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Les Chrétiens d’Orient

Posted by jeunempl sur novembre 19, 2008

Libnanews – MF

La Constitution irakienne est claire : « L’islam est la religion de l’Etat et une source principale de la loi ». Autrement dit, la démocratie irakienne est condamnée à « résister » à la charia. La Constitution reconnaît aux chrétiens une liberté religieuse limitée (libre appartenance à une religion et libre exercice du culte). Cette liberté leur est concédée et peut donc être annulée. Les chrétiens d’Irak sont donc soumis à l’état de dhimmitude. Des miliciens tentent de les soumettre à payer l’humiliante jizya, l’impôt de capitation (taxe, tribut ou encore amende) pour « s’excuser » d’être chrétiens et donc « inférieurs » et qui n’a plus été imposée dans un pays musulman depuis un siècle. Des leaders musulmans appellent à la « protection » des chrétiens d’Irak qui subissent le meurtre, l’humiliation, l’oppression, la répression, l’exode, l’émigration et même un génocide (n’ayons pas peur des mots !) or, là encore, l’idée d’une « protection » des chrétiens par les musulmans s’inscrit dans l’état de dhimmitude… Il n’est pas ici question d’interpréter négativement leur appel ou de mettre en doute leur sincérité mais les termes utilisés renvoient aux chrétiens l’image de l’état de dhimmitude…

L’Islam est religion de l’Etat en Irak mais aussi en Egypte, en Jordanie, en Palestine et bien sûr en Arabie Saoudite et en Iran. Quant à la législation, constitutionnellement liée à l’islam, on la retrouve en Irak mais aussi en Egypte, en Jordanie, en Palestine et bien sûr en Arabie Saoudite et en Iran. La constitution syrienne a omis la mention de l’islam comme religion d’État mais l’article 3 affirme: 1) La religion du Président de la République est l’islam. 2) La doctrine islamique est une source principale de la législation. S’il est vrai que les chrétiens bénéficient de la politique d’alliance des minorités conduite par la famille alaouite Assad, ils sont d’un autre côté obligés de se soumettre au pouvoir baathiste car la chute de celui-ci les mettrait en danger surtout si les Frères musulmans s’emparent de l’Etat. Si Israël ne dispose pas à proprement parlé de constitution, il n’en demeure pas moins que la distinction entre l’Etat et la loi d’une part et le judaïsme d’autre part n’est pas toujours évidente… En Orient, si l’on y en retire le Liban, les chrétiens sont donc « constitutionnellement » des dhimmis. Bachir Gemayel décrivait la situation des chrétiens vivant dans l’état de dhimmitude comme étant la suivante : «Ils mangent, ils boivent, ils travaillent, ils procréent. Leur condition se résume à cela. Politiquement, ils n’ont aucun droit. Leur sécurité est, je dirais, bestiale. Ils sont à la merci du moindre incident. » Devenu à son tour commandant en chef des Forces Libanaises, Fouad Abou Nader déclara: « Nous rejetons la sécurité que l’on offre aux dhimmis, car nous estimons que la liberté est plus importante que la sécurité. » Lors de la conférence du Front de la Liberté du 24 octobre dernier, Dr Fouad Abou Nader, coordinateur général du mouvement, revendiqua des garanties politiques et constitutionnelles assurant aux chrétiens une participation libre et équilibrée à l’Etat fédéral iraquien et insista sur la nécessité de fonder un Centre pour les chrétiens d’Orient, chargé d’évaluer la situation des chrétiens au Moyen-Orient et de trouver une solution.

Le Liban n’a pas de religion d’Etat mais sa démocratie est confessionnelle et le dimanche est chômé. Les chrétiens peuvent y vivre en toute liberté et égaux avec les musulmans. C’est en cela que le Liban est une patrie pour les chrétiens en Orient. Ce qui ne signifie nullement que nos compatriotes musulmans en doivent être exclus. Bien au contraire. En effet, comme le disait l’imam Moussa Sadr et le reprend aujourd’hui la Constitution, le Liban est la patrie définitive de tous ses fils. Ainsi, si le chrétien peut y vivre en toute liberté et égal avec le musulman alors le musulman peut aussi y vivre en toute liberté et égal avec le chrétien.

Dans son dernier discours, le 14 septembre 1982, Bachir Gemayel déclara : « Nous, en tant que chrétiens, au Liban, au nom de tous les chrétiens d’Orient, nous pouvons dire : « le Liban n’est pas un foyer national chrétien, mais le Liban est une patrie pour les chrétiens, pour d’autres que nous s’ils le veulent, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que c’est une patrie pour nous ». Nous devons le protéger, pour pouvoir reconstruire nos églises quand et comme nous le voudrons. Yasser Arafat a transformé l’église de Damour en garage ; nous lui pardonnons, nous reconstruirons l’église de Damour, bien qu’ils l’aient salie et profanée, bien qu’ils en aient défiguré toutes les caractéristiques chrétiennes. Nous la reconstruirons. Peut-être que si nous étions en Egypte ou en Syrie, nous n’aurions pas eu le droit de le faire. Ni reconstruire ni réparer aucune église exposée à la destruction. Nous voulons être toujours présents dans cet Orient, pour que les cloches de nos églises sonnent quand nous le voudrons, pour les joies ou pour les peines. Nous voulons baptiser à notre convenance. Nous voulons pratiquer nos traditions et nos rites, notre foi et nos convictions à notre convenance. Nous devons pratiquer notre christianisme dans cet Orient. Même si nous sentons que souvent, ce témoignage nous est imposé, ce témoignage, nous l’esquivons pas. Nous témoignerons de notre christianisme au Liban, nous témoignerons de notre christianisme dans le monde à une époque où ce monde n’a plus de chrétien que le nom ou quelques symboles. Mais aujourd’hui, ce qu’il y a de plus profond dans notre christianisme sort du Liban, car nous avons payé avec notre sang le prix de notre foi, de nos croyances, de nos valeurs et de nos traditions. C’est nous aujourd’hui, qui témoignons pour tous les chrétiens du monde, à la manière des premiers chrétiens, au temps de Rome, qui mouraient pour témoigner de la religion et de la foi chrétiennes. (…). Si nous, en tant que partie chrétienne dans cet Orient, nous n’étions pas différents des autres, et si nous n’avions pas un pays, et je le répète, pas un foyer national chrétien, mais véritablement un pays pour les chrétiens, où nous puissions vivre le front haut, sans que quelqu’un ne vienne nous ordonner « va à gauche » comme au temps des turcs, lorsqu’on nous disait « prenez la file de gauche » parce que nous étions chrétiens, et sans que l’on nous oblige à mettre n’importe quel signe sur notre corps ou sur nos vêtements, pour que les autres sachent que nous sommes chrétiens, ou que nous soyons des citoyens vivant en dhimmis. Nous, nous refusons désormais de vivre en dhimmitude. Nous, nous ne voulons plus vivre sous la protection de quiconque. Nos martyrs ont défendu notre liberté et notre présence dans cet Orient. (…). Ceci nous montre à quel point nous pouvons l’emporter, lorsque nous nous comportons comme il se doit, nous, en tant que chrétiens, et surtout, en tant que maronites. Je m’excuse auprès de mon beau-frère (ici présent) qui est orthodoxe… Je parle de la maronité politique, à laquelle croient tous les chrétiens d’Orient. Quand cette maronité politique sait ce qu’elle vaut et ce qu’elle veut, alors elle est à la hauteur de la situation. Parce que ce pays a été bâti sur les libertés, et les libertés, c’est nous qui les représentons, c’est nous qui les défendons, et c’est nous qui en sommes responsables. (…). Ce pays doit être à tous ses fils, toutes confessions, croyances et sentiments confondus. Mais, essentiellement, ce pays doit être pour la société chrétienne d’Orient un havre de sécurité et de tranquillité, car nous ne sommes nullement disposés à émigrer aux Etats-Unis, ni en Europe. Nous ne sommes nullement disposés à prendre « la file de gauche », ni à nous mettre à genoux ni à perdre. Nous voulons vivre ici la tête haute. Cela aujourd’hui, relève de la responsabilité de l’Etat libanais. »

Les maronites ont été les premiers chrétiens à rejeter la dhimmitude et à chercher à travers la démocratie libanaise et son système confessionnel à assurer liberté et sécurité aux chrétiens et à tous en général. En effet, comme le rappelle le père Sélim Abou, des chrétiens non-maronites, en raison de leur appartenance à des Eglises plus régionales que nationales, se sont longtemps montrés sensibles aux idéologies panarabe ou encore, pan-syrienne et ont vu dans la laïcité la formule politique susceptible d’arracher tous les chrétiens d’Orient au statut de dhimmi et de leur assurer un statut de citoyens à part égale. Leur plan était d’adopter le nationalisme arabe ou syrien et de le laïciser de l’intérieur, explique l’ancien doyen de l’USJ. Mais, comme le note le père Abou, l’insurrection de 1958 et les événements de 1975 à 1990 ont « maronitisé » les chrétiens du Liban. Ce processus de « maronitisation » est aujourd’hui en voie d’aboutissement : désormais, on voit au Koura, fief des grecs-othodoxes, le Parti Social National Syrien se poser en défenseur des chrétiens face à la menace salafiste et wahhabite se développant dans les régions de Tripoli, Minié et Denniyé.

Déconfessionnalisation du système et présidence maronite ne sont pas deux principes opposés. Comme l’explique l’ancien ministre Sélim Jahel, la présidence maronite s’inscrit dans le cadre stratégique d’une protection (fonctionnelle) des minorités en Orient et non dans le cadre du confessionnalisme politique qui privilégierait les maronites. La présidence est donc un gage servant aux maronites à assurer la sauvegarde de leurs droits, de leur liberté, de leur existence et de ceux des autres minoritaires en général et des autres chrétiens en particulier. Tout dépouillement de ses prérogatives peut donc être analysé uniquement dans le sens d’une réduction de leurs droits. Avec Taef, le président n’est plus le chef de l’exécutif et n’est même plus un arbitre. Son rôle apparait plus formel que réel. La fonction présidentielle est vidée de son halo et de son prestige. Les pouvoirs du président de la République ne sont ni réduits ni limités mais ôtés et transférés au Conseil des ministres et à son président. Pour toutes ces raisons et pour d’autres, on voit aujourd’hui des revendications concernant la vice-présidence du Conseil qui revient à la communauté grecque-orthodoxe.

Que faire ? Il faudrait appliquer la formule de Rachid Karamé datant de 1984, laquelle consiste à confier le pouvoir exécutif au président de la République qui exercerait celui-ci avec la participation du Conseil des ministres. En ce qui concerne le mode d’élection du président de la République, il est nécessaire de garantir sa libanité vis-à-vis de l’extérieur et sa représentativité de la pluralité libanaise. Le suffrage universel direct transformerait la démocratie consensuelle libanaise en démocratie numérique et l’élection du président par le parlement a montré que le choix des députés était dicté par un compromis régional et/ou international. C’est pourquoi, le suffrage universel indirect semble être le meilleur mode d’élection. La nouvelle formule politique qui verra le jour devra reposer sur la participation de la société civile, une identité citoyenne avec une citoyenneté engagée, une démocratie de proximité, le régionalisme, la neutralité positive garantie internationalement et une loi électorale assurant la parité islamo-chrétienne au premier tour à travers le système uninominal (élection d’un seul député par circonscription) et le développement de véritables partis au second tour à travers un système proportionnel sur une la base de quatre sièges. Pour parvenir réellement à un rapport Etat-citoyen, une Charte intégrant les articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sans se contenter d’une simple référence comme c’est le cas dans le texte actuel, pourrait être introduite dans la Constitution afin d’octroyer des droits fondamentaux aux libanais en tant que citoyens. Enfin, un processus de laïcisation pourrait être enclenché avec la mise en place d’un pôle de statut personnel institué au ministère public. Celui-ci serait chargé de donner son avis sur tout litige soumis aux tribunaux confessionnels avec pouvoir d’exercer toute voie de recours contre leurs décisions. Un office étatique pourrait être également créé pour toutes requêtes et autres doléances des particuliers.

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