Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Le découpage électoral de Beyrouth: volonté d’accaparer les sièges chrétiens de la part du pouvoir en place

Posted by jeunempl sur mai 20, 2008

(Elsi Moufarrej – Tayyar.org)

Dans toute loi électorale, la principale complication c’est toujours la capitale Beyrouth, qui est l’interface de la démocratie libanaise construite sur le principe de la participation réelle et de la bonne représentation. Mais, étant donné la tendance du parti du pouvoir en place à vouloir contrôler, Beyrouth constitue cette fois encore un nœud. Et alors que l’opposition a présenté plusieurs projets de loi, de la loi de 1960 au projet de loi présenté par le ministre Sleiman Frangieh, la majorité continue à insister sur des formules semblables à celles de la loi de 2000 sous des prétextes que réfute la présente étude. Cette étude démontre une volonté de contrôler les sièges chrétiens à Beyrouth de la part du pouvoir en place, ce qui porte une atteinte aux principes les plus élémentaires des droits de l’homme ainsi qu’aux règles du système libanais et aux bases des lois électorales justes qui garantissent une bonne représentation, ce qui annonce un renouvellement de la crise actuelle qui a entraîné le pays vers l’affrontement.
La comparaison entre les anciennes lois électorales et celles proposées sur la table de dialogue national à Doha montre ce qui suit :

– La loi de 2000 ainsi que tous les projets de loi proposés par la suite se fondent sur la loi de 1960 dans la distribution des sièges entre les cazas et les confessions et ceci en rajoutant 3 sièges à Beyrouth conformément aux amendements de Taef. Ce qui réfute sa prétendue inapplicabilité en raison des changements démographiques.
– La loi de 1960 à découpé les circonscriptions suivant les circonscriptions administratives alors que la loi de 2000 a découpé les circonscriptions administratives selon la carte politique et confessionnelle du pouvoir en place.
– Les deux lois de 2000 et de 1960 prévoient à l’article 4 que l’ensemble des électeurs d’une circonscription électorale, quelle que soit leur confession, votent pour les candidats de la circonscription. Et étant donné que 12 des 26 circonscriptions électorales sont mixtes du point de vue confessionnel, l’accusation de vouloir se replier sur le confessionnalisme en demandant la loi de 1960, tombe.
– La loi de 2000 a prévu 3 circonscriptions mixtes à Beyrouth ce qui a porté atteinte à la représentation chrétienne au lieu d’assurer une unité nationale, alors que la loi présentée par le ministre Frangieh propose que la deuxième circonscription de Beyrouth soit mixte et équilibrée et le projet proposé par la commission nationale de la loi électorale prévoit un processus électoral sur une base mixte, soit, 6 députés libanais sont élus à la majorité dans la circonscription où les chrétiens sont nombreux (première circonscription), et 4 députés chrétiens et 5 non chrétiens sur la base d’un vote relatif à Beyrouth.
– La proposition faite par le parti du pouvoir en place, tout comme la loi de 2000, porte un coup à la volonté de l’électeur chrétien à Beyrouth et ceci en le rattachant aux circonscriptions où les sunnites font le poids. Tandis que les autres lois et projets de lois proposés par l’opposition et la commission nationale de la loi électorale ont bien séparé les deux poids chrétien et sunnite. Ainsi, la loi proposée par le pouvoir en place ouvre la porte à la concurrence autour des 5 sièges chrétiens et garantit les sièges non chrétiens ainsi que le contrôle de la seconde moitié des sièges chrétiens.

Remarque : il serait intéressant de signaler que les régions où les chrétiens font le poids sont : Achrafiyé (51,993 électeurs), Rmeil (29072 électeurs), Medawwar (41789 électeurs), Msaytbe (63132 électeurs), Ras Beyrouth (30062 électeurs). Les régions mixtes : Bachoura (45262), Dar El Mrayse (10621), Zkak El Blat (42663), Al Marfaa (8664), Mina El Hosn (13466). Et Beyrouth  comprend : 182 000 électeurs sunnites, 57000 électeurs chiites, 5000 électeurs druzes, 47 électeurs arméniens orthodoxes, 42000 électeurs orthodoxes, 24000 électeurs maronites, 9000 électeurs catholiques et 33000 électeurs arméniens et chrétiens différents.

Le système relatif consiste à ce que les listes concurrentes (qui sont des listes fermées que l’électeur ne peut modifier composant sa propre liste) obtiennent autant de sièges que de votes. Par exemple : si la liste A obtient 60% des votes elle obtient donc 60% de l’ensemble des sièges.

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