Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Regards croisés de deux cinéastes sur un Liban éclectique

Posted by jeunempl sur janvier 28, 2008

(Le Monde – Catherine Bédarida)

[NB: description du programme en fin d’article]

ArteUne plongée chez les chrétiens, une autre chez les chiites : la soirée « Thema » proposée par Arte mardi 29 janvier sur le Liban est un double regard porté par des cinéastes libanais sur leur propre communauté. C’est ça le Liban : une histoire maronite, de la jeune Eliane Raheb, et Le Sud, une histoire chiite, de Nizar Hassan, forment un diptyque étonnant, tant ils se répondent à la fois sur le plan formel et sur le contenu.

Sur la forme, chacun fonctionne par bribes : à l’instar de ce pays mosaïque, de ces communautés éclatées, les images sautent d’un personnage ou d’un détail visuel à un autre, d’un paysage à une ruine. Omniprésence des posters de Saad Hariri, le fils de Rafic Hariri, premier ministre assassiné en 2005, dans les quartiers chrétiens. Ribambelle de portraits de dirigeants du Hezbollah, dans les rues chiites. Processions à la Vierge Marie d’un côté. Rituel d’Achoura, avec ses transes viriles et ses séances d’autoflagellation de l’autre. Cigarette fédératrice sur les lèvres des dames d’âge mûr, qu’elles soient blondes décolorées ou coiffées d’un large foulard.

VARIATIONS INFINIES

L’un comme l’autre, les deux réalisateurs interrogent leur milieu. Et l’on découvre la profondeur des divisions internes. Les chrétiens de l’Eglise maronite – Eglise patriarcale catholique -, qui se reconnaissent plutôt dans le courant du général Aoun, haïssent les chrétiens des Forces libanaises (FL) de Samir Geagea, coupable de crimes de guerre, mais toujours actif en politique. « Les FL ont tué mon oncle pendant la guerre », confie une jeune fille. Et d’ajouter : « Ces types mettent une image de la Vierge sur leur fusil et ils partent tuer, alors que mon oncle, profondément croyant, portait son crucifix discrètement sous sa chemise. »

Comme en écho, une journaliste chiite affirme détester les cérémonies d’Achoura, « rituel barbare et primitif ». Ici aussi, les failles sont profondes. Entre communistes, laïques, anciens membres des milices Amal (chiites), combattants du Hezbollah, enfants de couples mixtes, etc., les variations semblent infinies. Tantôt graves – un ancien militant reconnaît avoir tué un Palestinien de 15 ans -, tantôt blagueuses – « J’ai monté un centre d’archives sur la guerre civile, mais je m’intéresse aussi à l’apparition du maillot de bain chez les Beyrouthines », témoigne un artiste chiite.

De chaque côté, une partie des jeunes voudraient échapper à leur appartenance communautaire et vivre dans un Liban débarrassé des divisions confessionnelles. Un rêve fragile.

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(http://www.arte.tv

Mardi, 29 janvier 2008 à 22:25
Rediffusions : 31.01.2008 à 09:55
Le Liban, mosaïque éclatée (121mn)
ZDF

Au Liban, comme dans le reste du Proche-Orient, politique et religion sont indissociables. Alors que l’équilibre entre les différentes communautés évolue depuis plusieurs années, comment cela influence-t-il la vie des Libanais ? Deux cinéastes ont sondé les âmes et les coeurs de leurs concitoyens.

Mardi, 29 janvier 2008 à 22:25
Rediffusions : 31.01.2008 à 09:55 – 07.02.2008 à 05:00
Hayda Lubnan – C’est ça, le Liban (Liban, 2007, 58mn)
ZDF
Réalisateur: Eliane Raheb

De nombreux Libanais ont réagi au retour de la guerre en 2006 par un fataliste « Hayda Lubnan » : « C’est ça, le Liban ! » Mais d’autres continuent d’espérer en un pays véritablement démocratique et sans conflits religieux. C’est ça aussi, le Liban.

Aussi loin que sa mémoire remonte, Éliane Raheb a toujours entendu le fameux « Hayda Lubnan » ponctuer tout événement malheureux dans son pays d’origine. Mais au grand dam de sa famille maronite, la cinéaste n’a jamais voulu se plier à cette attitude fataliste. Et alors que tout espoir de renouveau politique semblait à nouveau détruit après la guerre de l’été 2006, elle a inlassablement cherché à rencontrer ceux qui ne désespèrent pas d’un avenir meilleur au pays du Cèdre. Avec un sens aigu du détail et un regard attentif sur le quotidien, elle accompagne les événements après le meurtre de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri. Les élections peuvent-elles être véritablement démocratiques ? Y a-t-il un avenir pour les jeunes qui souhaitent une démocratie sans références religieuses ? Comment sa propre famille vit-elle la perte de pouvoir croissante des chrétiens maronites ? Sceptique, mais résolument optimiste, Éliane Raheb ne demande qu’à se laisser gagner par l’euphorie des manifestations publiques qu’elle filme ou par la foi de son ami Fadi, qui assure qu’après le départ des Syriens, les communautés vont pouvoir vivre à nouveau en harmonie dans un pays libre et indépendant.

Mardi, 29 janvier 2008 à 23:30
Rediffusions : 31.01.2008 à 10:55
Le Sud, une histoire chiite (Liban, 2007, 58mn)
ZDF
Réalisateur: Nizar Hassan

Si le conflit israélo-libanais de l’été 2006 semble avoir favorisé le retour des chiites sur la scène politique, tous les Libanais d’origine chiite ne sont pas d’accord pour s’identifier au Hezbollah.

En août 2006, alors que la guerre entre le Hezbollah chiite et les forces armées israéliennes en est à sa troisième semaine, un article publié dans le quotidien libanais An-Nahar et signé de Mona Fayyad, professeur de psychologie, fait grand bruit dans le pays et au-delà. Mona Fayyad y accuse le Hezbollah de ne pas se préoccuper vraiment d’améliorer les conditions de vie de la population chiite et d’abandonner la lutte pour davantage de bien-être, de modernité, de liberté et de laïcité au profit d’une image dépassée jouant sur l’oppression, la victimisation et la résistance héroïque. À la suite de cet article, qui a relancé la discussion sur l’identité chiite, Nizar Hassan a voulu savoir comment les chiites se définissent eux-mêmes et comment la religion et la politique influencent leur vie. Quatre témoins d’horizons divers, trois hommes et une femme, décrivent leur position par rapport à leur appartenance à la religion chiite, qui va de l’adhésion au rejet farouche du Hezbollah en passant par la quête – vaine – d’un lieu de vie libre de toute influence religieuse.

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