visite du général Aoun en Syrie

Posted by jeunempl sur décembre 22, 2008

RPLFrance.org

Dr. Elie Haddad - Président du RPL France

Dr. Elie Haddad - Président du RPL France

Médecin Endocrinologue, Praticien Hospitalier des hôpitaux de France, Le Docteur Elie Haddad, est :

  • Diplômé de Docteur en Médecine de l’USJ, diplômé de la spécialité de la Faculté de Médecine de Toulouse
  • Membre du RPL depuis 1989
  • Président RPL-Auvergne depuis 1990 (plusieurs actions dont visite du Général au Puy, des émissions radiophoniques,..) et depuis 2001 président RPL-Picardie
  • Vice-président national depuis 1995
  • Membre fondateur du CPL
  • Président national du RPL depuis 2006.

Ayant participé activement et sans interruption à l’action du RPL et à son rayonnement depuis le début et ayant œuvré auprès du Général Aoun dans la libération du Liban. Son engagement reste intact pour continuer la lutte afin d’aboutir à l’émancipation et la démocratisation de la société libanaise, seuls garants d’une souveraineté et d’une indépendance définitives.

E. ABOU JAOUDE : Pour être franc, je suis particulièrement déçu de la communication entourant la visite du Général Aoun en Syrie. Un évènement aussi important méritait une communication adéquate et claire de la part du CPL, notamment sur les raisons et les objectifs de cette visite. Serait-il possible d’avoir maintenant des informations à ce propos ? Qu’en est-il tout particulièrement de la question des détenus et disparus en Syrie (sans langue de bois) ? Du bon traitement de cette question dépendra le début du rétablissement de relations normales avec la Syrie.
En vous remerciant pour votre réponse et bien cordialement,

Dr. Haddad : Cher Elias, En terme de communication tout d’abord, je suis convaincu qu’il faut toujours faire plus, d’autant plus pour une visite, aussi historique que celle-ci. Dans l’inconscient des gens, le nom du Général Aoun s’est lié au combat contre l’armée syrienne alors force d’occupation du Liban., d’où l’importance de rappeler le contexte, les tenants et les aboutissants en toute transparence.
Votre question englobe pratiquement tous les éléments importants et je vais tenter d’y répondre.
Concernant les raisons et objectifs, le Général les a bien développés lors de ses interventions et sont principalement des objectifs de fond en rapport avec le contexte géostratégique régional. Deux raisons principales :
1. Ouvrir, enfin, une nouvelle page avec un pays voisin qui entoure notre pays par plus de 250 km et avec qui, nous n’avons que le choix de l’entente et de l’établissement de bonnes relations. Le Général l’avait d’ailleurs fixé comme objectif depuis 1989 et l’a martelé, à maintes reprises, même pendant les dures années d’exil et de combat avec le régime syrien. Aujourd’hui, nous avons les éléments de base qui permettent l’établissement de ces relations : le retrait de l’armée syrienne, la reconnaissance définitive de l’existence du Liban à travers la représentation diplomatique et l’accord officiel établi par les deux chefs d’état libanais et syrien.
2. Renforcer la présence des chrétiens d’Orient et redéfinir leur message afin de renforcer la tolérance et refaçonner ce coin du monde qui vit actuellement sur un volcan d’extrémisme et de guerre. Ce point sera détaillé dans une question suivante ; il est hautement important car il faut savoir la limite du religieux et du politique dans ce type de débat.

Concernant les détenus et disparus, permettez-moi tout d’abord d’être fier que ce sujet revienne régulièrement dans notre rhétorique et au sein de notre réflexion politique, preuve, s’il en fallait une, de la profondeur de l’engagement et des convictions des Aounistes. Tout d’abord, notre mouvement a été le premier à mettre cette question dramatique sur la table depuis 1990 alors que tous les autres voulaient l’esquiver. Les Aounistes ont lancé différentes actions concrètes, y compris de la France, afin de na pas oublier ce drame humain. Nous l’avons fait par devoir et par conviction, c’était la moindre des choses. Nous sommes toujours, et nous resterons attachés à ce dossier pour lui trouver une solution, car il fait partie de notre conscience et de notre combat.
Cependant, il est temps de revoir les moyens et les adapter aux données nouvelles afin que ce dossier puisse aboutir. Sous occupation syrienne et en l’absence de gouvernement responsable et libre, nous avions un rôle de première ligne dans l’action. Actuellement, avec la sortie de l’armée syrienne, il est indispensable que tout les acteurs puissent assumer leurs responsabilités dans ce dossier : le président de la république, le gouvernement et son chef, le parlement, la justice, l’autorité militaire. Il faut absolument utiliser tous ces moyens actuellement disponibles et de façon coordonnée afin de pouvoir aboutir à une solution.
Rassurez-vous tous : ce sujet reste prioritaire dans l’action du CPL, que le RPL soutient à fond, mais nous voulons qu’il aboutisse et qu’il ne reste plus un sujet de revendication sans fin.

JN Houjeily : Je vis actuellement aux Pays-bas le pays orange après notre chère patrie le Liban bien sûr!
J’étais partisan du RPL pendant mes années d’études en France et je me suis retrouvé ici depuis à peu près 2 ans car j’ai trouvé un travail ici.
Vu que l’histoire de ma vie n’est pas très intéressante je vais aller droit au but en vous posant ma question.
Ayant lu et relu l’histoire de mon pays pendant des jours et des nuits, ayant compris le rôle que la Syrie a joué pendant et après la guerre du Liban (1975-90), ayant soutenu le général Aoun depuis mon adolescence à l’école au Liban, lisant le site et les articles de notre site Internet au quotidien, ayant suivi les positions du GMA pendant les 10 dernières années… J’ai un doute quant à cette visite en Syrie.
Je ne doute pas qu’une page de haine, de guerre et de sang doit être tournée avec la Syrie un jour mais en même temps je ne voudrai jamais oublier et je transmettrai a mes enfants un jour l’Histoire et la « misère » que le gouvernement et l’armée de ce pays nous a fait subir.
Le GMA a toujours accusé la Syrie d’être impliquée dans les assassinats, les guerres, les attentats qui ont eu lieu ces 30 dernières années au Liban. Il est même allé au Congres américain pour changer l’opinion du monde et montrer tout ce que ce régime nous a fait subir et à plusieurs reprises a demandé des comptes a la Syrie.
Voir par exemple cet extrait:http://www.dailymotion.com/video/x46iee_aoun-accuse-la-syrie_events
On a toujours soutenu ses positions et c’est grâce a ces dernières qu’on a pu sortir l’armée syrienne de notre patrie.
N’est il pas encore tôt pour un tel revirement?
N’est ce pas un cadeau qu’on offre à la Syrie sachant qu’ils n’ont toujours pas été jugés pour tous les crimes qu’ils ont commis contre nous?
Ne serait-on pas en train de tourner une page bien avant l’heure?
Qu’en est-il des promesses d’un tribunal qui jugera tous ces crimes et ces criminels?
Qu’en est-il de la mémoire de nos martyrs?

Dr. Haddad : Cher Jean Noël,
Je voudrais reprendre des mots clefs de votre question et essayer d’y répondre :
Oubli : Je vous renvoie sur ce qu’a dit le Général à ce propos : il ne faut surtout pas oublier pour ne pas commettre les mêmes fautes et pour apprendre du passé, mais il faut savoir avancer, car il s’agit bien de bâtir l’avenir.
Positions du Général : Le Général ne renie aucune de ses positions prises durant la lutte contre l’occupation syrienne. Il l’a dit devant les étudiants à l’Université de Damas «nous venons d’une histoire lourde de drames et d’affrontement ». Nous assumons tout, le combat comme la paix.
« Tôt » : Là, vous posez la question du timing de la visite. Ce qui est clair, c’est qu’elle est venue après la reconnaissance officielle du Liban (établissement des relations diplomatiques), après l’ouverture officielle sur la Syrie, tant au niveau local (visite du président Sleiman) qu’international (visite du président Sarkozy, des émissaires américains,..)
« Revirement » : Je développerai ce point dans la question de Mr Ingea.
« Cadeau » : Dans les relations diplomatiques, il n’y a pas de cadeaux mais des intérêts. Vu l’évolution de la situation dans la région et le changement de données, je ne pense pas que les européens et les américains offrent un cadeau à la Syrie, mais plutôt essayent de se repositionner.
« Jugement » : La procédure du tribunal international est lancée depuis de longs mois, il parait qu’elle va commencer à aboutir bientôt. Nous attendons, avec impatience ses résultats pour rétablir les vérités et instaurer la justice. Mais le Général Aoun ne peut pas se substituer aux juges ; il reste dans son rôle de responsable politique avec une envergure régionale et se conformera à la décision du gouvernement libanais une fois que la justice internationale aurait dit son dernier mot.
« Mémoire des martyrs » ; J’ai eu la chance et l’honneur de côtoyer le Général. J’ai vu ses larmes quand il évoque ses compagnons tombés sur le champ de bataille. Soyez rassurés : ce combat est celui de tous les martyrs du Liban qui sont morts « pour que vive le Liban », donc pour envisager la paix et la concorde. Les martyrs seront sûrement tranquilles, là où ils sont, de savoir que le Liban a été libéré et que la souveraineté est retrouvée, grâce à leurs sacrifices. .

J. JURAMY : Y a-t-il des prisonniers libanais en Syrie qui possèdent une double ou une triple nationalité derrière la législation desquelles le Général pourrait demander des mesures particulières ou agiter la menace de procédures judiciaires extra libanaises ? Voire amener à les intenter ?

Dr. Haddad : Cher Jean, J’ai pris contact avec les responsables des associations de défense des détenus et disparus en Syrie. Les informations disponibles à ce jour ne révèlent pas la présence de ressortissants français parmi les « prisonniers ». J’attends cependant de plus amples informations à ce sujet. Dossier à suivre.
M. Ghosn : permettez moi de faire l’avocat du diable et de vous poser les questions suivantes…
Une visite à un ennemi d’hier c’est pour reconstruire les liens et renforcer la paix mais…
Est ce que le régime syrien a reconnu ses massacres au Liban?
Est ce que le régime Syrien s est excusé du peuple libanais?
Est ce que le régime syrien a libéré les Libanais détenus dans ses prisons?
On entend toujours les syriens dire qu’ils étaient au Liban a la demande des Libanais et pour protéger les Libanais, ils n’ont même pas reconnu qu ils occupaient le pays…
Alors pourquoi la visite du général? Quel est son intérêt?
Je suis d accord qu’il faut reconstruire les liens, mais est ce que les syriens ont avoue leurs erreurs? Est ce que c est a nous, les libanais, les agresses, de tendre la main?

Dr. Haddad : Cher Tony, Je vous réponds sans détour : Non, la Syrie n’a pas reconnu les massacres, ne s’est pas excusée des libanais, n’a pas libéré les prisonniers. Mais, le travail de mémoire et de réparation ne peut se faire que par deux biais :
1. La justice : C’est aux juges, ou à l’histoire, de juger des actes et de demander des comptes,
2. La politique : à travers une discussion franche et honnête qui vise à apprendre des erreurs du passé et bâtir l’avenir en préservant les intérêts supérieurs.
Il ne se fait, en aucun cas, par une poursuite d’une guerre sans fin.
Le Général a rempli son « devoir » historique en tant que leader, celui de refuser l’occupation, de lutter pour la libération et de la faire aboutir. Il ne peut pas à lui seul se transformer en tribunal international pour juger les crimes et en pouvoir international pour imposer le blocus total.
A l’inverse, en tant que leader historique, ayant été le principal contributeur de la libération, mais avec le souci de renforcer la paix et la souveraineté et de préserver les intérêts du Liban, il a jugé utile de s’ouvrir sur la Syrie, dans un moment stratégique où l’état libanais (visite du président Sleiman) ainsi que les puissances occidentales (visite du président Sarkozy) ont décidé de tourner la page.
O. INGEA : Docteur Haddad, ne trouvez-vous pas qu’il y a plus de continuité et de cohérence entre Assad-le-fils et Assad-le-père qu’entre Aoun-de-retour et Aoun-notre-général ?

Dr. Haddad : Cher ami, avant de parler de « cohérence », il faudra qu’on soit d’accord tout d’abord, que la situation a bien changé, entre 1989 et 2005, voire 2008.
• Les « twin-towers » sont tombés, entraînant le 11 septembre et son cortège de guerres et de conflits,
• Par conséquent le repositionnement américain, requalifiant la Syrie comme force d’occupation au Liban (le 14 mars 2003 d’ailleurs par Colin Powell) ,
• L’action concertée des libanais et du monde ayant abouti à l’évacuation du Liban par l’armée Syrienne en avril 2005,
• Le retour du Général Aoun au Liban après 15 ans d’exil,
• La reconnaissance mutuelle entre les deux pays et la mise en place prévue de représentations diplomatiques,
• L’engrenage américain en Irak (et ailleurs) et les risques sérieux d’explosions confessionnelles dans la région et au Liban,
• Le risque, de plus en plus réel et pressant, d’assister à l’implantation des palestiniens au Liban, au dépend de centaine de milliers de libanais.

Par conséquent, face à ces modifications radicales, il est tout à fait indispensable d’adapter l’action politique en fonction de la seule constante qui reste immuable : la protection des intérêts du Liban et le renforcement de sa souveraineté.
En prenant les choses de ce biais là, vous comprendrez aisément l’action du Général (c’est d’ailleurs le contraire qui aurait été incompréhensible).
D’ailleurs, l’homme visionnaire qu’est le Général avait prévu ce redressement de situation depuis 1989, annonçant l’ouverture sur la Syrie dès le retrait de ses troupes du Liban.
B. Hammoud : A votre avis, les visites du Général Aoun en Iran et puis en Syrie ont une dimension nationale / chrétienne, ou simplement prépare les prochaines élections législatives?

Dr. Haddad : Franchement, je ne vois pas l’intérêt électoraliste dans ces visites. D’ailleurs, à en croire nos adversaires politiques, le Général devrait subir les conséquences négatives de ces visites sur sa popularité et son aura !!
A mon sens, ces visites arrivent dans un contexte géopolitique régional bien précis, afin de renforcer la souveraineté et la paix au Liban et de replacer les chrétiens d’Orient dans leur milieu naturel et les rassurer.
Par ce biais là, les électeurs auront à juger de l’action, à évaluer la contribution du Général et son rôle, face à des adversaires embourbés dans leurs jeux politiciens sans aucune envergure.
B. Karam : Le général Aoun ne prend-il pas des risques en plaçant les chrétiens sur un axe syro iranien, en conflit avec les américains? Le schéma du 13 octobre ne risque-t-il pas de se reproduire?

Dr. Haddad : Le Général Aoun n’est pas du tout en train de placer les chrétiens dans tel ou tel axe ; il est en train tout simplement de les ramener à leur milieu naturel, celui de l’Orient.
Depuis de longues années, les chrétiens ont toujours été considérés comme une sorte de « pièce rapportée », des alliés systématiques d’un occident hostile, voire même de l’état hébreu, l’ennemi déclaré. Ils ont subi les conséquences de cette classification, à travers des massacres, des exodes ou des marginalisations. Ils ont perdu en influence et en poids démographique, réduisant la méditerranée orientale à un terrain d’affrontements entre sunnites et chiites.
Or, les chrétiens orientaux font partie des propriétaires de cette terre et ont un rôle majeur à jouer dans son évolution, dans sa pacification et dans l’édification de son avenir loin de l’extrémisme et de la haine.
Cette position répond surtout à un besoin de retour aux sources, et non pas à s’affronter avec telle ou telle force internationale.
Rassurez-vous, cher ami, le schéma du 13 octobre ne se reproduira plus jamais : nous ne sommes plus seuls dans cette bataille et les américains sauront, un jour ou l’autre, que nous pouvons être leurs interlocuteurs privilégiés car nous pouvons leur parler en toute transparence et nous pouvons leur transmettre sans détour la réalité de la situation afin de leur éviter de nouveaux échecs.
C. Ezzedine : La popularité du Général Aoun parmi les chrétiens ne risque-t-elle pas de prendre un coup dur suite à cette visite?
C’est ce que nous prédisent nos adversaires !!!

Dr. Haddad : Personnellement, je suis convaincu du contraire : les libanais en général et les chrétiens en particulier, comprendront vite l’intérêt de cette visite et réaliserons la stature du Général, en tant que leader historique et visionnaire. Ils verront surtout le désert politique dans lequel évoluent nos détracteurs, confinés à la basse manipulation médiatique et à un rôle de réaction à la traîne, incapable d’apporter des propositions ou de prendre des initiatives.
D’ailleurs, les dernières statistiques confirment largement cette analyse.

J. HANNA : Est-ce qu’on peut toujours considérer le CPL comme parti laïc ?

Dr. Haddad : Cher Jihad, le CPL reste, plus que jamais, un parti laïc et convaincu qu’il n’y a que la laïcité qui peut apporter, à terme, le salut à la société libanaise.
Il est cependant indispensable qu’on se mette d’accord sur des éléments de réflexion de base pour se comprendre :
1. La laïcité n’est pas l’athéisme, loin de là.
2. On ne pourra pas imposer la laïcité du jour au lendemain par un pouvoir magique dans un pays miné par les conflits confessionnels.
3. Il faudra donc faire un travail scientifique et de terrain pour faire évoluer cette société en gardant la laïcité comme objectif stratégique.
4. La pierre angulaire de cette voie qui devrait aboutir à la laïcité est la convivialité entre les différentes communautés de base constituant la société. Chacune de ces communautés doit être sécurisée et rassurée sur son présent et son avenir afin qu’elle puisse se débarrasser de ses démons confessionnels et évoluer par la suite.
5. Quand on parle de chrétiens, nous évoquons la dimension politique de cette communauté qui est l’une des composantes de la nation et non la dimension religieuse ou liturgique. Tout comme ceux qui défendent les québécois au Canada, ou les wallons en Belgique, ils défendent la communauté francophone politique et non la langue en soi (ils ne sont pas obligatoirement membres de l’Académie Française par exemple !). Quand le Général s’adresse aux chrétiens, ce n’est pas pour les inviter à la prière mais pour leur demander de rester dans leur terre : ça change tout.
Par conséquent, notre responsabilité de défendre cette communauté politique est tout à fait justifiée, d’autant plus que la loi électorale de 2005, que nous avons du accepter, nous a désignés comme ses représentants légitimes au parlement libanais.

Par ailleurs, à travers l’action du Général, au Liban mais aussi dans la région, il a prouvé que cette dimension politique est indispensable pour imposer la paix et retirer les fils explosifs d’une situation hautement conflictuelle. A travers son entente avec le Hezbollah par exemple, le Général a déplacé le débat sur le terrain démocratique (majorité-opposition) alors que les autres belligérants le prédestinaient à des fins guerriers.

R. DUEZ : L »accueil du Général en Syrie était digne d’un président, ne pensez vous pas qu’il y ait un message ou UN BUT POLITIQUE derrière? Cela peut il être inquiétant?
Merci pour votre réponse et salutations.

Dr. Haddad : Chère Randa, l’accueil était effectivement très important, tant au niveau officiel (l’objectif de votre question j’imagine) que populaire.
Sur le plan officiel, l’accueil témoigne d’une reconnaissance de la part des syriens des différents attributs du Général que l’on peut résumer comme suit :
• Un adversaire honnête, qui ne poignarde pas dans le dos, qui déclare la guerre quand il le faut mais sait faire la paix quand il le faut aussi,
• Un leader courageux et patriote qui sait prendre les positions qui s’imposent dans l’intérêt de son pays et de son peuple,
• Un chef qui a su s’engager aux côtés de la résistance quand elle défendait le Liban et jouer ainsi un rôle décisif dans l’issue de la bataille,
• Un leader « chrétien » qui essaye de ramener cette « communauté » vers son milieu naturel,
• Un homme d’état visionnaire qui a fait la preuve de sa clairvoyance,
Je ne vois pas ce qui peut être « inquiétant » derrière cet accueil. Les syriens connaissent bien le Général maintenant ; ils savent qu’il n’a rien renié de son histoire ni de ses propos, restera prêt à défendre son pays à tout moment s’il est encore menacé, mais travaille surtout pour bâtir l’avenir. Et pour lui, comme il le dit, la voie naturelle de l’avenir c’est la paix, la confrontation et le conflit ne doivent être que passagers.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :