Mouvement pour le Liban

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Le Liban célèbre le 125e anniversaire de la naissance de Gibran Khalil Gibran

Posted by dodzi sur septembre 17, 2008

(L’Expression)

Un penseur aux visions cosmiques

Malgré son amour profond pour sa patrie, il était très critique envers ses compatriotes.

Son oeuvre le Prophète l’avait propulsé dans la cour des grands. Plus de 70 ans après sa mort, Gibran Khalil Gibran (1883-1931), le poète et penseur libanais le plus connu au monde, continue de fasciner par son humanisme intemporel. Le Liban célèbre cette année le 125e anniversaire de la naissance de celui qui « représente la facette la plus lumineuse (de ce pays) au monde », affirme à l’AFP le poète libanais Henri Zgheib. Poète, romancier, peintre, Gibran est issu d’une famille pauvre du village chrétien de Bcharré, dans la montagne libanaise, près des illustres cèdres.

A Boston où il émigre enfant avec sa mère, son demi-frère et ses deux soeurs, laissant derrière lui un père insouciant, il devient célèbre après la publication en 1923 du Prophète, poème en prose en anglais, réimprimé depuis en millions d’exemplaires et traduit dans des dizaines de langues. Ce recueil d’aphorismes et de paraboles est un hymne à la vie et à la liberté reflétant les méditations d’un illuminé sur l’amour, le travail ou la mort. «Aimez-vous vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une alliance qui vous enchaîne l’un à l’autre», dit-il à propos du mariage. Son idéalisme aux connotations évangéliques, bien que contraire au courant littéraire dominant de l’entre-deux guerres, le surréalisme, a fait sensation chez un public avide d’absolu.

Selon un article de l’hebdomadaire américain The New Yorker paru en janvier, c’était «la Bible» de l’époque. Des extraits sont toujours cités dans les mariages et les funérailles aux Etats-Unis. La célèbre phrase du président américain John F. Kennedy, «ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays», est inspiré d’un texte de l’écrivain, aussi bien anglophone qu’arabophone. Gibran «avait une vision cosmique, explique M.Zgheib. Il s’est adressé à l’être humain de toute époque et, génération après génération, on aspire à lire ses pensées humanistes». Mais Gibran n’est pas uniquement le Prophète. Dans Sable et écume, Le fou, L’errant ou Jésus fils de l’homme, «tout lecteur sensible et inquiet trouve des réponses à ses questions, explique M.Zgheib. Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n’est qu’attente», disait-il. Une beauté qu’il a voulu refléter également par la peinture. Moins connu, Gibran l’artiste se dévoile après deux ans d’études à Paris, où il rencontre Rodin.

Dans son musée à Bcharré, où il repose derrière un tronc de cèdre comme il l’avait souhaité, 125 de ses 440 tableaux sont exposés avec ses livres et les affaires de son atelier de New York. C’est, notamment au New York Metropolitan museum, que l’on retrouve ses autres toiles rassemblées par l’Américaine Mary Haskell, sa protectrice avec qui il a entretenu une liaison amoureuse. Celui que l’on a comparé au poète et peintre anglais William Blake, intrigue les visiteurs par ses tableaux à la fois simples et profonds, inquiets et sereins, surtout lorsque la malédiction frappe. En 1902 et 1903, il perd une soeur, sa mère et son frère, emportés par la tuberculose et le cancer.

Une femme morte allaitant un bébé, l’image de sa soeur défunte Sultana qui se dédouble pour devenir esprit: la mort hante son oeuvre jusqu’à son propre décès à 48 ans, d’une cirrhose du foie. Son oeuvre n’est pas que lyrisme. Dans Esprits rebelles, il dénonce l’hypocrisie sociale, les traditions féodales de son pays natal et l’hégémonie du clergé. Jugé hérétique par son Eglise maronite, le roman fut brûlé sur la place publique de Beyrouth, sur ordre des Ottomans dont il contestait la tyrannie. Malgré son amour profond pour sa patrie, il était très critique envers ses compatriotes: «Votre Liban est un imbroglio politique que le temps tente de dénouer. Mon Liban est fait de montagnes qui s’élèvent, dignes et magnifiques, dans l’azur.» «Des décennies plus tard, cette citation reste d’actualité», note-t-on au musée.

R.C

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