Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Libanaises, offrez-vous le package “mariage civil à Chypre”

Posté par jeunempl le mai 13, 2009

France 24 – Les observateurs

Au Liban, le mariage civil n’est pas reconnu, sauf s’il est contracté à l’étranger. Une agence de voyage en a fait un business : elle organise des mariages à Chypre clé en mains.

Depuis 1936, la loi libanaise reconnaît le droit à chacune des 18 communautés religieuses du pays (sunnite, chiite, maronite, catholique, orthodoxe, druze…) de constituer et de régir, selon ses propres règles, le statut personnel de ses membres. Le mariage, mais aussi le divorce ou l’héritage (pour les musulmans) sont donc prononcés par des instances religieuses.

Un projet de mariage civil facultatif avait été proposé par les parlementaires libanais en 1951 et par l’ancien président libanais Elias Hraoui en 1998. Dans les deux cas, il a suscité un tollé qui a conduit à son abandon.

Si, aujourd’hui encore, le mariage religieux est donc le seul autorisé sur le territoire libanais, une union civile contractée hors du pays y est toutefois reconnue. Au Liban, on peut donc divorcer, mais pas se marier civilement !

Les Libanais souhaitant un mariage civil se rendent le plus souvent à Chypre, qui ne se trouve qu’à 30 minutes de vol de Beyrouth. L’agence Nadia Travel a eu la bonne idée de commercialiser un package “mariage civil à Chypre”. En plus des services habituels, elle prend en charge les frais de la cérémonie, la traduction, la légalisation des documents officiels, le bouquet de la mariée et même les témoins du mariage. Selon le directeur de Nadia Travel, cette offre est très prisée. Chaque semaine, trois à cinq couples se rendent à Chypre pour s’unir.

“La femme qui choisit le mariage civil est considérée comme une personne à la moralité douteuse”

Monique Zoghbi travaille dans les ressources humaines à Beyrouth. Elle a eu recours aux services de Nadia Travel pour se marier avec Elie, à Chypre, le 8 mai.

Nous nous sommes mariés à Nicosie en présence de l’officier d’état civil, de son assistante et de notre chauffeur, qui a également fait office de photographe. La cérémonie a duré sept minutes, au rythme de la marche nuptiale de Mendelssohn diffusée au moyen d’un petit magnétophone apporté par l’assistante. Nous n’étions pas seuls à la mairie. D’autres couples libanais, mais aussi israéliens [en Israël il n’existe pas non plus de mariage civil, NDLR], attendaient aussi de pouvoir se marier.

J’ai choisi le mariage civil parce que je refuse qu’une autorité religieuse contrôle ma vie. Pour moi, le mariage est une formalité. L’essentiel, c’est l’engagement envers l’autre. Et si nous sommes obligés un jour de divorcer, je voudrais que la décision soit la mienne, sans avoir à subir la pression d’une quelconque autorité religieuse, comme c’est le cas pour les catholiques et les maronites au Liban.

Notre mariage a évidemment suscité de vives réactions chez certains proches. Malheureusement, la mentalité libanaise n’accepte toujours pas le mariage civil. Pour certains, il s’agit d’un “pseudo-mariage”, d’une forme de concubinage. La femme qui choisit le mariage civil est considérée comme une personne à la moralité douteuse. Le curé de la paroisse de mon époux nous avait même sermonnés sur les dangers d’un tel mariage. Cette condamnation n’a rien d’étonnant, puisque les autorités religieuses perdraient de l’argent si elles lâchaient prise sur le business du statut personnel.”

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