Après avoir mis au défi les blocs parlementaires chiites de soutenir la loi électorale orthodoxe, Samir Geagea retire son soutien à cette réforme électorale cruciale pour les Chrétiens et le retour de leurs droits.
Honte à ce traitre qui avait déjà poignardé dans le dos les chrétiens lors d’un autre moment tristement historique… les accords imposés de Taëf en 1989. Et cela, après avoir contribué au retrait historique des Forces Libanaises des régions de Chouf, Aley et Saïda dans les années 80, provoquant un exode chrétien sans précédent.
Combien de temps encore ce chef de guerre, aujourd’hui converti en chef de la corruption à l’encontre des chrétiens va-t-il continuer à sévir de toute sa bêtise ?
L’accord électoral de la dernière minute conclu dans la nuit de mardi entre les Forces libanaises, le Courant du futur (CDF) et le Parti socialiste progressiste (PSP) a mélangé les cartes. L’unanimité chrétienne autour du projet orthodoxe a volé en éclat après le revirement de Samir Geagea, sans pour autant que Lire la suite »
"Le président Michel Sleiman est devenu partie prenante dans la bataille électorale et a promis à certaines factions de faire en sorte que les élections se déroulent sur base de la loi de 1960. Un report des élections est possible pour éviter une crise."
Wiam Wahhab, ancien ministre (majorité)
"Michel Sleiman se trompe s’il pense qu’en jouant au poker, il peut obtenir une prorogation de son mandat. Il ne restera pas une minute de plus après la fin de son mandat. Le Liban se dirige vers un vide législatif suivi d’un vide présidentiel."
Alain Aoun, député du Courant patriotique libre (majorité)
"Les droits des chrétiens ne doivent faire l’objet d’aucun débat et ne sauraient être mis à égalité avec les intérêts politiques. La seule raison pour laquelle nous avons approuvé la prolongation du délai de la commission ad hoc est l’insistance du président de la Chambre. Nous voulons démentir l’image négative qui nous est accolée. Ce ne sont pas des intérêts politiques mais communautaires que nous défendons."
Walid Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste
"L’entretien avec Saad Hariri était amical, sincère et importante. Nous nous sommes entendus sur certaines idées, alors que d’autres nécessitent encore un dialogue et un suivi. Nous avons convenu que le projet orthodoxe porte atteinte au pacte national."
Assem Araji, député du Courant du futur (opposition)
"La proposition électorale du président Saad Hariri est fondée sur l’accord de Taëf et sur la coexistence. M. Hariri proposera un mode de scrutin majoritaire de 36 circonscriptions garantissant une victoire chrétienne sur les listes électorales."
La semaine qui commence s’annonce décisive au niveau des efforts déployés dans le but d’aboutir à une loi électorale consensuelle. La sous-commission parlementaire se donne trois jours pour examiner l’opportunité d’élaborer un projet de loi alliant les modes de scrutin proportionnel et majoritaire, selon son président Robert Ghanem, qui a par ailleurs déclaré qu’il ne se porterait pas candidat (dans la Békaa-Ouest) si c’est le projet orthodoxe (chaque communauté élit ses député) qui est finalement adopté.
A quelques heures de la reprise des travaux de la sous-commission, chaque camp a réitéré ses positions. Le président du Parlement, Nabih Berry, a tracé les grandes lignes à l’intérieur desquels les membres de la sous-commission doivent chercher le consensus: selon la chaine de télévision LBC, il a informé l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, qu’il a reçu à la tête d’une délégation du Courant du futur, qu’il n’accepterait aucun projet qui ne prévoirait pas la proportionnelle; il a par ailleurs déclaré qu’il ne convoquerait pas le Parlement pour voter une loi qui n’est pas consensuelle.
Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, en a fait de même, en affirmant dans son homélie dominicale que la loi électorale doit rétablir l’égalité entre les chrétiens et les musulmans.
Pendant ce temps, les personnalités chrétiennes du 14-Mars proches du Courant du futur ont poursuivi leur campagne contre le projet orthodoxe, qui favorise les grands partis au détriment des indépendants. Les députés Nadim Gemayel et Boutros Harb ont une nouvelle fois critiqué cette proposition, qui jouit pourtant du soutien des quatre principales formations chrétiennes: le Courant patriotique libre, le parti Kataëb, les Forces libanaises et le Courant des Marada. Pour M. Harb, ce projet a été mis au placard, pour Nadim Gemayel, il défavorise les chrétiens.
De son côté, le général Michel Aoun a défendu ce projet qui, selon lui, "rend aux chrétiens leurs droits".
Le Hezbollah, par la bouche de son représentant à la sous-commission, le député Ali Fayad, a réaffirmé son soutien au projet Lire la suite »
L’opposition du Courant du futur et du PSP, à la proposition du Rassemblement orthodoxe, s’est élevée contre l’unanimité des chrétiens qui s’en remettent désormais à Nabih Berry pour arriver au consensus le plus large. Pendant que le président du Parlement étudie ses possibilités, les négociations continuent.
L’effet coup de théâtre s’est rapidement dissipé. La semaine dernière, le retrait en grande pompe de la sous-Commission parlementaire, en charge de la loi électorale, du député du CPL Alain Aoun et le virage serré des chrétiens de l’opposition présents à Bkerké, sur lesquels Boutros Harb et ses amis, mais surtout le Futur, ont exercé une forte pression, ont plongé le débat dans une dramaturgie excessive. Ces coups d’éclat auront, au moins, eu le mérite de clarifier les positions des uns et des autres ou au mieux de remettre sur d’autres rails les négociations entre tous les partis. Car, en vérité, les discussions ne repartent pas de zéro. La séquence de la semaine dernière a simplement acté que l’unanimité des chrétiens, à elle seule, ne suffisait pas. Avec le concours des suffrages du Hezbollah et de son mouvement, Nabih Berry aurait pu forcer le calendrier, organiser une séance plénière et faire passer le projet orthodoxe à la majorité. Mais les oppositions des sunnites, des druzes et du président de la République Michel Sleiman étaient trop fortes. Le revoici en première ligne pour concocter un accord global dont il a le secret.
Les chrétiens en attente
Dès vendredi dernier, le patriarche Raï, prenant acte de ce nouvel équilibre de forces, a donc convié à Bkerké les leaders Michel Aoun, Sleiman Frangié et Amine Gemayel, Samir Geagea s’étant absenté pour des raisons de sécurité. Le communiqué publié par le patriarcat à l’issue de la rencontre marque le début d’un nouveau round. «Les participants conviennent de la nécessité de parvenir à une loi électorale assurant la meilleure représentation, de la façon la plus juste et la plus sûre, à toutes les communautés libanaises». Dimanche, dans son homélie, le chef de l’Eglise maronite souligne l’importance de remplacer la loi de 1960.
La dernière rencontre de Bkerké aura eu pour effet de calmer les attaques du CPL contre les chrétiens de l’opposition, accusés d’atermoiements et d’obscurantisme, plus précisément d’avoir cédé aux oukases du Courant du futur, cassant «l’opportunité historique» que constituait l’unanimité des plus grands partis chrétiens sur le projet orthodoxe que Rabié «ne laissera pas échouer».
Cloués au pilori, les Forces libanaises et les Kataëb, qui se sont efforcés de réaffirmer leur alliance avec leurs congénères du 14 mars, ont dû faire montre de pédagogie tout au long de la semaine. Mardi, Samir Geagea a Lire la suite »
Le démantèlement de la maison druze du village de Brih, au Chouf, construite sur une terre appartenant à une famille chrétienne, marque la fin du processus de réconciliation de la Montagne, scellé en 2001. Le résultat d’un travail initié par Walid Joumblatt, sous la supervision du patriarche Béchara Boutros Raï. C’est désormais à l’Etat de prendre ses responsabilités.
Dans le Chouf druzo-chrétien souffle un vent nouveau. A Brih, contraction d’une locution araméenne signifiant Maison du Parfum, les acteurs locaux de la communauté druze, d’abord réticents, se sont résolus à tourner la page. La construction de la nouvelle maison druze du village, édifiée sur une terre de la communauté, vient de s’achever. Restait à démonter l’autre maison, celle qui a été bâtie en 1989 sur une parcelle appartenant à la famille chrétienne des Adwan. Pour les chrétiens du village, cette construction constituait le vestige d’une époque où les druzes avaient savamment effacé toute trace de leur présence dans la Montagne. Brih était la dernière d’une longue liste de localités du Chouf où, depuis 2001, Walid Joumblatt et l’Eglise maronite s’affairent à panser les blessures de cette sale guerre. Beaucoup reste à faire mais la première étape de la réconciliation est aujourd’hui achevée. En dépassionnant le dossier, l’action conjointe du leader druze et du patriarche a fini par porter ses fruits.
Joumblatt, l’évolution
«La réconciliation druzo-chrétienne s’est arrêtée au point où elle a commencé et, à ce jour, nous ne pouvons pas parler de réconciliation dans la Montagne. De nombreuses familles chrétiennes n’ont toujours pas regagné leurs villages, et des milliers d’entre elles sont incapables encore de visiter leurs maisons, leurs terrains et leurs propriétés». C’est ainsi qu’à l’été 2009, celui qui était encore l’évêque de Jbeil, Mgr Béchara Raï, décrivait la situation des déplacés. Huit ans séparent ces déclarations de la visite historique du patriarche Nasrallah Sfeir dans la Montagne. Depuis 2001 et pendant près d’une décennie, le processus de réconciliation s’est résumé à cette visite. Cette question était à peine évoquée dans les Lire la suite »
Tous les efforts entrepris pour rapprocher le député Walid Joumblatt de l’ancien Premier ministre Saad Hariri sont partis en fumée, hier. Les deux hommes ont affiché leurs profonds désaccords et ont déballé en public leurs arguments, qui ont tourné à l’empoignade verbale.
Au cours d’un entretien télévisé, jeudi, M. Joumblatt a résolument ancré son positionnement au centre, affirmant qu’il prendra position au sujet de la question gouvernementale en concertations avec le président Michel Sleiman, le Premier ministre Nagib Mikati et le président du Parlement Nabih Berry, et non pas avec le 14-Mars. Pour M. Joumblatt, la priorité est aujourd’hui de préserver la stabilité du Liban, et empêcher un vide politique, car cela permettrait à la crise syrienne de se transposer au Liban, et risquerait de provoquer une discorde entre sunnites et chiites. Le leader druze a révélé que le soir de l’assassinat du général Wissam al-Hassan, Saad Hariri lui a expressément demandé, au téléphone, de démissionner du gouvernement, ce qu’il a refusé de faire. M. Joumblatt a réaffirmé son attachement au cabinet Mikati, en attendant qu’un compromis soit trouvé sur une autre formule, que ce soit un gouvernement d’union nationale ou de technocrates. « La conjoncture actuelle n’est plus la même que celle qui prévalait en 2005, et on ne peut pas rééditer cette réalisation, a-t-il dit. Aujourd’hui, la communauté internationale regarde le président syrien massacrer son peuple sans broncher ». M. Joumblatt pense que les États-Unis ont intérêt dans la perpétuation de la guerre civile en Syrie, car ce conflit épuise financièrement l’Iran.
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) a affirmé que la crise syrienne va durer encore très longtemps. Si, à un certain stade du conflit, il était favorable à un armement des rebelles, il est aujourd’hui moins enthousiaste à l’idée. Selon lui, plus la Lire la suite »
Samir Geagea, chef du parti des Forces Libanaises, a entamé une visite en Arabie Saoudite. Il y rencontre des responsables saoudiens haut-placés et le chef du courant du Futur, l’ancien premier ministre Saad Hariri.
Hariri a rejeté son appel à intervenir pour faire changer l’avis de Walid Joumblatt sur la future loi électorale. Joumblatt souhaite le maintien de la loi de 1960 alors que le chef des Forces Libanaises milite pour la loi des 50 circonscriptions.
Ces deux lois électorales ont la particularité d’offrir à l’argent politique le moyen de fausser les résultats de l’élection:
- soit par un transfert de population d’une circonscription à une autre comme ce fut le cas de la communauté sunnite à Zahlé en 2009.
- soit par l’achat de votes dans les circonscriptions clés.
Des yeux qui pétillent de malice, de l’humour et un franc-parler. Il fait partie de ceux qui nomment les choses par leur nom et vont droit au but. Il a gardé en lui le côté frondeur de celui qui, à 12 ans, participait déjà à des manifestations. Portrait du député druze de Baabda, Fadi el-Awar, membre du Bloc du Changement et de la Réforme.
C’est dans le village de Kornayel qu’il a grandi dans une famille composée de cinq enfants, quatre garçons et une fille. A l’âge de cinq ans, il perd son père. «On a vécu avec ma mère dans une maison modeste. Ma mère travaillait et nous possédions une petite parcelle de terrain à Beyrouth qui nous rapportait des rentrées. En ce temps-là, cela suffisait pour subvenir aux besoins de la famille», se souvient Fadi el-Awar. C’est à l’école publique de Kornayel qu’il fait ses études scolaires, avant d’entamer des études universitaires à la BUC (actuelle LAU) et à l’Université libanaise.
A un âge très précoce, il fait ses débuts en politique. Il a 12 ans lorsqu’en 1972 il organise la première manifestation à l’école publique et réclame qu’on asphalte les routes. «C’était une demande vitale pour nous car on s’enfonçait dans la boue», dit-il. Il est retenu dans la voiture des gendarmes mais ses collègues réussissent à le libérer en leur jetant des pierres.
En 1973, lorsque les problèmes entre l’armée et les Palestiniens commencent, il se promène partout avec une keffieh autour du cou, alors que toute la famille se rendait auprès du ministre de l’Intérieur, Bachir el-Awar, qui était un parent à lui. «J’ai toujours considéré mienne la cause Lire la suite »
Le patriarche maronite Béchara Boutros Rahi a été reçu dimanche à Moukhtara par le chef du Parti social progressiste (PSP) Walid Joumblatt dans le cadre de sa tournée dans la Montagne du Chouf.
"L’objectif de cette visite est de poursuivre la réconciliation entre tous les habitants de cette région", a déclaré Mgr Rahi.
Et d’ajouter : "La réconciliation fait partie de notre culture en tant que chrétiens et nous allons la poursuivre ensemble dans le cadre de l’amour et du partenariat".
Le député Joumblatt a pour sa part salué les efforts déployés par le patriarche pour enraciner la coexistence et la diversité au Liban.
Il a espéré que la page des souffrances de la guerre civile libanaise dans la montagne soit tournée et en particulier dans la localité de Lire la suite »
Le consul anglais Churchill écrit : « Les druzes, toujours prêts à courtiser un parti dominant… »
On ne disait pas cela des druzes quand régnaient sur eux les familles d’origine druze. Ce qui a changé les choses, c’est l’achat, par Ali Joumblatt en 1723, de la place de chef de la communauté druze — puis la collaboration de son petit-fils, Béchir Joumblatt, avec l’émir Béchir, en vue de soumettre les chrétiens et les chiites du Liban.
À l’époque, les deux Béchir se disaient sunnites comme leurs grands-parents, et chacun d’eux jeûnait le ramadan, offrait la zakat, et s’était construit une mosquée dans laquelle il observait les prières islamiques.
La force des Joumblatt a affaibli le parti yazbeki, qui ne peut combattre l’argent avec l’argent, puisque le Liban, qu’il défend, est une entité pauvre, qui ne tire sa force que de l’unité de son peuple. C’est justement cette défense du Liban qui pousse la majorité des druzes à se rassembler autour du parti yazbeki en temps de paix civile.
Les Joumblatt ont donc intérêt à combattre la paix qui les prive de ce pouvoir pour lequel ils ont sacrifié beaucoup d’or et payé les vies de plusieurs de leurs chefs. C’est pourquoi ils soutiennent l’ingérence étrangère qui leur procure l’argent, les armes et le soutien politique. Celle-ci, en échange, exige qu’ils allument la discorde qui affaiblit le Liban et rend son invasion possible. De là, la violence verbale et les attaques confessionnelles et racistes qui remplissent les discours les plus célèbres des Joumblatt. De là, aussi, leurs revirements quand la puissance qui les soutient change de politique.
L’argent et les discours racistes assurent aux Joumblatt la suprématie sur la communauté druze par temps de guerre ou de crise. Car la peur existentielle pousse alors la plupart des druzes à oublier que les Joumblatt, quand ils étaient venus au Liban, n’avaient combattu que Fakhreddine et les autres druzes qui défendaient le Liban, et que leurs fusils ne se sont dirigés vers les poitrines des chrétiens et des chiites du Liban, qu’après avoir éliminé la force des familles druzes qui Lire la suite »