Mouvement pour le Liban

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Le camp des réfugiés arméniens à Burj Hammoud va être démoli

Posted by jeunempl sur octobre 11, 2008

Nouvelles d’Arménie

Le camp Sandjak va disparaître. Situé dans la banlieue de Beyrouth à Bourj Hammoud le terrain de 20 000-mètres carrés sera complètement remodelé dans les prochaines années dans le cadre d’un processus visant à éliminer l’un des derniers camps de réfugiés arméniens.

La démolition du camp Sandjak servira à construire de nouveaux logements pour la population en croissance de Bourj Hammoud et de nouveaux commerces.

La municipalité de Bourj Hammoud projette de remplacer la camp Sandjak par la Place St Jacques, un centre commercial et résidentiel.

Vasken K. Chekijian de VKC Design et Planning est l’architecte responsable du projet. Il a déclaré que cette place, qui est le premier projet de la sorte soutenue par une municipalité au Liban, consistera en deux immeubles de huit étages et un immeuble de 10 étages. La place aura aussi un secteur vert a-t-il ajouté. Il contiendra aussi le premier parking de stationnement sur plusieurs étages au Liban, a-t-il précisé.

Aujourd’hui, le camp n’est plus qu’un grand champ rempli de pierres et de quelques rangées de constructions délabrées. Les canalisations sont éventées et les ruelles sont encombrées de débris. Les affaires personnelles comme des chaussures et des vêtements sont abandonnés dans des maisons vides.

Le camp a été crée en 1939, en réponse à l’annexion par la Turquie du sandjak d’Alexandrette, un territoire autonome alors sous mandat français en Syrie. L’historien Vahe Tachjian a écrit dans un courrier électronique à au quotidien libanais Daily Star qu’approximativement 15000 arméniens ont vécu dans le sandjak d’Alexandrette.

Selon ce dernier la majorité de la population arménienne d’Alexandrette s’est enfuie de la province en juillet 1939, juste avant son intégration dans la Turquie. Ils ont migré au Liban en raison du mandat français. Ils se sont installés dans divers camps de réfugiés dans tout le pays qui avaient été fondés par la Haute Commission Française.

A l’automne 1939 au nord de Beyrouth et à côté de Bourj Hammoud a été crée un camp dans ce qui était en ce temps là des terres cultivées.

Le nom « Sandjak » est le mot turc pour  » zone » ou  » province ». Il se rapporte au territoire perdu du « Sandjak d’Alexandrette » dont les colons du camp étaient originaires.

Pendant la dernière moitié du 20ème siècle le camp s’est graduellement étendu et sa population s’est diversifiée. Le camp a grandi pour inclure d’autres groupes ethniques, principalement des immigrants de Syrie, l’Asie du Sud-Est et d ’Arménie, a déclaré Elyse Semerdjian, professeur d’histoire du Moyen-Orient au Collège Whitman aux Etats-Unis.

Selon Raffi Kokoghlanian, le vice-maire de Bourj Hammoud, juste avant la première phase de démolition, seul 30 pour cent des gens vivant dans le camp étaient des descendants des premiers arméniens.

Ces récentes années, Bourj Hammoud s’est étendu et a prospéré, le camp est resté pauvre.

Raffi Kokoghlanian déclaré depuis plusieurs années le Conseil Municipal débat de ce qui doit être fait au niveau du camp Sandjak, celui -ci étant devenu « un taudis et problématique ».

Le conseil, a-t-il ajouté, a décidé de construire « quelque chose qui améliorerait et augmenterait l’accessibilité de la zone commercial de Bourj Hammoud et créera un espace pour les classes moyennes ».

Selon Vasken K. Chekijian, la place créera 184 nouveaux appartements, qui seront accessibles aux classes moyennes et le parking ajoutera 950 espaces de stationnement dans l’étroite banlieue ainsi que 70 magasins.

Aujourd’hui, la moitié du camp a été rasée. Mme Semerdjian a estimé que le camp à l’origine contenait environ 300 magasins et maisons qui ont logé autour de 160 familles, seules restent 45 maisons.

Mme Semerdjian croit que « le camp Sandjak se trouve à une intersection cruciale » a-t-elle écrit, « non seulement pour la vitalité commerciale de Bourj Hammoud, mais aussi pour la conscience morale de la communauté arménienne ».

Aujourd’hui, la majorité des arméniens du Liban réside ou bien dans Bourj Hammoud ou bien à Anjar, une ville dans la Beqaa. Bien qu’aucun recensement n’ait été conduit au Liban depuis 1932, on estime que sur les 150000 personnes résidentes à Bourj Hammoud 80 pour cent sont arméniens.

Selon Mme Semerdjian « la plupart des familles dans le camp a annoncé qu’ils recevront environ 3000 à 5000 dollars de compensation de la municipalité ». « La municipalité a payé plus que la valeur des maisons actuelles » a déclaré M.Kokoghlanian. Il a ajouté qu’il croyait que c’était seulement une question de temps avant que la municipalité et les résidants n’atteignent un accord.

M.Kokoghlanian a dit que la nouvelle construction sera « une amélioration qui aidera Bourj Hammoud à se développer et a continuer à prospérer ».

La diaspora arménienne au Liban n’a fait aucune tentative significative pour empêcher la destruction du camp. En réaction à leur position, Mme Semerdjian a demandé si la communauté « continuera à ignorer les facteurs sociaux et économiques qui ont contribué à la persistance de ce camp de réfugiés arméniens pendant plus de 60 ans ? ».

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