Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Shisha, shawarma et politique dans les cafés libanais

Posted by jeunempl sur mai 17, 2008

(La Presse – Laura-Julie Perreault)

Café libanais - Shisha et shawormaLa semaine d’affrontements au Liban, qui a fait craindre aux Libanais un retour à la guerre civile, a aussi donné des sueurs froides aux 53 000 Montréalais originaires du pays du Cèdre. Certains d’entre eux croient d’ailleurs que les politiciens du Proche-Orient auraient avantage à les écouter pour sortir le pays de l’impasse.

Il est 19h. Le soleil plombe encore sur la terrasse du café Chez Zaza. Pourtant, les conversations sont à l’orage.

Attablés sous des parasols, une shisha à la main, les propriétaires de l’établissement du boulevard Décarie et leurs clients discutent d’images horrifiantes qu’ils ont trouvées sur le Web.

On y voit des Libanais armés qui frappent allégrement sur d’autres, pourtant déjà inconscients au sol. «C’est de la pure cruauté. C’est révoltant», s’exclame Adel Akkouche, un des deux patrons de la place.

Ici, les poignées de main entre les parties rivales qui ont repris le dialogue au Liban en laissent plusieurs perplexes. Mais elles alimentent les discussions… tout autant que les shawarma qui font la réputation de ce lieu de rencontre du nord de la ville.

Tous dans le même pain

Autour des tables, le Tout-Montréal libanais a d’ailleurs sa place. Les chiites, les sunnites, les chrétiens. «Ici, on mange tous dans le même pain», laisse tomber Gaby Bedros, l’autre copropriétaire de Chez Zaza. «Oui, c’est ça. On mange dans la même assiette», renchérit son partenaire d’affaires.

À eux seuls, les deux restaurateurs sont un bel exemple de dialogue intercommunautaire. Gaby Bedros, 39 ans, est chrétien. Il avait 17 ans quand sa famille a décidé de fuir le Liban en guerre. Né à Montréal, Adel Akkouche, 28 ans, est musulman chiite.

Les deux hommes se sont connus quand Gaby Bedros travaillait dans l’un des restaurants Basha dont le père d’Adel est propriétaire. Depuis quatre ans, malgré leurs religions et leurs opinions politiques divergentes, ils mènent leur barque ensemble.

Selon eux, les divisions communautaires qui font la pluie et le beau temps au Liban ne devraient pas exister à Montréal. À ce sujet, leurs clients sont plutôt d’accord. «Ici, autour d’une table, on refait le Liban tous les jours. On trouve des solutions. On se parle. Il faudrait que les politiciens au Liban prennent exemple sur nous», affirme Mohamed Faras, avant d’éclater de rire.

Quand ça brasse au Proche-Orient, les deux écrans géants du café Chez Zaza diffusent les images du Liban. Mais lors de la visite de La Presse, les nouvelles en arabe avaient déjà cédé la place aux chanteurs populaires libanais qui font carrière au Liban, mais aussi dans la grande diaspora libanaise. Car si le pays du Levant compte 3,9 millions d’habitants, la diaspora représente quatre fois ce nombre, soit plus de 12 millions d’âmes. Et cette énorme force vive aimerait bien avoir son mot à dire de temps à autre.

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