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Portrait : Deux nuits d’exil avec Ibrahim Maalouf

Posted by jeunempl sur mai 12, 2008

(La Libre Belgique – Vincent Braun)

Ibrahim Maalouf - Trompettiste, JazzIl semble venu de nulle part, mais il est là depuis des années, tapi dans l’ombre des autres, affûtant son art, trimbalant sa trompette à quart de ton de concours internationaux en concerts aux quatre coins de la planète (Europe, Russie, Moyent-Orient, Etats-Unis), sans oublier les studios d’enregistrement. Le talent d’Ibrahim Maalouf, 28 ans, peut aujourd’hui exploser à la face du monde avec « Diasporas », un premier album qui ressemble bien à ce jeune déraciné libanais, exilé depuis sa tendre enfance en France. Soit un impressionnant brassage de musiques traditionnelles orientales, de pop, de jazz et de sons d’ambiance.

Issu d’une famille de musiciens et d’intellectuels (il est le neveu de l’écrivain Amin Maalouf), Ibrahim est initié dès 7 ans à la manipulation des pistons sous l’impulsion de son père, le premier trompettiste arabe à avoir joué un répertoire classique occidental. Il s’essaie aussi aux noires et aux blanches avec sa mère, pianiste. « Mon père m’a appris à jouer de la musique classique. Et, parallèlement, il a inventé une trompette à quart de ton sur laquelle il m’a aussi appris à jouer. C’est ça qui m’a lancé dans la musique. Quand j’ai passé mon bac, je voulais être architecte ou ingénieur pour reconstruire le Liban, mais il se trouve que j’ai passé le concours au conservatoire de Paris et que j’ai été reçu. J’étais à fond dans une vision classique de la musique avec des concours internationaux, tout le parcours classique pour être soliste, c’est-à-dire avec un répertoire classique, baroque, moderne, contemporain, même renaissance, même si pour la trompette il n’y a pas grand-chose à jouer dans ce créneau. »

Si Ibrahim privilégie d’abord cette voie, c’est parce que ça marche et qu’il y parvient, parce que pour son père, c’était synonyme de classe, de réussite. Mais malgré cette trajectoire, Ibrahim a toujours écouté de la musique pop, rock, électro, hip-hop, trip-hop, tout ce qui est actuel, même le jazz, les musiques du monde.

Vers l’âge de 20 ans, il fait une rencontre déterminante, celle de Vincent Ségal (artisan du duo électro Bumcello et violoncelliste de Matthieu Chedid). Ibrahim posera sa trompette sur quantité d’albums. Sans oublier de composer pour lui-même, avant de signer son disque.

Si la thématique des diasporas paraît évidente dans son cheminement personnel, elle est loin de s’être imposée d’emblée. « Je peux pas l’éviter ni la renier. C’est là. Je devais avoir un an ou deux quand mes parents ont fui la guerre en pensant qu’ils allaient rentrer le mois d’après. Finalement, ça a duré 17 ans. Mais tous ces titres, Diaspora et les autres, sont venus très tard. Quand j’ai commencé à composer, je savais que j’avais des choses à dire sans pour autant savoir que ça prendrait cette forme. Je composais parce que j’avais envie de rendre éternelles les musiques que j’avais en tête. »

« Missin’ya », son adaptation du célèbre « Night in Tunisia », de Dizzy Gillespie, devrait d’ailleurs rester dans les mémoires avec ses sonorités à la James Bond. « J’ai repris juste la mélodie et j’ai essayé d’aller chercher en moi tout ce qu’il y a d’oriental, d’africain, de tribal. Et j’ai tenté de replacer tout cela dans un contexte qui aurait pu être celui qui aurait inspiré Dizzy pour écrire ce morceau. »

Ses compositions, il les travaille partout, et notamment dans des lieux publics. Ses morceaux sont d’ailleurs irrigués de sons d’ambiance. On y entend le métro, l’avion, un orgue de Barbarie, une manifestation pour la paix… « Tous ces éléments étaient là quand j’ai composé ma musique. Quand j’aime une musique dans un certain contexte, il faut que je retrouve ce contexte pour l’apprécier de nouveau. Quand je compose, je fais pareil. J’enregistre et utilise les bruits qui sont porteurs de ma musique, qui l’ont inspirée. Du coup, l’album ressemble un peu à une bande originale de film. Mais j’avais envie de ça. C’est un mélange entre composition et ambiance sonore. Mon rêve, c’est de faire de la musique de film. Et depuis que l’album est sorti, on m’a contacté pour deux ou trois films. »

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