Joumblat se retourne contre lui-même et Israël viole les lignes libanaises
Posté par jeunempl le juillet 19, 2008
Mouallem à Beyrouth lundi, Hariri en Iraq et Washington reprend ses relations avec Téhéran
(Tayyar.org)
Alors que la commission de rédaction de la déclaration ministérielle s’applique à rédiger le premier brouillon dans un climat que tous les membres ont qualifié de positif suite aux discours du président de la république et du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prononcés à l’occasion du retour des derniers détenus libanais dans les prisons israéliennes, et à l’ambiance populaire générale qui s’est traduite par une participation massive à l’accueil des corps de Naqoura à Beyrouth en passant par Sidon….
Et qu’un quasi consensus semble avoir été atteint concernant les deux questions de l’arsenal du Hezbollah qui devra être traitée dans le cadre d’une stratégie de défense, et des relations avec la Syrie ce qui élimine un possible obstacle à la rédaction du premier projet de la déclaration…
Les deux milieux politique et populaire ont été surpris par un retournement de la part de Joumblat dans ses positions vis-à-vis de la résistance et de son arsenal. Après avoir longtemps soutenu l’impossibilité de la cohabitation entre le gouvernement et la résistance, il a déclaré lors du festival de Abieh organisé en l’honneur du doyen des prisonniers, Samir Qantar et de ses camarades, que « Etat et résistance n’étaient pas contradictoires ni résistance et souveraineté non plus … », ce retournement est plus qu’une « adaptation » des positions dont Joumblat est un fervent adepte, c’est un changement de camp. Samir Kantar a déclaré que sans « la Syrie, la montagne serait tombée à un moment donné ». Si certains ont considéré ce retournement de Joumblat comme une réponse au discours de Hassan Nasrallah, d’autres l’interprètent comme le résultat d’une lecture anticipée de prochains changements sur le plan régional et international. Les premiers signes de ces changements sont les négociations syro-israéliennes, le dialogue iranien américain, la volonté de Washington d’ouvrir en Iran un bureau diplomatique pour régir les intérêts américains après la décision de réduire significativement les effectifs militaires en Iraq avant l’année prochaine ainsi que la demande formulée par l’Europe à l’attention de la Syrie pour servir de médiateur avec l’Iran dans le dossier nucléaire, cette dernière a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme ce possible rôle syrien dans l’apaisement des tensions.
Et non loin de la surprise Joumblat, le chef du courant du Futur Saad Hariri s’est rendu à Bagdad et a visité les lieux saints Chiites dans le cadre d’une visite placée sous le signe de l’apaisement du conflit Sunnite Chiite et du refus de l’ingérence étrangère dans le processus de démocratisation du Liban et de l’Iraq et de l’établissement de relations dans la prochaine étape. Ceci trois jours avant la visite du ministre des Affaires Etrangères Walid El Mouallem prévue lundi pour inviter le président Sleiman à se rendre en Syrie.
Dans ce nouveau climat général qui présage de prochains changements dans la région et qui s’est immédiatement traduit par un apaisement des tensions à l’intérieur du Liban, l’arsenal du Hezbollah a ainsi été placé dans le cadre d’une stratégie de défense et on parle de placer les fermes de Chebaa sous la tutelle de l’ONU en attendant sa libération et la redéfinition des frontières syro-libanaises, Israël refait surface sur la scène libanaise. Elle a, premièrement, violé les lignes téléphoniques terrestres libanaises, ce qui a poussé le ministre des télécommunications, Gebran Bassil, à adresser une plainte au secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon, et deuxièmement, a lancé des menaces d’attenter à la vie du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasralalh, et du doyen des détenus libanais dans les prisons israéliennes, Samir Kantar. Les observateurs voient dans cette intervention israélienne une tentative d’apaiser la colère populaire à l’intérieur du pays.
Certains ont relié les menaces d’Israël de « représailles plus violentes que celles de la guerre de juillet » contre le Liban aux signes d’améliorations dans les relations américano iraniennes et à la déclaration du ministre iranien des Affaires Etrangères Manouchaher Mouttaki qu’il espère « des évolutions positives » durant les négociations que le négociateur nucléaire iranien Said Jalili entreprend demain à Genève avec le chef de la diplomatie de l’Union Européenne Javier Solana en sa qualité de représentant des membres permanents au conseil de sécurité, en présence des directeurs politiques des ministères des affaires Etrangères des deux pays et parmi eux – pour la première fois – l’attaché du ministère américain aux Affaires Etrangères, Nicolas Perenz…De hauts responsables américains ont exprimé la volonté de Washington d’établir des relations diplomatiques avec Téhéran.
Toutes ces évolutions apaisent – relativement – les tensions à l’intérieur du Liban, mais la vigilance reste de rigueur.
Hariri : Couper la route au conflit sunnite Chiite
Magistrats libanais : Suspendent les séances en manifestation de leur mécontentement
Ziad Baroud : Le ministère de l’Intérieur sera un ministère des Droits de l’Homme
Joumblat : Aucune contradiction entre l’Etat et la résistance
Fneich : Nous ne cherchons aucun profit et notre projet est l’Etat
Ibrahim Kanaan : Les élections de 2009 sont le moment de confirmer vos droits
