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Wajdi Mouawad, seul sur scène loin du Liban

Posted by jeunempl sur mars 6, 2008

(Le Monde – Brigitte Salino)

Wajdi MouawadIl est des moments, dans la vie, où s’impose un retour sur soi. A 40 ans, Wajdi Mouawad en traverse un, qu’il met en scène, de manière très émouvante, dans Seuls. Le spectacle sera présenté en juillet au Festival d’Avignon. Mais c’est à Chambéry qu’il est créé, à l’Espace Malraux, où Mouawad a déjà créé Forêts, en 2006, et où il est artiste associé jusqu’en 2010.

Forêts s’inscrivait dans la lignée des spectacles qui ont fait aimer en France ce Libanais d’origine, installé au Québec après avoir vécu six ans à Paris, de 1978 à 1986. Sa famille fuyait la guerre du Liban, qui n’a jamais quitté l’enfant qu’il était ni l’adulte qu’il est devenu. Comment recoller les morceaux ? Se construire une identité ? Vivre l’exil ? Ces questions hantent les pièces de Wajdi Mouawad, comme Littoral, qui lui a valu, en 2005, le Molière du meilleur auteur dramatique francophone.

Auteur, Mouawad l’est avec générosité. D’un mouvement ample, il sait tisser des fresques qui vous emmènent là où l’odyssée de l’histoire rejoint celle de chacun, dans la quête sans cesse recommencée de l’amour, de la mort et de la vie à apprivoiser avant qu’elles ne filent leur chemin, et ne vous perdent en route. Il y a un goût indéniable de l’absolu dans cette écriture, qui, avec Seuls, efface beaucoup des majuscules qu’elle contient, pour serrer au plus près l’intime.

CROISER DES HISTOIRES

Seuls est un solo – joué par Mouawad lui-même. Celui d’un homme, Herwan, un Libanais exilé au Québec, qui prépare une thèse sur Robert Lepage, la grande figure du théâtre québécois. C’est l’hiver, il tombe des tonnes de neige, et Herwan n’arrive pas à travailler. Il tourne en rond dans son nouvel appartement, nu ou presque, comme s’il se protégeait des couches de vêtements qu’il doit enfiler quand il sort.

Le téléphone fixe marche mal, et quand il sonne, c’est soit sa soeur, soit son père, qui ne le lâchent pas, soit le directeur de thèse, qui lui demande de terminer son travail au plus vite pour obtenir le poste d’un professeur qui vient de mourir. Mais pour terminer, Herwan veut revoir Robert Lepage, qui prépare un spectacle à Saint-Pétersbourg.

C’est là que Seuls réserve une surprise. On s’attend, comme toujours avec Wajdi Mouawad, à partir loin, à rencontrer des gens, à croiser des histoires. Et l’on se retrouve face à un homme seul, qui se dépouille peu à peu des peaux d’oignon de la parole, pour entrer dans le monde de la performance, en peignant sur son corps autant que sur les murs ce qui l’habite et lui pèse : la vacuité des jours qui se suivent en boucle, le désir d’être soi et autre, l’appel, nourri des souvenirs d’enfance, à une vie qui échapperait à la pesanteur. Une vie d' »étoile filante », comme Herwan rêvait d’en être une, quand il était dans l’instant de la nuit, au Liban.

Herwan, c’est évidemment Wajdi Mouawad. Mais c’est chacun, et Seuls le dit bien, jusque dans ses maladresses, qui étaient incroyablement touchantes, le soir de la première, mardi 4 mars. C’étaient celles de la vie comme elle va, quand on se demande où elle va.

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