Abouna Yaacoub, un Libanais d’un autre temps, pour le Liban d’aujourd’hui
(L’Orient le Jour)
Yeux d’aigle, barbe décourageante, rondeur d’une pièce sous la bure brune à corde blanche, tel est l’homme infatigable que le Très-Haut a envoyé aux Libanais d’un autre temps pour leur construire quelques-unes des institutions dont ils continuent aujourd’hui à profiter : un hôpital psychiatrique connu régionalement, Deir el-Salib, le Couvent de la Croix, refuge des névrotiques et psychotiques de tous horizons, de ceux que la vie a blessés au-delà de toute mesure, qui ont « craqué » on ne sait pourquoi, ou bien encore on ne le sait que trop ; une maison d’accueil au nom du Christ-Roi, ou l’Hôte divin assure une fin de vie décente à ceux qui se sont consacrés au sacerdoce et qui, au rythme inexplicable que lui seul a fixé, s’éteignent comme le font la plupart des hommes et des femmes ; une congrégation religieuse comme un essaim de moineaux qui volent, picorent et se rassemblent au crépuscule dans un grand arbre touffu où, après la prière du soir, nul ne les verra dormir, les Sœurs franciscaines de la Croix, à l’habit bleu et à la volonté de fer ; un hôpital en zone populaire, au nom de ce travailleur et père de famille appelé Joseph et que la générosité humaine a transformé en l’un des centres de soins les plus performants, comme il sied à des Libanais qui ne s’accommodent que du meilleur, en vanité ou en charité.
Ce sont là les plus visibles – il faudrait en citer une dizaine d’autres, asiles, orphelinats, écoles, maisons d’accueil – des institutions créées par le père Jacques Haddad, OFM-capucin, l’une des trois familles héritières de saint François d’Assise, le vagabond de Dieu, l’homme aux stigmates, le frère universel des oiseaux, de la lune, du soleil et des autres créatures qui grouillent sous la voûte étoilée. Lire la suite »
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