Le Royaume-Uni a présenté une requête à ses partenaires européens en vue d’inscrire le Hezbollah sur la liste terroriste européenne, et les discussions sur cette question débuteront « début juin », ont confié à l’AFP des diplomates, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. « Nous espérons un accord pour mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes d’ici à la fin juin », a précisé un diplomate.
Cette mesure nécessite l’unanimité des 27. Les États-Unis et Israël demandent depuis longtemps aux Européens d’aller dans ce sens.
Il faut dire que Washington considère le Hezbollah comme une organisation « terroriste », sans faire de différence entre ses ailes militaire et politique. « Les nombreuses branches et filiales du Hezbollah partagent une direction, des membres et un financement communs qui soutiennent tous des actions violentes du groupe », a expliqué à l’AFP le porte-parole adjoint de la diplomatie américaine, Patrick Ventrell. Il a rappelé dans un courrier électronique que son administration était « de plus en plus inquiète des actions menées par le Hezbollah, notamment sa campagne terroriste dans le monde et l’appui décisif qu’il apporte au régime d’Assad. La lutte contre ces activités est et restera l’une de nos plus hautes priorités », a insisté le diplomate, précisant avoir « exhorté nos partenaires européens et d’autres pays dans le monde à déployer un large éventail de mesures pour réprimer le Hezbollah, notamment des sanctions et une coopération judiciaire avec les États-Unis ».
Rappelons que le président US Barack Obama s’était ému lundi auprès de son homologue libanais Michel Sleiman de l’implication militaire directe de la milice chiite aux côtés de l’armée syrienne dans sa guerre contre la Lire la suite »
La Turquie a été rattrapée par le conflit syrien après le double attentat qui a fait, samedi, 46 morts et des dizaines de blessés dans la ville de Reyhanli, non loin de la frontière syrienne. Immédiatement accusée d’être responsable de ces explosions, la Syrie a fermement démenti. Selon le ministre syrien de l’Information, le gouvernement turc a transformé les régions frontalières en sanctuaire pour le terrorisme international. Selon Omrane al-Zohbi, Ankara facilite le trafic d’armes, d’explosifs, de voitures piégées, d’argent et de criminels à destination de la Syrie. Aussi, le gouvernement turc et son chef assument-ils, selon lui, une responsabilité directe, politique et morale, vis-à-vis des peuples turc et syrien. M. Zohbi a appelé au départ du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan, responsable, selon lui, des malheurs qui frappent la Syrie.
Pour sa part, M. Erdogan a affirmé dimanche que le régime syrien tentait d’entraîner la Turquie dans un "scénario catastrophe". De son côté, son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a reproché à la communauté internationale son "silence". "La Turquie est en droit de prendre toutes les mesures qu’elle veut, et continuera à le faire", a assuré M. Davutoglu, invitant la communauté internationale à "dire stop" et à "adopter une position claire contre les provocations du régime de Damas qui alimentent le feu". Il a appelé à "une initiative diplomatique urgente pour trouver une solution à la crise syrienne".
La Russie, par la bouche du chef de la commission des AE à la Douma, a affirmé que les accusations portées contre Damas "visent à faire échouer la conférence internationale sur la Syrie" convenue entre MM. John Kerry et Lire la suite »
Ce vendredi 10 mai, le député belge Laurent Louis a demandé au gouvernement une condamnation du dernier raid israélien en Syrie, exposant les multiples infractions israéliennes du droit international, avec le consentement des démocraties dont la Belgique.
Il a commencé par dénoncer les multiples survols israéliens de l’espace aérien libanais, violant la souveraineté d’un état indépendant, avant de rappeler les déclaration de Mme. Del Ponte sur l’utilisation d’armes chimiques par les rebelles syriens, et non par l’état syrien contrairement à ce qu’essaient de véhiculer les médias.
La réponse du ministre du Budget M. Chatel, représentant le ministre des Affaires Etrangères M. Didier Reynders, est tout simplement scandaleuse et repose sur des informations erronées. L’amateurisme du ministère belge des affaires étrangères est d’une honte déconcertante, s’en référant sans cesse aux prises de position de l’administration américaine, partie prenante dans ce conflit.
En bref, la Belgique considère avoir des preuves suffisantes de la détention d’armes chimiques par l’état syrien bien qu’Obama ait encore des doutes sur leur utilisation (oui le ministre s’en remet à Obama…). Toujours d’après le ministre, l’état syrien refuse la visite d’une commission d’enquête internationale sur la présence de ces armes en Syrie.
Or, on sait tous que le président Assad a invité la communauté internationale à visiter les sites qu’ils estiment douteux, tout en respectant la souveraineté syrienne et son droit à se défendre. Ce que refusent manifestement les alliés d’Israël qui ne cherchent qu’une seule chose: détruire ce pays.
Voici l’échange complet entre le député Laurent Louis et le représentant du ministre des affaires étrangères belge :
Animé par la volonté de préserver son indépendance et sa force de frappe énergétique, face aux pays du Golfe d’inspiration américaine, le renforcement de l’activité diplomatique de la Russie au Moyen-Orient s’explique également par la montée de l’islamisme radical qui menace l’unité de la Fédération où certaines Républiques sont à majorité sunnite.
Le retour à la présidence de Vladimir Poutine a durci la politique étrangère russe. La parenthèse Dimitri Medvedev, qui a tenté de nouer une certaine proximité avec le président américain Barack Obama, est bel et bien refermée. Les bouleversements politiques du Moyen-Orient ont conduit Moscou à revenir à ses fondamentaux. Pour la Russie, cette région du monde est d’une importance vitale. Depuis des années, elle livre contre les Etats-Unis une guerre énergétique impitoyable qui sous-tend, aujourd’hui comme hier, les rapports de force entre les pays de la région. Mais le «Printemps arabe», expression que récusent les théoriciens de la diplomatie russe qui préfèrent parler de «soulèvement islamique», a posé des enjeux encore plus profonds. Au cours des siècles, la Russie s’est donné les moyens d’être l’Eurasie, le plus vaste pays du monde, carrefour des civilisations occidentales et orientales. D’un côté, la réaffirmation de son identité chrétienne orthodoxe; de l’autre, la volonté farouche d’empêcher l’islamisme radical de prendre racine dans le pays avec lequel le pouvoir central a déjà fort à faire. Aujourd’hui, c’est tout simplement de son intégrité dont il s’agit.
Le péril de l’islamisme
Dans la foulée d’Evgueni Primakov, ancien ministre des Affaires étrangères de Boris Eltsine, considéré comme le parangon de la politique moyen-orientale de la Russie, Vladimir Poutine a saisi les avantages stratégiques d’une ouverture sur l’islam dit modéré. Dès mars 2008, dans un message à l’Organisation de la conférence islamique (OCI), le président russe assurait que «l’établissement de liens plus approfondis d’amitié et de coopération avec le monde musulman [était] une orientation stratégique de la Russie» et que Moscou «[partageait] les préoccupations concernant le danger d’une division du monde selon des lignes de fracture religieuses ou de civilisation».
Un chiffre méconnu. Peuplée de près de 142 millions d’habitants, la Russie compterait entre 20 et 25 millions de musulmans, majoritairement sunnites, installés surtout dans le Caucase et dans la région de la Volga, autour de la ville de Kazan, plus au centre du pays. Depuis l’attaque d’un théâtre moscovite en octobre 2002, les services de sécurité russes mènent une guerre sans merci au terrorisme islamiste. D’abord cantonné en Lire la suite »
Les lignes de front ont changé en Syrie ces cinq dernières semaines. Une offensive générale lancée par l’armée syrienne à Damas, Homs et Idleb modifie les équilibres militaires et compromet les efforts des rebelles de lancer la «bataille finale» contre la capitale syrienne. Ces développements inattendus, couplés à un blocage politique entre la Russie et les Etats-Unis, risquent de prolonger pour des années le conflit syrien.
L’assassinat des quatre généraux syriens chargés de diriger la lutte contre les rebelles (dont le beau-frère du président Assad, Assef Chaoukat), le 18 juillet 2012, a donné le signal d’une vaste offensive de l’opposition armée sur l’ensemble du territoire syrien. Depuis ce jour, l’armée régulière est sur la défensive. Elle a reculé un peu partout; s’est retirée de régions entières, notamment des campagnes de Damas, Homs, Idleb, Raqqa, Deir Ezzor et Daraa; a perdu le contrôle d’une partie d’Alep, la deuxième ville du pays et de plusieurs aérodromes militaires. Les insurgés sont arrivés aux portes de Damas et se battent à moins d’un kilomètre de la place des Abbassides, dans le quartier de Jobar.
Les succès des rebelles sont dus à plusieurs facteurs. En prenant le contrôle d’une grande partie de la frontière avec la Turquie et l’Irak, ils ont pu acheminer, assez facilement, hommes, armes et matériels.
En plus des milliers de Syriens qui ont pris les armes contre le régime, de vastes réseaux internationaux ont fait passer, dans le pays, des jihadistes de 29 nationalités au moins, selon un rapport des Nations unies. L’envoyé spécial arabe et international, Lakhdar Brahimi, a avancé le chiffre de «quarante mille combattants arabes et étrangers en Syrie», lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité, lundi dernier. Ils viennent surtout de Libye, de Tunisie, des pays du Golfe, du Pakistan, de Tchétchénie, mais aussi des pays européens, notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas, ainsi que des Etats-Unis (Voir encadré). Les jihadistes étrangers rejoignent principalement les rangs du Front qaïdiste al-Nosra et d’autres groupes extrémistes.
Armes et matériels affluent
Ces rebelles, regroupés dans plus d’une cinquantaine de brigades plus ou moins organisées et efficaces – y compris l’Armée syrienne libre (ASL) – ont reçu un financement, des armes, du matériel militaire et un entraînement, fournis par la coalition internationale mise en place pour combattre le régime syrien, sous la direction des Etats-Unis. Selon des sources occidentales, les achats d’armement sont financés par l’Arabie saoudite et le Qatar. Les armes proviennent essentiellement des arsenaux libyens et de Croatie. Le New York Times a rapporté que 3500 tonnes d’armes ont été achetées dans ce pays avant d’être transportées vers des aéroports turcs et jordaniens dans des avions affrétés par l’Arabie saoudite, le Qatar et le royaume hachémite.
Un rapport des Nations unies élaboré par un groupe d’experts du Conseil de sécurité indique, pour sa part, que «des combattants libyens ainsi que des armes et des munitions provenant de ce pays, sont arrivés en Syrie dans le cadre d’opérations organisées par des parties basées en Libye ou dans des pays voisins de la Syrie, parfois, avec leur Lire la suite »
« Aujourd’hui le Liban n’est plus en guerre, mais bien sûr, la situation sécuritaire est très très dangereuse et, comme il y a la guerre tout autour du Liban on a très peur en ce moment. (…) On a reconstitué le pays mais nous sommes encore confrontés aux divisions confessionnelles qui existent dans la région. »
Tracy Chamoun est une femme politique libanaise à la tête du parti des libéraux démocrates du Liban et candidate aux élections législatives de juin 2013. C’est l’aboutissement d’un long parcours personnel qui a suivi les soubresauts de l’histoire de son pays. Tracy Chamoun est également l’auteure de l’ouvrage Le sang de la paix, paru aux éditions Jean-Claude Lattès, dans lequel elle y raconte son parcours. Elle est l’invitée de Julien Chavanne et répond à ses questions.
Au début du mandat du président Camille Chamoun, le pays vivait une ère nouvelle sous le signe d’une unité nationale fragile. La révolution blanche, qui avait poussé le président Béchara el-Khoury à la démission, avait divisé les maronites, alors que les musulmans affichaient des positions mitigées à l’égard du nouveau chef de l’Etat.
En novembre 1953, l’abolition du confessionnalisme est débattue au Parlement au cours d’une séance houleuse. Une affaire connue sous le titre de «Moslem Lebanon today» suscite une véritable tension confessionnelle. Tout avait commencé le 19 novembre 1953 lorsqu’une brochure sous le titre «Moslem Lebanon today» est distribuée dans les rues. Aussitôt, les réactions fusent. Les milieux chrétiens protestent vivement contre la teneur de cette brochure. Les autorités la font saisir et annoncent des mesures contre ses auteurs. La rue se calme et les appels à la grève générale à la demande de Pierre Gemayel n’aboutissent pas. Cependant, les Phalanges se portent partie civile. L’affaire est devant la justice.
Le document, rédigé en anglais, est attribué d’abord à des organismes et à des politiciens musulmans. L’enquête permet de découvrir l’auteur de cette brochure qui fait rage. Il s’agit d’un orientaliste américain du nom de Bruce Condé, inscrit à l’Université américaine de Beyrouth. Il avait fait imprimer le document à l’imprimerie Imad el-Solh, à l’insu de ce dernier. Pendant des semaines, l’affaire occupe la scène libanaise. Les relations entre les différentes factions du pays sont tendues. Le confessionnalisme bat son plein. Le 12 décembre, le parti des Najjadé dénonce cette brochure. Le calme revient peu à peu.
Condé arrêté
Bruce Condé avait quitté le Liban pour le Yémen. Rentré quelque temps plus tard, il est arrêté par les autorités vers la mi-janvier 1954. Ses aveux font rebondir l’affaire. Il affirme qu’il n’a fait que traduire un texte arabe rédigé par le Dr Mustapha Khalidy, chez qui la brochure a été réalisée, et qu’il l’a fait à sa demande.
Le 9 février 1954, le parquet ordonne l’arrestation de Dr Khalidy. Vu la personnalité de l’accusé, le juge d’instruction refuse de Lire la suite »
L’intervention directe de l’ambassadeur des Etats-Unis dans le débat sur les élections législatives au Liban a suscité une vive réprobation de la part de milieux politiques et diplomatiques à Beyrouth. Mme Maura Connelly a (re)commandé la tenue du scrutin à la date prévue, même si les protagonistes libanais ne s’entendent pas sur une loi consensuelle.
L’intervention de Mme Connelly a coïncidé, rappelons-le, avec la signature par le président de la République et le Premier ministre du décret de convocation du collège électoral pour le 9 juin.
Cela ne signifie pas pour autant que les élections auront lieu à cette date, car le 8-Mars et le Courant patriotique libre (CPL) sont déterminés à «enterrer» la loi de 1960 qu’ils qualifient d’«injuste», et qui est d’ailleurs rejetée par les deux principaux partis chrétiens du 14-Mars, les Forces libanaises et les Kataëb. Ces deux formations se sont murées dans un silence gêné, alors que le général Michel Aoun a assuré qu’«il n’y aura pas d’élections sur la base de la loi de 1960, que tout le monde l’entende».
Le leader du CPL a en outre critiqué les déclarations selon lesquelles le projet orthodoxe serait contraire à l’entente et à l’esprit du pacte national. Il a aussi laissé entendre qu’il pourrait y avoir un autre scénario que la prorogation du mandat du Parlement, si les élections n’ont pas lieu à la date prévue, sans donner plus de précisions. Evoquant les propos de l’ambassadeur Connelly, le général Aoun a affirmé qu’il est lui aussi favorable à la tenue des élections dans les délais et qu’il n’attend pas les conseils des Etats-Unis ou de la France à ce sujet.
Rappelant que le projet orthodoxe a été adopté en commissions conjointes, il ne lui reste plus donc qu’à Lire la suite »
L’attentat anti-israélien en Bulgarie avait fait sept morts. Mais les évaluations provisoires des enquêteurs qui incriminent le mouvement chiite libanais ne font pas l’unanimité…
Malgré ses dénégations, le Hezbollah est-il impliqué au premier chef dans l’attentat de Bourgas, en Bulgarie, qui a eu lieu l’an dernier ? La réponse à cette question peut avoir d’importantes conséquences régionales sinon plus.
Petit rappel des faits. Le 18 juillet 2012, un terroriste fait exploser une bombe à côté d’un bus transportant des touristes israéliens qui venaient d’arriver dans la station balnéaire bulgare. Bilan : sept morts, cinq Israéliens, le chauffeur du bus bulgare et le terroriste. Dans les heures qui suivent l’événement, Israël et les États-Unis incriminent le Hezbollah.
Mais il faudra attendre ce 5 février pour avoir du neuf en ce sens : « Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat », déclarait ce jour-là le ministre bulgare de l’Intérieur, Tsvetan Tsvetanov. Ces personnes « possédaient des passeports de l’Australie et du Canada » et « vivaient Lire la suite »
La communauté internationale a intensifié ses pressions, ces dernières 48 heures, pour garantir la tenue des élections législatives à la date prévue, en juin, indépendamment des négociations en cours entre les différents protagonistes pour s’entendre sur une loi électorale consensuelle.
Mardi, le représentant du secrétaire général des Nations unies au Liban, Derek Plumbly, et l’ambassadeur des Etats-Unis, Maura Connely, ont défilé chez les responsables officiels pour délivrer ce message. M. Plumbley a rappelé au Premier ministre Najib Mikati la disposition de l’ONU à offrir une assistance technique en matière électorale au Liban, mettant l’accent encore une fois sur la nécessité d’organiser le scrutin dans les délais prévus.
Pour sa part, Mme Connelly, qui s’est rendue chez le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, a «encouragé le Liban à rester attaché à ses principes démocratiques et constitutionnels et à faire en sorte que les élections se déroulent à la date prévue».
Ces pressions se sont immédiatement reflétées dans les déclarations des hauts responsables. M. Mikati a indiqué que «le gouvernement est contraint d’organiser les élections législatives le 9 juin prochain en vertu de la loi en vigueur si une nouvelle législation n’est pas adoptée», c’est-à-dire la loi de 1960, Lire la suite »