Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Les pays arabes non-pétroliers pourraient aussi pâtir de la baisse des cours

Posted by dodzi sur octobre 29, 2008

(AFP)

DUBAI – La chute des cours du brut pourrait, paradoxalement, nuire aux pays arabes non pétroliers si elle provoquait un ralentissement prolongé des économies des monarchies pétrolières du Golfe et une chute des transferts financiers en provenance de cette région.

A court terme, la crise financière mondiale a bien sûr « un effet déflationniste et rend la vie plus facile » pour les pays non producteurs de pétrole, constate Ibrahim Saïf, du Carnegie Middle East Centre à Beyrouth.

« Pour les pays importateurs nets d’énergie, l’effet immédiat est un pétrole moins cher, ce qui améliorera leurs balances des paiements », a-t-il expliqué à l’AFP, à propos des pays arabes dépourvus de ressources pétrolières.

« L’inflation ne constitue plus le problème » pour ces pays, comme l’Egypte ou la Jordanie, qui étaient encore récemment confrontés à une explosion des prix à la consommation lorsque le cours du baril approchait en juillet les 150 dollars. Il se situe maintenant autour de 60 dollars.

« La chute du prix du pétrole devrait entraîner la baisse des prix d’autres produits », notamment alimentaires, constate Khaled Alloush, représentant à Dubaï du Programme des nations unies pour le développement (PNUD).

Et de rappeler que « tous les pays arabes sont des importateurs nets de produits alimentaires ».

Mais l’équation dépasse la simple question de la facture pétrolière en raison de l’importance des transferts financiers effectués par les ressortissants arabes travaillant dans les monarchies pétrolières du Golfe et des investissements en provenance de celles-ci, qui risquent de souffrir d’un ralentissement des économies du Golfe.

Les transferts financiers vers l’Egypte ont atteint l’an dernier 5,9 milliards de dollars, soit 5% du produit intérieur brut (PIB) de ce pays.

Mais leur poids est encore plus énorme pour d’autres pays arabes: ils ont ainsi représenté 20% du PIB de la Jordanie (quelque 3 milliards de dollars) et 23% de celui du Liban (5,8 milliards de dollars), selon des statistiques de la Banque mondiale.

La totalité de ces transferts ne provenait certes pas du Golfe, mais ces trois pays ont de larges communautés dans la région.

« Ils envoient beaucoup d’argent chez eux », souligne M. Alloush à propos des Arabes travaillant dans le Golfe.

L’impact pourrait même être encore plus fort pour les pays d’Asie du sud, qui ont des millions de travailleurs dans le Golfe.

« Les gouvernements et le secteur privé des pays du Golfe vont revoir leurs politiques » en raison de l’amorce de récession mondiale, estime M. Saïf.

Il prévoit ainsi « une réduction des méga-projets qui reposaient sur des prévisions optimistes selon lesquelles les cours du brut ne tomberaient pas sous les 100 dollars le baril ».

M. Alloush ne pense cependant pas qu’il y ait un risque de licenciements massifs de travailleurs étrangers, et donc d’une baisse drastique des transferts financiers vers leurs pays.

Rappelant que les pays du Golfe ont toujours établi leurs budgets sur la base d’un baril à 50 dollars, il estime que l’activité économique ne souffrira pas si le cours du pétrole reste autour de 60 dollars.

Pour sa part, M. Saïf note que l’aide financière fournie par les pays du Golfe aux autres pays arabes « ne sera sans aucun doute pas la même » si les cours du brut ne remontent pas.

Les chiffres à ce sujet sont rares, mais on sait que l’Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis constituent les principaux pays arabes donateurs, Ryad, notamment, ayant alloué ces deux dernières années des milliards de dollars à des pays arabes et musulmans.

« A court terme, la situation est gérable, mais à moyen terme, il y aura un impact si la crise financière mondiale continue », avertit M. Saïf.

Seul point positif, les exportations vers le Golfe en provenance des pays arabes non pétroliers ne devraient pas être affectées par une récession mondiale, estime-t-il, car il s’agit généralement de produits de première nécessité.

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