Prétextant l’utilisation par l’armée syrienne d’armes chimiques, les Etats-Unis ont franchi un pas supplémentaire vers l’armement des rebelles syriens, ce qui aura pour conséquences directes de prolonger la durée de la guerre et de torpiller les efforts diplomatiques déployés pour trouver une issue politique au conflit.
Après Paris et Londres, Washington a donc annoncé jeudi qu’il était arrivé à la conclusion que des armes chimiques, notamment du gaz sarin, avaient été utilisées en Syrie. Entre 100 et 150 personnes au minimum ont été tuées dans des attaques chimiques en Syrie, a annoncé dans un communiqué Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale du président américain Barack Obama. Le responsable US a innocenté les rebelles contrairement au rapport d’enquête des Nations unies. "Nous pensons que le régime Assad garde le contrôle de ces armes. Nous ne disposons pas d’informations solides, corroborées, indiquant que l’opposition en Syrie a acquis ou utilisé des armes chimiques", a-t-il indiqué.
La Maison Blanche a indiqué que Barack Obama avait décidé d’octroyer une "assistance militaire directe" à l’opposition syrienne, estimant qu’une "ligne rouge" avait été franchie. Les Etats-Unis se sont abstenus de détailler la forme que prendrait cette assistance militaire. Mais le New York Times a indiqué que des livraisons d’armes, dont des missiles antichars, seront coordonnées par la CIA. D’autres informations évoquent la possible instauration d’une zone d’exclusion aérienne près de la frontière jordanienne. Dans ce cadre, les Etats-Unis vont laisser dans le royaume hachémite des chasseurs F-16 et des missiles Patriot, ainsi qu’une unité de Marines sur des navires amphibies, à la fin d’exercices militaires communs.
Le sénateur républicain John McCain a loué les déclarations de la Maison Blanche mais réclamé une nouvelle fois l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne et la livraison d’armes lourdes. "Il est temps d’agir de façon décisive. Nous avons besoin d’armes lourdes capables de s’en prendre aux chars, et nous avons besoin de missiles sol-air. La seule chose qui changera l’équation sur le champ de bataille est la destruction de la Lire la suite »
Dimanche 2 Juin, les militants français et belges pour le rassemblement de la Syrie autour de son président Bachar El Assad se sont réunis devant l’ambassade de l’entité sioniste à Bruxelles.
Drapeaux, effigies de Bachar et de Sayed Hassan Nasrallah, le secrétaire général de la résistance libanaise, quelques 200 personnes de Belgique et de France se sont donné rendez-vous pour manifester leur colère après les attaques répétées d’ « Israël » contre les infrastructures syriennes.
Cette journée haute en couleurs était revêtue d’un caractère spécial. C’est en effet la première fois qu’une manifestation de ce genre est autorisée, mais c’est aussi et surtout la présence de Laurent Louis, le très censuré député belge qui marqua le rassemblement.
On s’en souvient, en 2012, M. Louis avait défrayé la chronique en faisant éclater des scandales pédophiles qui touchaient son pays depuis de nombreuses années. Lors de l’intervention française au Mali, il était le seul député belge à s’y opposer. Mais aujourd’hui, c’est aussi un fervent opposant à l’entité sioniste et à la participation non officielle de son pays à la crise syrienne.
Je suis donc allée à sa rencontre pour en savoir plus quand à sa position sur la question :
-Que pensez-vous de ce qui se passe aujourd’hui en Syrie ?
Ce qui se passe là-bas est une sorte de manipulation, on a créé de toutes pièces un conflit en important des gens de l’étranger, pour faire croire à une guerre civile et à une volonté du peuple syrien de renverser le régime en place. Les soi-disant rebelles que j’appelle des terroristes viennent pour la plupart de l’étranger.
D’ailleurs, il y en a qui viennent de Belgique et rien n’est fait dans notre pays pour empêcher cet exode de terroristes vers la Syrie. De plus, le rôle de la Turquie est scandaleux dans ce conflit syrien. La Turquie a laissé ses portes ouvertes et ne demande que la désintégration de son voisin syrien. Pourquoi ? Lire la suite »
Pour le secrétaire du Courant patriotique libre, le Conseil constitutionnel est appelé à invalider ce qui frappe la démocratie au Liban. Ibrahim Kanaan fait le point sur des questions que chacun se pose.
Le Courant patriotique libre a présenté une demande d’invalidation de la prorogation du mandat parlementaire. Pourra-t-elle être refusée pour des considérations politiques?
Chacun a conscience de la difficulté de cette période historique. Le Conseil constitutionnel est appelé à invalider ce qui frappe la démocratie au Liban. Si, pour une raison ou une autre, le Conseil ne peut assumer ses responsabilités, il aura légalisé la fin de la démocratie. Les magistrats sont conscients de l’importance de leur décision et ne peuvent se laisser influencer par des considérations politiques.
Les positions du président de la République, du patriarche Béchara Raï et la vôtre ne peuvent-elles pas influencer les membres chrétiens du Conseil?
J’ai parlé d’influence dans le sens de contraintes et de pressions directes.
Vous avez minimisé l’insécurité qui a dicté la prorogation. Or, la situation se dégrade chaque jour à Tripoli. Dans la banlieue sud. Des tentatives
d’enlèvements ont lieu…
Les conditions contraignantes ne peuvent être prévues à l’avance. La force majeure s’impose d’elle-même. Si certains camps n’ont pas intérêt dans la tenue des élections ou si des inspirations venaient de l’étranger, il suffirait d’une simple explosion pour empêcher les élections. Pourquoi donner l’image au Liban et au monde que le pays est en guerre. Le ministre de Lire la suite »
Après des mois de débats acharnés, mais relativement stériles, les députés devaient proroger le mandat du Parlement pour une durée d’au moins un an, le temps pour eux d’élaborer une nouvelle loi électorale. Une décision qui ne satisfait pas tout le monde, mais qui semble actée.
Votera, votera pas? C’est sans doute ce que se sont demandé les Libanais ces derniers jours, en assistant aux éternelles tergiversations sur la tenue des élections législatives. Après la mise à l’écart des différents projets de loi, censés remplacer la loi de 1960, par l’une ou l’autre des parties en présence, la solution intermédiaire de la prorogation a effectué son grand retour, au grand dam de certains.
Pourtant, lundi, le Premier ministre démissionnaire Najib Mikati et son Conseil des ministres, réunis brièvement à Baabda, se sont décidés à former la Commission de supervision des élections législatives. Ils ont même approuvé un budget de 22 milliards de livres libanaises, destiné à la gestion des élections le 16 juin prochain, en vertu de la loi électorale en vigueur. Dans une quinzaine de jours donc. «Nous souhaitons une loi électorale plus juste pour les Libanais, mais nous sommes obligés de remplir nos devoirs conformément à la loi», a déclaré Najib Mikati, à l’issue de la réunion. Surprise donc pour les Libanais, appelés théoriquement à se rendre dans les isoloirs le 16 juin, sans avoir pris connaissance des programmes – si programme il y a – des candidats à la députation. Toutefois, qu’ils se rassurent, cette annonce n’est au final qu’un coup d’épée dans l’eau, purement pour la forme, puisque la prorogation du mandat du Parlement semble bel et bien actée. Sur ce sujet, le Premier ministre démissionnaire a estimé que «le gouvernement ne se prononce pas sur cette affaire, c’est la Chambre qui doit décider. Si la décision est prise de proroger le mandat du Parlement, nous l’examinerons et chacun donnera son avis sur cette demande». En préalable à cette annonce de la date des élections, quasiment tous les partis, à l’exception des Kataëb qui ont attendu lundi pour le faire, ont présenté leurs candidats à la législature (voir encadré), qu’ils soient opposés ou non à la loi de 1960.
La situation très instable du Liban, du fait des événements en Syrie et leurs répercussions dans plusieurs points névralgiques comme Tripoli, Saïda, Ersal ou encore les roquettes tombées sur Chiyah ces derniers jours, apparaît comme la raison première de la prorogation. Pour autant, tous les partis ne sont pas d’accord sur la durée de cette prorogation.
Dans le camp du 8 mars, si le Hezbollah et Amal n’étaient pas hostiles à cette option, pour des raisons stratégiques – le premier étant occupé sur le front syrien -, on a vite écarté l’éventualité d’une prorogation de six mois. Une échéance trop brève pour se mettre d’accord. Le tandem chiite penchait plutôt pour un report de deux ans des élections. Mais c’était sans compter sur le président du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, qui a refusé en bloc une quelconque prorogation, après avoir accepté du bout des lèvres, la tenue des législatives en temps et en heure, selon la loi de 1960, qu’il a pourtant décrié depuis de longs mois. Le leader du CPL préférait en effet une élection dans les délais, plutôt que Lire la suite »
Face à la prorogation parlementaire, le peuple réclame des comptes…
"Ils disent avoir peur de la situation sécuritaire… la seule chose qui leur fait peur, c’est de perdre leur chaise parlementaire", lance un manifestant.
Seuls les députés du Courant patriotique libre ont refusé ce vote et feront appel contre cette loi au conseil constitutionnel.
Le CPL regrouperait selon un sondage menée début mai près de 33% des électeurs de la circonscription du Metn.
Le député maronite Ibrahim Kanaan est le candidat le plus populaire de la région avec 51,9% de faveurs, suivi par Samy Gemayel avec 51,5%.
En ce qui concerne le siège orthodoxe, Ghassan Moukheiber recueille 48,7% d’avis favorables alors que Michel Murr doit se contenter de 45 %.
Après les derniers évènements politiques, le CPL aurait encore gagné 5 points passant à 38% de soutien, ceci reste néanmoins à confirmer.
C’est avec un silence suspect qu’ont été accueillis les propos du ministre Gebran Bassil accusant «un responsable politique de la Montagne» de se tenir derrière les tirs de roquettes de la région de Aïtate vers la banlieue sud de Beyrouth, dimanche, Des sources politiques qui suivent cette affaire parlent «de plus qu’un scandale» et donnent les précisions suivantes:
1-Il y a effectivement des informations détaillées étayées de noms et de données, sur les tirs de roquettes. Les enquêteurs disposent des noms de plusieurs suspects et connaissent l’endroit où étaient entreposées les roquettes. Celles-ci étaient au nombre de huit et non pas de trois –les deux projectiles qui se sont abattus sur la banlieue sud et un troisième qui a explosé dans une vallée. Les investigations montrent que les suspects ont des liens avec un responsable politique, et elles déterminent avec précision le lieu de leur rencontre, l’endroit d’où les roquettes ont été tirées, après avoir été exposées à l’air libre pendant un certain temps pour que le taux d’humidité baisse. L’endroit était utilisé pendant la guerre civile pour bombarder certaines régions;
2-Les mêmes milieux affirment que les tirs de roquettes ne peuvent être séparés d’une série d’incidents qui se sont produits ces derniers temps. Ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle certains milieux partisans dans la Montagne sont impliqués dans la bataille sécuritaire, militaire et politique contre les autorités syriennes et leurs alliés à Beyrouth, notamment dans la banlieue sud.
Les tirs de roquettes ne peuvent pas être séparés, par exemple, de l’affaire de l’arrestation à Aïn Zhalta, le 7 avril dernier, par l’Armée libanaise, d’un groupe de personnes accusées de trafic d’armes au profit du Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, en Syrie. Ce groupe a été arrêté en flagrant délit et un échange de coup de tir a eu lieu avec l’armée au cours duquel un des trafiquants, Ghassan al-Zohr, a été tué, alors qu’un autre, Mohammad Serhan, a été blessé. Sept autres personnes avaient été appréhendées;
3-Les mêmes sources ajoutent que l’endroit d’où les roquettes ont été tirées est limitrophe à une région où évolue un groupe extrémiste faisant partie du mouvement politique prédominant dans la Montagne. Il s’agit notamment du groupe de Allam Nasser, qui avait été tué le 11 mai 2008 à Choueifat lors des combats avec le Hezbollah; et des groupes de Lire la suite »
Alors que le pays est encore sous le choc de l’assassinat de trois soldats libanais par des extrémistes dans le jurd de Ersal, les principales forces politiques ont convenu, mercredi, de reporter les élections parlementaires, prévues le 16 juin prochain.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a justifié la décision de proroger le mandat du Parlement par des circonstances de «force majeure», en raison de l’instabilité sécuritaire qui sévit dans le pays. «La situation actuelle ne permet pas d’organiser des élections saines», a dit M. Berry, selon des députés qui l’ont rencontré ce mercredi.
Le député Marwan Hamadé, membre de la coalition du 14-Mars, a annoncé que l’assemblée plénière du Parlement se tiendra vendredi 31 mai à 15 heures, c’est- à-dire au dernier jour de l’actuelle législature, afin de voter la prorogation du mandat de la Chambre. «La prorogation est le seul article à l’ordre du jour de la réunion du vendredi», a indiqué M. Hamadé à l’issue de la réunion du bureau du Parlement à Aïn el-Tiné.
«Seuls les députés peuvent décider de la durée de cette prorogation», a-t-il ajouté.
De son côté, le député du Courant du Futur Ahmad Fatfat a indiqué que tous les groupes parlementaires sont d’accord pour la prorogation du mandat de la chambre à l’exception du bloc du général Michel Aoun. Selon des sources concordantes, l’accord intervenu prévoit une prorogation du mandat de la chambre de 16 mois, jusqu’au 30 septembre 2014.
Le général Aoun avait officiellement annoncé son refus de «participer à une séance parlementaire destinée à proroger le mandat d’une majorité qui renie mes droits». «Ce que j’ai vécu au cours des quatre dernières années m’interdit de proroger le mandat de ce Parlement», a-t-il dit.
Sur le plan de la sécurité, invoquée pour justifier la prorogation, le président de la République Michel Sleiman s’est rendu mercredi matin à Ersal (Liban-est) au lendemain de la mort de trois soldats lors d’une attaque contre un barrage de l’armée près de cette localité sunnite située non loin de la frontière syrienne. M. Sleiman est arrivé dans la région à bord d’un hélicoptère militaire. Il était accompagné du ministre de la Défense, Fayez Ghosn, et du commandant de l’armée le général Jean Kahwagi.
Selon les analystes, l’attaque contre le barrage a pour objectif de pousser l’armée à évacuer la région afin que les rebelles syriens puissent Lire la suite »
Le Conseil des ministres a annoncé lundi que les élections législatives auront lieu le 16 juin prochain, au terme d’une réunion brève mais cruciale, au palais présidentiel de Baabda.
Le Conseil a formé la commission de supervision des élections législatives et a approuvé un budget de 22 milliards de Livres libanaises pour les élections législatives.
"Nous avons discuter des prochaines élections législatives (…) et nous avons décidé que les élections auront lieu conformément à la loi électorale en vigueur (la loi de 1960, ndlr)", a indiqué M. Mikati à l’issue de la réunion.
"Nous espérons que le nouveau gouvernement sera formé le plus tôt possible afin de préserver la stabilité du pays", a-t-il ajouté.
Les législatives auront lieu les 7 et 9 juin à Sydney, Melbourne et au Koweit
Le ministre libanais de l’Intérieur Marwan Charbel a annoncé lundi que les élections législatives pour les Libanais de l’étranger auront lieu le 7 et le 9 juin à Melbourne et Sydney en Australie au Koweit.
Cette annonce intervient à quelques minutes du début d’une réunion cruciale du gouvernement au sujet des Lire la suite »
Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, la classe politique a placé les Libanais devant des choix plus mauvais les uns que les autres. Interview.
Que pensez-vous du résultat auquel est parvenue la Commission parlementaire chargée de proposer une nouvelle loi électorale et de l’option d’une prorogation?
L’ensemble de la classe politique a mis les Libanais et Libanaises devant des options, toutes mauvaises. Le choix est désormais entre le mauvais et le moins mauvais. Il existe quatre propositions et je vais commencer par la pire: la vacance des institutions et à leur tête le Parlement qui, après le 20 juin, perd le mandat que lui ont donné les électeurs. Ceci est dangereux et c’est une première. Cela ne s’est même pas passé pendant les années de la guerre. Le vide appelle à une Commission constituante et je ne pense pas que le Liban soit prêt à reconsidérer son régime politique. C’est là le grand danger. La deuxième option est la prorogation injustifiée. A la veille du 20 juin, le Parlement, autorité législative, se réunira en session ordinaire ou exceptionnelle pour renouveler son propre mandat. Ceci est dangereux et anticonstitutionnel. Même en cas de consensus, le danger persiste. Les gens ont élu les députés pour quatre ans et ces derniers ne peuvent reconduire leur propre mandat.
Qu’en est-il des deux autres options?
La troisième est qu’une inspiration divine fasse que les députés s’entendent sur une loi électorale avant le 20 juin. Il sera alors possible que la nouvelle loi permette une prorogation technique permettant au gouvernement d’organiser le scrutin. Enfin, la quatrième option est que la loi de 1960, qui ne satisfait personne mais qui reste valide même si elle a été politiquement enterrée, soit adoptée. Il n’en reste pas moins que même dans ce cas le gouvernement démissionnaire a des obligations et le problème est que les délais imposés par cette loi ont été dépassés.
Le gouvernement peut-il assurer les crédits nécessaires et former les comités de contrôle si les élections ont lieu le 16 juin?
Ces comités ont besoin d’une décision du ministre de la Justice. L’ouverture de crédits est du ressort du gouvernement. Celui-ci, chargé de régler les affaires courantes peut Lire la suite »