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Mgr Boulos Matar, évêque maronite de Beyrouth: «Le patriarche se tient à égale distance de tous»

Posted by jeunempl sur avril 8, 2008

(Magazine)

Boulos MatarDans une interview recueillie par Magazine, Mgr Boulos Matar assure que le patriarche maronite se tient à égale distance de toutes les parties. «Les pôles chrétiens de l’opposition, dit-il, ont le sentiment que Mgr Nasrallah Boutros Sfeir leur préfère les chrétiens loyalistes, mais ce sentiment n’est pas justifié.» L’évêque de Beyrouth lance un appel aux Libanais et leur demande de s’unir, sinon leur pays ira à la dérive.

L’initiative que vous menez pour rétablir les relations entre le patriarche maronite et les forces chrétiennes de l’opposition est-elle près d’aboutir?

Il y a de grands espoirs qu’elle aboutisse prochainement. Mon optimisme se base sur les propos des uns et des autres. C’est une initiative qui peut faire du bien sur le plan pastoral et psychologique, parce que tant que certains se sentent exclus ou mal considérés alors qu’ils sont de la famille, quelque chose grincera et empêchera une véritable cohésion, bien que, je tiens à le préciser, ce sentiment ne soit pas réellement fondé. Tous les membres de la communauté sont membres à part entière. Depuis qu’il occupe ses fonctions, le patriarche est le père de tous. Evidemment, il a ses propres opinions et cela est son droit.

Cette initiative s’appuie-t-elle sur un plan précis ou vise-t-elle simplement à assainir les relations entre Bkerké et le tandem Aoun-Frangié?

J’ai commencé à rapprocher les deux bords dans une optique pastorale, dans le sillage de la fête de Pâques, cette fête étant celle de la réconciliation par excellence. Le sort du Liban est en jeu. Mais de quel Liban parle-t-on? S’il y a un seul Liban, son salut est facile. Mais s’il y en a deux, les choses deviendraient plus difficiles. Lorsqu’au Liban, les deux parties s’excluent et se rejettent, cela signifie que le corps libanais est malade. Soit nous sommes des citoyens que tout divise, soit le Liban est une entité réelle défendue avec une détermination et une volonté à toute épreuve. Par conséquent, je considère que cette réconciliation est primordiale pour repartir sur de nouvelles bases. Le général Michel Aoun et Sleimane Frangié ont exprimé, d’une manière brusque, des opinions à l’encontre du patriarche. Opinions que je considère erronées. Le patriarche n’a rien contre personne. Il défend des choix, des idées et non des individus. J’ai perçu, chez les deux pôles de l’opposition, une volonté de mettre fin à ce froid. A partir de là, on pourra peut-être entamer de nouvelles relations entre les chrétiens de l’opposition et les chrétiens loyalistes, et trouver entre eux des terrains d’entente. Ce dialogue a besoin d’un climat sain. Je ne donne raison ni aux uns ni aux autres; je considère que l’assainissement des relations est primordial. Les différends coûtent cher en confiance, en crédibilité, en économie, en image du Liban message… Ce qui compte, enfin, c’est le salut du pays. On évoque d’ors et déjà le report des élections législatives de 2009. Qu’est-ce que cela signifie? Cela est grave et fait du Liban un pays allant à la dérive sans président, sans gouvernement… Nous sommes obligés d’élire un président avant le printemps prochain, si nous voulons sauver le Liban. Si nous ne sommes pas capables de trouver nous-mêmes la solution, nous irons à la ruine. Malgré les divisions, il s’agit d’avoir une volonté commune de sauver le Liban.

Pourquoi les relations entre les chefs chrétiens de l’opposition et le patriarcat sont mauvaises, bien que Michel Aoun et Sleimane Frangié ont signé le pacte d’honneur et se sont prononcés pour les constantes de l’Eglise maronite, alors que les chrétiens du 14 mars ne l’ont pas fait?

Je ne veux pas me mêler de politique directe. Ce que je peux dire c’est que l’opposition reproche à la majorité de ne pas tenir compte des droits des chrétiens ­ reproche que je n’adopte pas personnellement. Elle a le sentiment que le patriarche préfère les chrétiens loyalistes, elle va jusqu’à avancer que, lors des séquences de photos, il est plus souriant lorsqu’il se tient à leurs côtés. Mais je suis certain que le patriarche se tient à égale distance de tous. Tous les différends peuvent être résolus si le dialogue s’établissait entre les chrétiens. L’opposition reproche aussi à la majorité de servir les intérêts américains. Il n’y a aucune raison de nier nos relations avec l’Occident, mais il s’agit de dialoguer pour voir si toutes les appréhensions sont justifiées.

Avez-vous reçu des garanties de la part des pôles de l’opposition que leur attitude et les propos tenus contre le patriarche ne se répéteront plus?

La confiance va au-delà des contrats. Nous devons la rétablir et s’y arrêter.

On parle d’une proche initiative du Vatican en direction du Liban, visant à aplanir les dissensions interchrétiennes, mais aussi à régler la crise libanaise dans son ensemble. Qu’y a-t-il de vrai dans ces informations?

Je n’ai pas eu vent d’un tel projet. Mais je suis sûr que le Vatican est vigilant et prend à cœur l’intérêt des chrétiens en tant que communauté mais aussi en tant que présence au Moyen-Orient, présence symbolique de coexistence et de vivre en commun. Le Vatican a un ministre des Affaires étrangères que j’ai rencontré récemment et qui m’a affirmé que le Saint-Siège s’intéressait de près au Liban. D’ailleurs, l’annonce apostolique faite par le pape Jean-Paul II dans le cadre du Synode le prouve. Le Vatican ne remplace pas l’Eglise locale mais l’appuie.

Si le gouvernement de Fouad Siniora décidait un replâtrage ou un élargissement ministériel, l’appuieriez-vous?

Cela ne règle aucun problème. Ce qu’il nous faut, c’est élire coûte que coûte un président de la République. Il faut faire vite; le temps est contre nous. Un pays sans tête fonctionne, certes, mais on ne sait pas où il va. N’oublions pas aussi qu’il n’y a pas de Parlement, que les ambassadeurs n’ont pas de référence à laquelle présenter leurs lettres de créance et ne sont donc que des chargés d’affaires, que l’économie est en chute libre… La situation est intenable. Il faut être aveugle pour ne pas s’en rendre compte.

Quelle serait l’attitude de l’Eglise si la majorité optait pour l’élection d’un président à la majorité absolue?

Cela risquerait de diviser le pays et ne constituerait donc pas une solution mais plutôt une aggravation de la crise. Il faut que l’opposition et la majorité se rencontrent et s’entendent sur les grandes lignes. De grands défis se présentent, soyons à la hauteur. C’est le moment, ou jamais, de prouver que le Liban est un pays dans le vrai sens du terme. S’il n’y a aucun point commun autour duquel nous retrouver, cela signifie qu’il n’y a pas de solution en vue. Serrons-nous les coudes et n’attendons pas de l’étranger le règlement de nos problèmes.

L’Eglise craint-elle l’implantation des Palestiniens au Liban?

Oui, je la crains. Pour faire face à un tel projet, nous devons nous entendre et nous unir. C’est le seul moyen de peser sur les pays qui travaillent sur ce sujet, les convaincre que le Liban est contre l’implantation. Je demande, donc, à l’opposition qui se prononce contre ce projet de s’unir à tous les Libanais pour qu’ensemble, ils trouvent une solution à ce problème.

Pourtant, les instances locales et internationales n’ont de cesse d’affirmer que ce scénario n’est pas probable…

Comment demander à 500000 Palestiniens de quitter le Liban sans leur trouver une solution alternative? Ceci ne peut se faire que dans le cadre d’une entente internationale certes, mais il nous revient de nous présenter devant le monde comme un pays uni et non divisé à tous les niveaux.

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