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Justice – Le « tribunal de la conscience » condamne violemment Israël à partir de Bruxelles

Posted by jeunempl sur mars 4, 2008

 Une première et un tournant dans la lutte contre l’État hébreu, selon les organisateurs

 (L’orient le jour – Scarlett Haddad)

De l’avis des experts, il s’agit d’un tournant important dans la lutte contre Israël. Désormais, le conflit ne se joue plus seulement sur le terrain, à travers des actes de violence réciproques, mais il est propulsé devant les tribunaux internationaux et les instances qui regroupent un grand nombre de pays et d’associations de la société civile. En dépit de toutes les embûches, le « tribunal international des citoyens pour le Liban », connu aussi sous le nom de « tribunal de la conscience », s’est tenu à Bruxelles à la fin de février, avec la participation de juges internationalement reconnus : Lilia Solano, présidente (Colombienne), Adolfo Abascal (Vénézuélien), Claudio Moffa (Italien, rapporteur) et Rajindar Sachar (Hindou) assesseurs. Il a émis son verdict, après une procédure similaire à celles des instances juridictionnelles internationales, dans lequel il a estimé que « les autorités israéliennes sont responsables de la guerre contre le Liban en juillet 2006 » et il les considère « coupables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide ». Le verdict invente même un nouveau concept, celui du crime d’agression dont Israël s’est rendu, selon lui, coupable au Liban.

Selon un des Libanais membres du comité organisateur, ce verdict a une valeur morale et il sera transmis à toutes les organisations relevant des Nations unies, ainsi qu’aux parlements et aux gouvernements du monde entier. De plus, il est de nature à encourager les individus dotés d’une double nationalité, libanaise et autres, qui se considèrent lésés par les agressions israéliennes, à intenter des procès aux autorités israéliennes devant les tribunaux de leur seconde nationalité. De la sorte, « l’État hébreu sera noyé de plaintes pénales qui augmenteront son discrédit », estime un des membres du comité organisateur.

De retour à Beyrouth, la délégation libanaise, qui regroupait entre autres le Dr Hassan Jouni, l’ancien ministre Issam Naaman, Kamal Hamdane et Ali Fayad, continue à assurer le suivi pour que le verdict ne tombe pas dans l’oubli. Mais ils pensent tous que la tenue de ce tribunal est déjà un point en faveur du Liban.
Selon les membres de cette délégation, l’idée de ce tribunal est née en novembre 2006, au cours d’un congrès d’appui à la Résistance, organisé à Beyrouth. Elle avait été déjà utilisée en Europe pour les crimes de la Seconde Guerre mondiale, en Amérique latine, pour les crimes commis par les dictatures contre les populations, aux Philippines et par la « Russel Foundation » pour les crimes commis par les soldats américains au Vietnam. Selon les organisateurs, cette procédure s’impose lorsque les institutions de l’ONU ne sont pas en mesure de condamner l’agresseur et lorsqu’il est impossible de recourir à la Cour de La Haye qui exige le consentement des deux parties pour sa saisine, ni au Tribunal pénal international dont Israël n’a pas signé le traité (ni le Liban d’ailleurs).

C’est un groupe de juristes et d’experts en droit international qui ont donc lancé l’idée. Un comité d’organisateurs a été constitué et l’affaire a pris corps. Au départ, les organisateurs avaient le choix entre trois capitales européennes : La Haye (siège de la Cour internationale), Genève (siège des organisations de l’ONU) et Bruxelles (siège des institutions européennes). C’est cette dernière qui a été finalement choisie. Et une commission a été formée dans cette ville pour les préparatifs qui ont duré plus de huit mois. C’est que les obstacles se sont multipliés pour entraver la concrétisation du projet, notamment au cours des deux derniers mois. Par exemple, la salle réservée pour les audiences du tribunal est devenue soudainement indisponible, le juge égyptien Hicham al-Bastawichi, qui devait représenter les justices arabes au sein du tribunal, a été interdit de voyager, des menaces par mail et par téléphone ont été adressées aux membres du comité organisateur, et enfin, des 29 témoins venus du Liban, qui avaient réclamé des visas, un seul en a obtenu. Malgré tout, le comité organisateur a maintenu le rendez-vous, faisant appel à des témoins dotés de visas Shengen ou à des binationaux, ainsi qu’à des Libanais vivant au Canada ou ailleurs et dont des membres de la famille avaient péri pendant la guerre de juillet. Le comité a ainsi pu réunir 8 nouveaux témoins dont le premier ambulancier qui avait pu entrer à Cana après le massacre et qui vit actuellement en Italie, des proches des victimes du massacre de Nabi Chit qui vivent en Belgique, un Libano-Canadien qui a perdu sept membres de sa famille à Aïtaroun, etc.

La cour a ouvert ses audiences le 22 février. Pendant deux jours, les témoins ont été entendus, ainsi que des rapports d’experts, notamment celui du professeur de physique nucléaire Mohammad Ali Kobeyysi sur l’utilisation par Israël de bombes à uranium enrichi, celui de l’association Green Line sur les dommages subis par l’environnement à cause des bombardements, celui du Dr Kamal Hamdane sur les dommages économiques dus à la guerre et celui du Dr Paola Mandoka sur les traces de l’utilisation de produits chimiques prohibés chez les blessés libanais de la guerre. Les autorités israéliennes avaient été notifiées par la personne de l’avocate de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, Mme Michèle Hersh, mais elles ne se sont pas présentées à la convocation.

L’accusation, peaufinée par Me Diego Diaz et le Dr Hassan Jouni, était de 35 pages bien bouclées, basées sur des témoignages certifiés et des points de droits internationaux.
Près de 300 personnes, dont les ambassadeurs du Liban, de Syrie et d’Iran, ainsi que la vice-présidente du Parlement européen, Louisa Morgantini, ont assisté à la lecture du verdict, avant d’ovationner debout pendant dix minutes les juges.

Selon les organisateurs, c’est donc une première réussie. Pour la première fois, les Libanais ont décidé d’utiliser de nouveaux moyens pour lutter contre Israël et ils ont été jusqu’au bout de leur projet, avec l’aide, reconnaissent les organisateurs, des ONG internationales et des associations de la société civile. Dans cette région, où la violence est la plupart du temps la seule forme de dialogue, c’est peut-être le début d’une nouvelle ère…

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