Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

La montagne maudite de Saïda

Posted by jeunempl sur juin 19, 2008

(France 24 – Jean-Marie Quemener, Mohamad Hanoun)

Saida - Poubelles, orduresLa ville de Saïda au Liban est défigurée par une montagne d’ordures de 50 mètres de haut et de 375 mètres de long. Une plaie qui affecte aussi bien la santé que l’activité économique. Reportage.

Au Liban, Saïda a des allures de carte postale avec son port de pêche gardé par un vieux fort croisé. Une carte postale… et un tas d’ordures. Ici, on l’appelle la « Montagne », le Djebel. Elle se dresse à la sortie sud de la ville, atteint 50 mètres de hauteur et sa base occupe 375 mètres du bord de mer. Près de 600 000 mètres cubes de déchets : le volume d’un lac moyen en France.

Une quarantaine de Palestiniens, pauvres parmi les pauvres, y travaillent. L’un d’eux, Mohamad a passé presque toute sa vie dans les ordures. « Ça fait quinze ans que je viens ici. Je ramasse de l’aluminium, du plastique pour les vendre. Tout ça pour nourrir nos enfants. On se tue pour 10 000 (environ 5 euros par jour), 7000 livres », raconte-t-il.

Les pêcheurs ont vu grandir la montagne et fuir le poisson. Et le tas d’ordures, dont des pans entiers tombent régulièrement dans la mer, ne se contente pas de polluer les côtes libanaises. Le docteur Nasser Hammoud tire la sonnette d’alarme depuis des années : « On a retrouvé ses ordures dans tout le pourtour méditerranéen. C’est une catastrophe absolue pour nous et pour la Méditerranée ».

Autour de cette montagne maudite, trois hôpitaux. Le docteur Wehbe Shuayb, directeur de l’un d’eux, a constaté une augmentation des cas de cancer et des problèmes respiratoires récurrents.

Si la santé des habitants est affectée, l’économie locale n’est pas épargnée. Difficile de faire avaler du poisson aux touristes quand ils on jeté un coup d’œil à la montagne ou aux déchets qui traînent en mer. « Le dépotoir cause des catastrophes en mer. C’est terrible pour les pêcheurs. Les filets se déchirent et se détruisent sans que personne ne nous indemnise », souligne Hassan Mohamad Chaaban, un pêcheur.

Résultat : les anciens pêcheurs viennent grossir les rangs des chômeurs. Le maire, quant à lui, se heurte à l’inextricable complexité confessionnelle libanaise. « Si vous prenez les déchets de Saïda pour les mettre à Ghaziyé, là, vous aurez des déchets sunnites qui iront en zone chiite. Si vous les mettez, disons, à Zeghidraya, ce sont des déchets musulmans qui vont en zone chrétienne … « , se désole Nazih el Bizri, maire de Saïda.

Les quelques solutions envisagées n’ont jamais abouti comme cet incinérateur construit, en face de la montagne. Les évènements de ces dernières semaines, le redémarrage des institutions du pays pourraient enfin permettre à Saïda de respirer. D’autant plus que l’environnement n’est pas ici sujet à polémique. Ce n’est d’ailleurs pas un sujet du tout.

Et c’est paradoxalement le meilleur atout de ceux qui veulent en finir avec la montagne maudite.

8 Réponses vers “La montagne maudite de Saïda”

  1. […] Reportage sur la montagne de déchets de Saida. Cliquez ici.  […]

  2. Julia Dubois said

    Tout le monde est consterné par ce site et attend des solutions pour préserver la mer et recycler ce qui peut l’être avec les entreprises volontaires,lancer des associations pour recevoir de l’aide, etc …; il y a beaucoup à faire dans le monde, au lieu de se faire la guerre;j’espère que c’est au programme « Méditerrannée » de notre président et que la France apporte des moyens.

  3. BRAS said

    Hello,
    J’ai vu le reportage à la télé. C’est une catastrophe à l’échelle mondiale.
    Il faut alerter BALLESTA, Hulot et le responsable BORLO ministre français écolo.

  4. ROBERT Dominique said

    Consternante cette situation!!!
    A quoi servent les « PETRODOLLARDS »?

    Désolant et catastrophique pour cette magnifique mer fermée qu’est la Méditérrannée.
    Ushuaia de N.HULOT,à quand un reportage à des heures de grande écoute sur cette catastrophe?
    N’existe t il pas une association pour la sauvegarde de cette cote Libannaise?
    Coté sanitaire c’est super aver les Hopitaux à proximité…
    Les dirigeants de ce pays n’ont pas honte.

  5. Cecile said

    Catastrophique…..comment pouvons nous rester passifs devant cela….il faut publier le link poster du reportage de Jean Marie Quemener et Mohamad Hanoun sur tous les sites possibles, soit-ils d’organisations ecologiques,aux ministres d’environnement, etc…si nos dirigents ne font rien, passez a l’acte!!!

    http://www.france24.com/en/20080619-caring-lebanon-waste-mountain-doom-saida-health-economy#comments

  6. ouss said

    C’est vraiment honteux de voir une « montagne de poubelles » pareille.
    Et, surtout quand on en parle à la télé et on fait voir au monde entier les effets sur la mer méditérranée.
    De nos jours, on parle de l’écologie, des énergies renouvellables et de la survie de la planète et malgré tout cela, cette montagnes et ses effets sur la planete et la santé n’intéresse presque personne.
    Surtout quoi et comment faire ?

  7. Chers amis de la diaspora,

    visitez le site de l’ONG. T.E.R.R.E.Liban (Tentons Ensemble de Réaliser un Rêve pour nos Enfants) présidée par Paul Abi Rached élu World Arab Social Inovator à New York.

    Il propose des solutions à la gestion des déchets pour les communes libanaises en créant des emplois dans les domaines du tri sélectif, du compostage et du recyclage.

    Les copains de Hariri veulent mettre en place des incinérateurs en milieux urbains sans prendre en compte les risques sanitaires liés à la contaminations des furanes et dioxines sur des milliers d’habitants.

    Je suis allé l’année dernière rencontrer le ministre de l’environnement (de l’ex gouvernement Hariri) durant une conférence sur la gestion des déchets, il a amené des « experts » européens (italiens) pour promouvoir l’installation d’incinérateur vendus par … l’Italie…

    Ces experts indiquaient que le tri-selectif, le recyclage ne servent à rien… voir contre toute logique que c’est pire encore et bien plus polluant :o)) (le ridicule et l’incompétence ne tue pas)

    La vérité c’est que M. Hariri perçoit 1 million de dollars par jour grâce à Sukleen, 139 dollars la tonne de déchêts alors qu’on peut réduire le cout à 39 dollars grâce au tri par les municipalités et la revente de matière aux usines de recyclage.

    http://www.terreliban.org/Newsletter-Octobre-2011/Problemes-Ecol-ogiques/Non-aux-incinerateurs.html

    Nous avons créer MIRSEL (Mouvement Intéractif, Responsable et Solidaire des Ecologistes Libanais)

    Communiquez auprès de la diaspora que les ONGs Libanaises oeuvrent pour la sauvegarde de l’environnement et des richesses historiques du Liban.

    Rejoignez nous pour préserver ce si beau pays!

    • jeunempl said

      Le manque d’intérêt des autorités pour le recyclage est une de ces énigmes incompréhensibles.
      Quant on connaît la dépendance du Liban pour plusieurs matières premières et les coûts actuels et futurs engendrés par la gestion des déchets… on se demande encore pourquoi aucune politique globale de tri et de recyclage n’a été mise en place.

      Que ce soit au niveau du papier/carton, des verres, des déchets organiques et même des bouteilles d’eau en plastiques, il n’est pas si difficile d’imposer un tri à la source (citoyen), d’autant plus que les gens n’y sont pas opposés. Au contraire, ils doivent être bien au courant de ce qui se fait à l’étranger d’après les échos qu’ils ont de la diaspora.

      Mais hélas, le recyclage ne couvre pas l’ensemble des déchets produits. Ne condamnons donc pas l’incinération trop vite. Toute solution ne peut se concevoir sans diversifier les moyens de combattre le fléau des déchets.

      L’incinération des déchets a pour avantage de réduire la quantité de déchets à enfouir dans le sol (le Liban est trop petit pour ses déchets) ainsi que de produire de l’énergie si la chaleur des fumées est récupérée. Maintenant, le tout est de faire en sorte que les rejets solides, liquides et gazeux de cette incinération ne soient pas nocifs pour la santé de la population. Si un projet d’incinération est proposé, la moindre des choses pour les autorités est d’informer le citoyen sur les mesures prises pour limiter ses rejets.

      Une technique d’incinération bien maitrisée et un traitement adapté des gaz en aval permettent de limiter les rejets de gaz polluants. Quant aux déchets solides de l’incinération, ils peuvent être valorisés.
      Il existe plusieurs techniques de nettoyage des fumées qui réduisent considérablement l’impact environnemental de l’incinération des déchets sur la population et il serait intéressant d’en profiter pour réduire la quantité de déchets à enfouir dans le sol libanais, qui plus est sans mesure de précaution particulière!

      Les déchets solides non valorisables seraient ensuite enfouis dans un site dédié et sécurisé, de sorte à éviter toute pénétration des nappes phréatiques. Tout cela a un coût mais la préservation des sites naturels et la santé des Libanais en dépend.

      Quant à l’association T.E.R.R.E., chapeau pour vos diverses actions! Si vous avez des communications à passer, des articles à publier, n’hésitez pas à nous les transmettre afin de faire suivre votre message à travers notre site.
      Bon courage à vous.

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