Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

En route vers la prospection pétrolière ?

Posted by dodzi sur octobre 31, 2008

(Mahmoud Harb – L’Orient le Jour)

En collaboration avec l’Agence norvégienne pour le développement, le gouvernement a commencé à élaborer un cadre légal et structurel pour la recherche de pétrole dans le fond marin libanais.

Des études préliminaires ont montré, par le biais de sondages en deux et trois dimensions, qu’il y a des chances de trouver des gisements d’hydrocarbures au large des côtes libanaises. Ces chances sont d’autant plus importantes que l’Égypte et Israël ont bel et bien localisé des réserves de pétrole et de gaz naturel dans leurs eaux territoriales. Le Liban doit donc conclure des contrats avec des sociétés pétrolières, qui seront chargées de procéder à des forages dans le fond marin, afin de déterminer si le pays possède des réserves exploitables d’hydrocarbures ou non.

Mais avant d’entamer ce processus, Beyrouth se doit de développer un cadre institutionnel et légal permettant de réguler la prospection pétrolière et de préserver les droits de l’État. Pour ce faire, le Liban a sollicité l’aide de la Norvège « qui possède une excellente expérience en matière d’exploitation des réserves offshore », a expliqué le ministre de l’Énergie, Alain Tabourian, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour.

L’assistance norvégienne

Le programme « Oil for Development » (OFD) de l’Agence norvégienne pour le développement (Norad) a répondu favorablement à la demande du Liban. Ce programme vise à faire profiter quelque 25 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, dont l’Irak et la Palestine, de l’expérience acquise par Oslo depuis les années 1960 en matière de gestion des réserves et des revenus pétroliers, a expliqué à L’Orient-Le Jour le conseiller senior d’OFD, Ivar Aarseth, qui suit le dossier du Liban depuis 2005.

« Bien que la prospection pétrolière au Liban soit encore à ses débuts, a-t-il ajouté, il est indispensable de doter le pays, dès à présent, d’un cadre légal en la matière. »

L’expert a rappelé que la prospection pétrolière dure une dizaine d’années en moyenne. Pour alléger l’incertitude qui pèse sur elles du fait de la longueur du projet, les sociétés pétrolières exigent une loi claire et lisible qui réglemente leur travail et qui soit en accord avec la législation du pays en matière de travail, de droit pénal, d’environnement, etc.

Ivar Aarseth a précisé que le programme d’OFD au Liban, qui durera trois ans et coûtera quelque 2 millions de dollars entièrement versés par Oslo, offre au Liban une assistance technique dans l’élaboration de la future loi sur le pétrole. De plus, l’agence norvégienne contribuera à la formation du personnel du ministère de l’Énergie qui sera chargé de suivre ce dossier, à la mise en place d’une institution (autorité ou établissement public) de régulation du secteur pétrolier et à la création et la gestion d’une base de données « pour renforcer la position et le pouvoir de négociations du Liban lors des pourparlers entre l’État et les sociétés pétrolières ».

L’appel d’offres

Ces négociations auront lieu dans le cadre de l’adjudication publique en vertu de laquelle les forages seront confiés à une ou plusieurs sociétés. La trajectoire de cette opération sera tracée par la loi pétrolière.

Le ministre a souligné à cet égard que cette loi divisera le territoire à explorer en plusieurs parcelles dont chacune sera attribuée à une firme différente. « Il ne s’agit pas d’un appel d’offres classique qui consiste à accorder le contrat à celui qui proposera de réserver la part de revenus la plus élevée à l’État », a-t-il ajouté.

Le partage des revenus générés par l’exploitation des éventuels gisements d’hydrocarbures entre l’État et la société sera fixé par voie contractuelle, au terme de longues négociations entre les deux parties. Pour Alain Tabourian, la part de recette que l’exploitant est prêt à concéder au Trésor n’est pas le seul ou du moins le principal critère de sélection des sociétés. « Il y a un critère de compétence, a-t-il précisé. Nous sommes prêts à accepter un revenu plus faible pour attirer des sociétés compétentes qui ont plus de moyens de découvrir des réserves pétrolières que d’autres. »

Les sociétés sélectionnées auront pour obligation de procéder à un nombre déterminé de forages dont chacun coûtera entre 150 et 300 millions de dollars. « Les compagnies assumeront l’intégralité de ces coûts et des risques du forage, a indiqué le ministre. L’on pourrait prévoir que si des gisements exploitables sont localisés, une partie du coût de forage pourrait être déduite des revenus futurs de l’exploitation. Sinon, ces sommes resteront à la seule charge des entreprises. »

Les sociétés pétrolières retenues engageront en outre leurs responsabilités en matière environnementale, selon les dispositions de la future loi sur le pétrole. Elles auront pour obligation d’assurer la protection de l’environnement pendant la prospection, l’exploitation et la retraite, c’est-à-dire la fermeture des puits taris.

Les revenus de l’État

Un autre objectif de la loi pétrolière est de définir l’usage que fera l’État des recettes qu’il engendrera éventuellement de la vente du pétrole. « La présence de réserves d’hydrocarbures peut être une malédiction économique, a estimé le ministre de l’Énergie. Les pays pétroliers font face à d’importantes pressions inflationnistes en périodes de hausse des cours du brut et manquent de ressources lorsque les marchés se replient. Leurs économies sont souvent étroitement dépendantes du pétrole dont les réserves ne sont pas inépuisables. »

Alain Tabourian propose donc de suivre l’exemple de la Norvège dans ce domaine. Il s’agit de créer un fonds d’investissement souverain qui recevra tous les revenus pétroliers de l’État. Les recettes de ce fonds seront à leur tour utilisées pour payer les intérêts de la dette du Liban. Une fois le service de la dette honoré, tout éventuel surplus sera affecté au remboursement du capital des emprunts souverains et au financement de projets de développement. « Ce schéma sera maintenu jusqu’à ce que la dette étatique soit considérablement réduite. Les revenus du pétrole seront ensuite entièrement stockés dans le fonds d’investissements dont seulement les gains seront dépensés, a ajouté Alain Tabourian. Ce mécanisme vise à permettre à toutes les générations futures de profiter de la manne pétrolière. »

Le ministre a toutefois appelé à ne pas commencer à construire des châteaux en Espagne dès à présent. « Il faut au moins 10 ans pour entamer l’exploitation des réserves. Il a fallu à la Norvège 28 forages et 18 ans de recherches pour localiser les gisements de la mer de Barents. Et il ne faut pas écarter l’éventualité que les réserves, si elles existent, ne soient pas exploitables », a-t-il conclu.

2 Réponses vers “En route vers la prospection pétrolière ?”

  1. Monsieur
    Un article interressant,un peu vague…
    Je suis ingenieur H.E.I France .Le petrole et ces derives c’est mon fort…
    j’ai 54ans…Je suis a votre dispositions pour echanger les idees pour le mieux du pays
    de point de vue petroliers…Je ne fait pas encore de la politique…
    Veuiller,Monsieur agreer a mes salutations les meilleurs…
    remarque : y a t’il une etude geologique du sol ,sur laquelle on peut confirmer un % de presence du gaz ou perole brut et ou?

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