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Alors que la sécheresse gagne du terrain dans la région, plus de la moitié de l’eau de pluie est gaspillée au Liban

Posted by dodzi sur octobre 22, 2008

(iloubnan.info)

BEYROUTH, Par Suzanne Baaklini

L’été s’achève, l’automne commence, avec son lot d’averses de pluies torrentielles. Comme toujours au Liban, dès qu’il pleut, les routes sont inondées par de l’eau ruisselante. Très peu de moyens semblent être mis en œuvre pour la récupération de cette eau de pluie. Dommage, quand les experts estiment que 50% de l’eau de pluie sont ainsi perdus.

En hiver, les routes inondées par les intempéries entraînent au Liban paralysie du trafic routier et dégâts sur la voirie. En plus de la gêne occasionnée, c’est aussi la quantité d’eau ainsi gaspillée (50%, selon les experts) qui peut laisser l’observateur perplexe. Il est urgent de trouver des solutions à ce gâchis et de planifier la récupération et le stockage de l’eau de pluie : le Liban a peut-être une réputation de château d’eau auprès de ses voisins, mais les précipitations qu’il connaît sont mal réparties sur son territoire. Environ la moitié de ses terrains sont exposés à un danger plus ou moins imminent de désertification, selon une étude récente financée par le bureau régional de la Fondation Heïnrich Böll, basé à Beyrouth. La courbe descendante des précipitations (celles-ci ont été inférieures à la moyenne pour la deuxième année consécutive), n’augure rien de bon. Sans compter que l’augmentation de la surface asphaltée et construite dans le pays freine la réalimentation saisonnière des nappes phréatiques, principale richesse hydraulique du Liban.

Une distribution équitable de l’eau potable vers les maisons, les agriculteurs et les industries a toujours été un casse-tête, un défi qu’aucun gouvernement n’a relevé. Entre-temps, le gaspillage va bon train : toujours selon l’étude de la FHB, sur une moyenne de 8 600 millions de mètres cubes d’eau de pluie qui tombent chaque année, quelque 4 300 millions seraient perdus entre évaporation et infiltration dans le sol ; plus de 880 millions finissent dans la mer, et, si l’on prend en considération l’eau qui s’écoule vers les autres pays (le Liban compte plusieurs fleuves internationaux), il ne resterait en moyenne plus que 2 600 millions de mètres cubes disponibles dont nous ne profitons pas pleinement. Pas plus de 30% des précipitations annuelles en somme. Or les besoins augmentent de manière exponentielle : pour les ménages seulement, ce besoin devrait passer de 280 millions de mètres cubes par an (chiffres de 2000) à quelque 900 millions en 2015 (le besoin total prévu alors sera de 2 840 millions par an).

« D’importantes sources d’eau sont negligees par l’Etat »

Réponse de l’Etat pour le stockage de l’eau : des barrages. Le plan décennal mis au point par la direction de l’Eau du ministère de l’Energie prévoit la création de 17 barrages de grande envergure, dont six au Liban-Nord, cinq au Mont-Liban, trois dans la Békaa nord, trois au Liban-Sud. La Békaa centrale et sud est déjà desservie par le barrage de Qaraoun, sur le Litani, construit dans les années 60. De tous ces projets de barrages, un seul a été réalisé et inauguré l’automne dernier, celui de Chabrouh (Kesrouan), pour un coût de 43 millions de dollars financés par l’Etat, alors que le plan décennal date de plusieurs années déjà. Il s’est avéré, après la fonte des neiges, que le réservoir du barrage n’a pas été rempli suffisamment, et que la promesse de pourvoir les habitants du Kesrouan et d’une partie du Metn en huit millions de mètres cubes d’eau ne pourra être tenue. Des défauts dans l’infrastructure sont également apparus, notamment dans les canalisations, d’où un véritable problème à acheminer l’eau vers les utilisateurs. Ce semi-échec jette une ombre sur le plan décennal du ministère, surtout que ce barrage de Chabrouh est l’un des plus modestes envisagés par l’Etat (par comparaison, le barrage de l’Oronte aurait dû pourvoir 37 millions de mètres cubes, celui de Bisri 120 millions, etc.). Cela nourrit l’argumentation des écologistes, qui n’apprécient pas l’option des grands barrages en raison des bouleversements qu’ils entrainent dans les écosystèmes fluviaux.

Des figures bien connues de la société civile ont plus d’un argument à présenter contre la construction de ces barrages, et proposent des alternatives. Expert en lutte contre la désertification et co-auteur de l’étude de Heïnrich Böll citée plus haut, Ali Darwiche, président de l’association écologique Green Line, estime que le plan décennal n’a même pas besoin de l’opposition des écologistes pour être un échec. « Les gouvernements successifs n’ont montré aucune volonté d’assurer un financement à des projets aussi grandioses, dit-il. Il n’y a pas, et il n’y aura pas de budget suffisant pour ces barrages. D’autre part, l’échec, à Chabrouh, s’explique par le fait que les concepteurs du barrage se sont fondés sur des statistiques vieilles de 50 ans, alors que le taux de précipitations a baissé au Liban. D’ailleurs, dans l’état actuel des choses, je dirais qu’il coûterait moins cher de faire parvenir de l’eau aux utilisateurs par citernes que de financer la construction puis l’entretien d’un barrage comme celui de Chabrouh. Sans compter qu’il y a tant de sources d’eau très importantes négligées actuellement par l’Etat, et que les fleuves se déversent dans la mer. »

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