Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Quand politique et guerre au Liban se conjuguent à toutes les sauces

Posted by jeunempl sur juin 29, 2008

(AFP – Rana Moussaoui)

Fast food libanaisDerrière une barricade de sacs de sable, Ali dévore un « Magnum 357 » tandis que son ami Hussein savoure un « B52 » géant : bienvenue au restaurant militaire « Buns and Guns », tout récemment inauguré en plein coeur de la banlieue sud de Beyrouth contrôlée par le Hezbollah.

La crise politique au Liban, la guerre de 2006 avec Israël et les tensions internes qui ont dégénéré sont devenues une source d’inspiration pour des restaurants dans un pays marqué par la violence depuis plus de trois ans.

« Un sandwich peut vous tuer »: c’est le slogan affiché par « Buns and Guns » (Pains et Pistolets) qui évoque une caserne fortifiée décorée d’une panoplie d’armes en plastique et de photos des célèbres chars Merkava israéliens. Même le plafond et les stores rappellent le treillis militaire.

Un menu « offensif » où figurent un « camouflage au poulet », un steak « Dragunov » ou encore du rôti « M16 » est présenté aux clients amusés.

« La portion est grande et cela peut vous tuer, tellement c’est bon! », explique Youssef Ibrahim, 27 ans, propriétaire du restaurant.

« J’ai voulu présenter un nouveau concept de restauration et la situation tendue au Liban m’a inspiré en partie », affirme le jeune homme, dont l’initiative ne semble choquer personne.

« Les Occidentaux accusent notre région d’être un réservoir de terroristes, nous avons eu donc l’idée d’appeler le pain arabe, un pain ‘terroriste’…nous avons même un menu terroriste pour ceux qui en veulent », lance-t-il.

Seule référence au Hezbollah, le sandwich « RPG », du poulet oriental fait dans du « pain résistant », en référence au combat mené par le groupe chiite contre Israël. « C’est résistant…à la faim tellement c’est copieux », lance un des clients.

Costume en treillis, casque en tête, le « chef militaire » Amer découpe et fait frire des tranches de poulet, en suant à grosses gouttes.

« Il fait tellement chaud près du four, c’est pire que dans une tranchée », poursuit le cuisinier, qui s’amuse à puiser dans la terminologie militaire.

« Attention, ça va exploser! », plaisante-t-il en tendant à un client un « Canon 155 », autrement dit un hamburger d’un « calibre » de 155 grammes de viande.

Hussein, 15 ans, dit raffoler de cette nourriture qui ne diffère guère de la restauration rapide libanaise. « Mes copains et moi adorons les armes… pas pour s’entretuer bien sûr », dit-il en dégustant une « grenade » de patates frites.

Conscient que certains clients ne seraient pas encouragés à se rendre dans la banlieue chiite, notamment après les affrontements de mai dernier qui ont fait 65 morts, il affirme vouloir « ouvrir une autre branche à Beyrouth et une autre encore dans un pays du Golfe ».

La solution pour le moment est la livraison à domicile qui est, selon le menu, « plus rapide qu’une balle ».

Autres spécialités, autre décor, mais toujours même principe: un restaurant ultra-raffiné de la capitale, le Talleyrand, près du centre-ville, a choisi, lui, d’agrémenter son menu de termes tirés tout droit de la scène politique libanaise.

Dans ce restaurant fréquenté par la classe politique, la coalition antisyrienne au pouvoir s’est transformée en « majorité de lentilles vertes du Puy en salade » aux prises avec une « opposition d’une tarte tatin tiède et sa glace à la vanille ».

Le Hezbollah, fort de son « commando de poulet au soja et gingembre », a noué avec son allié le chrétien Michel Aoun une « entente d’une sauce au poivre vert et d’une fricassée de champignons des bois autour d’un magret de canard ».

Quant au grand voisin syrien, il est toujours accusé par la majorité d’exercer une « tutelle de crabe en salade » sur la pays, ou du moins une « ingérence d’orange et d’estragon sur saumon à la plancha ».

Près d’une cinquantaine de spécialités sur le même registre, « pour rendre la carte plus drôle », alors que l’actualité est loin de l’être, affirme le co-propriétaire du restaurant, Béchara Hadji-Thomas.

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