Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Al-Akhbar, pas encore deux ans et beaucoup d’ambitions

Posted by jeunempl sur juin 16, 2008

(Arab Press Network – Patricia Khoder)

Al Akhbar - Quotidien libanaisDisponible depuis bientôt deux ans dans les kiosques libanais, le quotidien arabophone al-Akhbar, si proche du Hezbollah que certains lui prête le statut de porte parole du parti de Dieu,  tire à 10.000 exemplaires et rencontre un succès inespéré. Le quotidien cible principalement les jeunes et les femmes en leur parlant de leur quotidien. Son président-directeur général, Ibrahim el-Amine, a confié à APN les grandes ambitions qu’il nourrit pour son titre.

Le premier numéro d’al-Akhbar est paru le 15 août 2006, au lendemain du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
« Nous avons commencé à travailler véritablement le 14 août 2006. Nous devions imprimer le journal dans la banlieue sud de Beyrouth, car c’est dans ce secteur que se trouve la seule imprimerie du pays prenant en charge un format berlinois. Or, la zone avait été tellement bombardée la veille que les employés de l’imprimerie ne se sont pas présentés au travail. Nous avons été obligés d’imprimer notre journal ailleurs et de découper le papier après impression pour avoir le format requis », se souvient le PDG d’al-Akhbar, Ibrahim el-Amine.

En choisissant le 15 août 2006 comme date de sa première édition, al-Akhbar a voulu donner le ton. « Nous sommes un journal qui soutient la résistance (contre Israël), qui lutte contre les Etats-Unis, l’Etat hébreu et l’ingérence occidentale au Moyen-Orient. Nous sommes proches de l’opposition libanaise [NDLR :qui regroupe notamment le Hezbollah, le Mouvement Amal et le Courant patriotique libre] » indique El Amine.
Le premier éditorial de l’ancien rédacteur en chef du quotidien Joseph Samaha, décédé à Londres six mois après le lancement du titre, révélait sans équivoque les positions d’al-Akhbar. « Joseph disait clairement que nous contesterons notamment les relations avec les Américains et les Israéliens », poursuit El Amine.

D’aileurs, al-Akhbar est désigné dans certains milieux proches de la majorité politique comme ‘le porte-parole du Hezbollah’. « Il existe une campagne visant al-Akhbar. Les rumeurs prétendent que le journal est subventionné par l’Iran et le Hezbollah », proteste le PDG du quotidien qui poursuit « Nous sommes le seul journal au Liban qui ne censure pas ses journalistes ».

Mais a-t-on besoin de censurer des articles quand ceux qui les signent sont tous du même bord qui reflète la ligne éditoriale du quotidien ? El  Amine reconnaît que la plupart des membres de la rédaction soutiennent l’opposition.

« Al-Akhbar compte des journalistes influents de gauche. L’équipe est constituée de communistes, de gauchistes – c’est le cas du directeur de la rédaction Khaled Saghié – de partisans du général Michel Aoun, et de nationalistes arabes », indique-t-il.

Une presse écrite archaïque en connivence avec le pouvoir

Malgré l’importante crise économique au Liban et le recul des lecteurs de journaux, El Amine n’estime pas avoir pris des risques en lançant un nouveau titre sur le marché.

« Les quotidiens qui existent au Liban et au Moyen-Orient sont devenus archaïques et ne peuvent plus concurrencer les médias audiovisuels. Nous avions l’impression qu’une certaine génération de journalistes avait besoin d’exercer son métier différemment. Nous avions besoin d’une autre voix politique, différente de celle que véhicule la presse au Liban ; une presse qui s’est adaptée à la situation politique du pays et qui est entrée en connivence avec la classe politique. Ce n’est pas le cas d’al-Akhbar », affirme-t-il.

El Amine, lui-même ancien journaliste d’as-Safir, considère que les grands quotidiens libanais tels que « as-Safir et an-Nahar ont arrêté de se développer et de se moderniser il y a quinze ans ». Il estime également que ces journaux font partie de « l’ordre établi au Liban » et qu’al-Akhbar est « en train de faire bouger les choses…Et les choses changeront ».
Pour lui, « l’important ce n’est pas d’avoir les moyens financiers d’autres journaux, mais de pouvoir être présent sur le marché ».

Al-Akhbar qui sort en format berlinois, une première au Liban, compte 24 pages et emploie 150 personnes. En dix-huit mois, le journal a rapporté des gains supérieurs à ceux prévus par les études de marché préalables au lancement.

« Au début, on prévoyait d’imprimer 3000 à 4000 exemplaires. Actuellement nous tirons à 10 000. Nous avons réussi à nous imposer sur le marché publicitaire et nos parts sont en hausse. Nous avons également des projets d’expansion dans le monde arabe », indique le PDG du journal.
Actuellement, 5000 exemplaires sont acheminés vers le monde arabe et sont ditribués en Syrie et en Jordanie et dans quelques pays du Golfe. Un projet, consistant à imprimer une édition à partir de la péninsule arabique, est en cours d’étude. Il est également question de publier une édition depuis le Maroc.

En ce qui concerne les ventes au Liban, tout comme les journaux du pays, al-Akhbar, bien que distribué dans l’ensemble du pays, réalise le plus gros de ses recettes dans le Grand Beyrouth, zone regroupant la capitale et ses banlieues.

« Nous avons 2450 abonnés. tous les jours nous distribuons entre 4300 et 5000 exemplaires aux librairies, kiosques et camelots. 1000 exemplaires vont aux entreprises et aux administrations. La distribution gratuite, destinée aux entreprises de presse et à certaines personnalités, se chiffre à environ 700 exemplaires. De plus, 5000 exemplaires partent à l’étranger », commente El Amine.
S’appuyant sur les études, il avance que « les Libanais consacrent 25 minutes quotidiennes à la lecture d’un journal. Du fait du format et de la mise en page d’al-Akhbar, notre lecteur peut lire trois pages du quotidien.  Notre mise en page a contribué à notre popularité ».

Le quotidien cible principalement les jeunes et les femmes et privilégie les sujets qui les intéressent. « Nous pensons que ces deux catégories constituent une force très active sur tous les plans notamment politique et économique », note El Amine.
« Une grande partie de notre lectorat a moins de 35 ans. Nous ne voulons pas prendre les lecteurs des autres journaux existants. Quand nous avons commencé nous n’avons détourné que 20 % du lectorat des autres quotidiens », indique le PDG d’al-Akhbar.

« Au Liban, 200.000 personnes veulent lire la presse mais elles ne le font pas car elles sont critiques envers les journaux du pays. Ces personnes estiment que les quotidiens mentent et que le milieu de la presse est corrompu. Elles veulent également des publications qui s’intéressent à leurs affaires et non à celles de la classe politique. Ces citoyens veulent qu’on leur parle de leur quotidien. La plupart d’entre eux sont jeunes et nous voulons les attirer », ajoute-t-il.

Pour séduire ces jeunes, le quotidien a notamment misé sur une maquette aérée, un style rédactionnel simple et des articles plus courts que la plupart des autres publications libanaises.  El Amine avance également qu’à l’inverse de ses confrères, l’agence nationale d’informations (Ani) ne constitue pas la principale source d’information d’Al Akhbar. En outre, ce quotidien ne rapporte pas les déclarations et les activités officielles des hommes politiques (thématique assez présente dans la presse libanaise).

L’un des sites internet les plus consultés

A compter de juin, al Akhbar comptera 40 pages et lancera une importante campagne publicitaire. Cette nouvelle mouture consacrera un espace plus important aux femmes et aux jeunes. Des rubriques, touchant notamment le sport, la culture, la famille, les nouvelles technologies, les sciences, l’environnement et les dossiers dans diverses régions du pays, seront ajoutées.

Le quotidien al-Akhbar dispose depuis son lancement d’un site internet très lisible. Deux personnes, formées chez Microsoft aux Etats-Unis, gère la version électronique d’al-Akhbar. Selon El Amine, il arriverait en tête des sites des quotidiens libanais. Il revendique 305 000 visiteurs uniques par mois, alors que les connexions mensuelles peuvent atteindre un million et demi. Les visiteurs du site viennent du Liban, des Etats-Unis, de la France, des Emirats arabes unis, des Territoires autonomes et d’Israël, de la Syrie, de l’Arabie saoudite, de l’Australie, de l’Europe du Nord et d’Egypte. « Nous n’avons aucune crainte que l’affluence sur le site n’influe négativement sur la vente du journal. Dans notre esprit, le site ne fait pas concurrence au journal mais le renforce ».

« On sait aussi que 60 % de nos lecteurs dans les pays du Golfe sont des Libanais parce qu’ils s’intéressent aux pages locales », indique le PDG d’al-Akhbar soulignant que les annonceurs se trouvent sur le site depuis tout juste un mois et demi. Il promet enfin que dans deux mois le site d’al-Akhbar prendra encore plus d’ampleur.

Publicités

Une Réponse to “Al-Akhbar, pas encore deux ans et beaucoup d’ambitions”

  1. mejdoub said

    SUPPORT GHAZZA
    CNN fait un sondage
    Votez et faites voter pour la Palestine, si ce n’est déjà fait… & faites diffuser ce message.
    http://www.israel-vs-palestine.com

    cordialement

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :