Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

La branche armée du Hezbollah sur le tapis

Posté par dodzi le septembre 17, 2008

(RFI)

Les dirigeants politiques libanais ont commencé à discuter du sort de la branche armée du Hezbollah. Certains veulent la désarmer, d’autres l’intégrer aux troupes régulières et d’autres, enfin, la maintenir telle quelle. Le dialogue pourrait durer très longtemps avant qu’un concept commun ne soit dégagé.

De notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Les principaux leaders politiques libanais se sont retrouvés, ce mardi, autour d’une même table dans le cadre d’un « dialogue national » pour débattre du sort de la branche armée du Hezbollah, la « Résistance islamique ». Conformément aux résolutions de la conférence de Doha qui a mis un terme, le 21 mai dernier, aux affrontements armés entre les partisans de la majorité et de l’opposition, le président de la République, Michel Sleimane, a lancé le dialogue autour de la « stratégie de défense », un euphémisme pour désigner les armes du Hezbollah.

Cette question avait déjà été évoquée dans le cadre d’un premier round de dialogue, en juin 2006, avant d’être interrompue par la guerre de juillet-août entre le Hezbollah et Israël. Le Liban avait ensuite sombré dans une longue et dangereuse crise politique, ponctuée d’attentats, d’assassinats et d’affrontements, qui a trouvé son dénouement à Doha.

La première séance, placée sous l’égide de Michel Sleimane au palais présidentiel, a accueilli les 14 dirigeants et responsables qui ont participé au dialogue de 2006 et à la conférence de Doha, à l’exception du secrétaire général du Hezbollah. Hassan Nasrallah, qui se déplace rarement pour des raisons de sécurité, s’est fait représenter par le chef du bloc parlementaire de son parti, Mohammad Raad. Le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, son allié druze Walid Joumblatt, le leader chrétien de l’opposition Michel Aoun, ainsi que ses rivaux chrétiens membres de la coalition du 14-Mars, Samir Geagea et Amine Gemayel, étaient présents aux côtés d’autres personnalités des deux camps et du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

Michel Sleimane a mis à profit le climat positif généré par la réconciliation entre sunnites et alaouites à Tripoli pour lancer le dialogue. Même l’assassinat, mercredi 10 septembre, d’un responsable d’un parti druze de l’opposition, Saleh Aridi, n’a pas provoqué le report du dialogue. Et la rencontre lundi, pour la première fois depuis près de deux ans, entre des hauts responsables du Hezbollah et du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt, a conforté ce climat de détente.

Entre désarmement et intégration

Si le sort de la branche armée du Hezbollah est officiellement discuté depuis mardi, le sujet occupe le centre de l’actualité politique depuis plus d’un an. Le débat s’est même envenimé après la conquête de Beyrouth par des combattants de l’opposition menés par le Hezbollah, le 7 mai dernier. Cette question délicate fait l’objet de trois approches différentes et parfois contradictoires. Pour le Hezbollah et ses alliés – notamment le leader chrétien Michel Aoun - la Résistance « a fait ses preuves dans la libération et la défense du Liban face à Israël ». Aussi doit-elle être préservée dans le cadre d’une stratégie de défense, basée sur la complémentarité avec l’armée régulière libanaise. Son désarmement n’est pas envisageable « tant qu’une partie du territoire est encore occupée et que l’Etat hébreu constitue une menace pour le Liban ».

A l’opposé, il y a ceux qui soutiennent que deux armées ne peuvent pas coexister sur une même terre et que la défense du pays incombe aux seules « forces légales ». Cette thèse est ardemment défendue par le chef chrétien Samir Geagea. Enfin, il y a ceux qui défendent une position médiane : la Résistance reste un besoin face à Israël, mais il faut trouver des garanties afin qu’elle ne retourne pas ses armes vers l’intérieur et doit être progressivement intégrée à l’armée régulière. Cette approche est essentiellement développée par Walid Joumblatt qui était, avant le mois de mai, le principal pourfendeur du Hezbollah et de son chef. Saad Hariri commence à se rapprocher de plus en plus de cette dernière thèse.

La primauté de l’Etat

C’est dans ce champ de mines que le parrain du dialogue, Michel Sleimane, avance prudemment. Dans son discours inaugural devant les participants au dialogue, le président de la République a insisté sur la primauté de l’Etat, sans pour autant « lâcher » le Hezbollah qu’il connaît bien pour avoir dirigé l’armée pendant dix ans. « La stratégie de défense doit intégrer les différents éléments de l’Etat et profiter des compétences de la Résistance », a-t-il dit. Des propos que chaque partie va vouloir interpréter à sa façon.

La séance inaugurale s’est déroulée dans un climat calme et détendu. La discussion a surtout porté sur l’opportunité d’élargir le panel des participants, comme le souhaite l’opposition. Celle-ci estime que le choix des personnalités, fait en 2006, répondait à des rapports de forces locaux, régionaux et internationaux qui ont été, depuis, radicalement modifiés en sa faveur. L’opposition souhaite inviter d’autres personnalités comme le leader des maronites du Liban-Nord, Sleimane Frangié, l’émir druze Talal Arslan et l’ancien Premier ministre sunnite Omar Karamé. Mais la majorité refuse toute modification de la liste des participants qui se fera inéluctablement à son détriment.

La discussion a également porté sur la proposition de l’opposition d’élargir le débat à d’autres questions politiques et économiques. Il a été convenu que tous les sujets pourront être abordés… après l’élaboration de la stratégie de défense.

Prochain rendez-vous, le 5 novembre. Mais les Libanais savent d’ores et déjà que des mois, peut-être même des années, s’écouleront avant que majorité et opposition s’entendent sur une stratégie commune. En attendant, la branche armée du Hezbollah continuera de se renforcer, en hommes et en armement, sans la moindre inquiétude sur son avenir.

3 Réponses vers “La branche armée du Hezbollah sur le tapis”

  1. aki a dit

    le hezboallah n’est pas une organisation terroriste mais elle fonde son peuple et sa dignite de l’envahisseur sionniste.
    les pays de l’occident veulent deshonorer l’Islam et son peuple mias allah exalté soit-il nous dit soumettez vous que devant moi.
    alors vive l’islam,vive le hezbollah,vive le hamas.

  2. isabelle serhal a dit

    la question n est pas de refuser que le Hezbollah soit une organisation terroriste. les terroristes ne sont en fin de compte qu un mouvement invente par les puissance pour se garder une certaine influence sur les pays comme le notre.le terrorisme est une formule qui convient d instaurer pour couvrir bcp de crimes. aujourd hui la religion n est plus qu une arme d attaque.
    Sayyed Nasrallah est une personne que je respecte profondement. je ne discuterai pas ses idees politique. C est tout de meme une personne qui est consequente avec elle meme(qu on soit d accord ou pas)et cela releve d une education de l esprit qui, malheureusement n existe pas au Liban.
    je voudrais quand meme relever un point dans votre commentaire qui derange . vous pensez vraiment qu en reagissant comme vous le faites ca changera les choses? rien ne peut nous sortir du marrasme dans lequel on est -et part la, j englobe les libanais, les palestiniens les israeliens et les syriens-si on ne decide pas tous de sortir de notre religion et de se tenir a notre foi!
    mon Dieu n est pas plus fort que votre Dieu… Mon Dieu est amour et pardon. mais mon Dieu est aussi justice et c est a lui que revient le jugement. pour ma part, il est de mon devoir de faire pour mon pays en refusant avant tout de voter pour des irresponsables!d exiger de chaque pretendant au poste un programme bien defini pour son pays et sur lequel je pourrai alors lui demander des comptes et aller jusqu a exiger pour lui la potence s il a manque a son devoir de dirigeant!
    nous ne sommes pas la pour reagir mais pour agir.
    le respect de l autre, voila ce que nous devons apprendre.
    vous ne pourrez jamais combattre plus fort que vous mais vous pouvez obliger au respect. le hamas a eu une chance en or lors des elections qu ont ils fait? le systeme sioniste a toujours ete le meme: diviser pour regner. et tant qu ils trouveront des gens comme nous qui nourrissent leur devise!…

  3. jeunempl a dit

    Isabelle, comme vous le dites si bien, il est temps d’écarter les religions du système politique libanais. Sachez que beaucoup de Libanais raisonnent de la même façon, ils sont plus nombreux qu’on le pense et représentent cette majorité silencieuse.

    Le respect de l’autre? C’est justement le message du document d’entente entre le CPL et le Hezbollah.

    Personne ne pourra jamais éliminer l’autre, nous sommes “condamné” à vivre ensemble. Et seule une union constructive, basée sur le respect des droits de chacun, permettra au pays de reprendre définitivement la route de la paix.

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