Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Doha : Interview du Général Aoun sur la OTV

Posté par jeunempl le mai 19, 2008

(RPLFRANCE.ORG – Equipe de presse de RPL Rhône Alpes)

General Michel AounDurant son séjour politique à Qatar, le Général Michel Aoun a rencontré la diaspora libanaise à l’église « Le Rosaire » après avoir participé à la messe et ce, en la présence du père recteur Youssef Youssef. Le Général a souhaité que les bonnes intentions et les tentatives parviennent à trouver une solution à la crise que traverse le pays. Il a de même rassuré les libanais présents qu’il n’y aura pas de guerre au Liban. Après cette rencontre, le Général a donné une interview à l’OTV.

Cela fait plus de 48 heures que vous êtes à Doha et pour l’instant, vous n’avez fait aucune déclaration. Y a-t-il une raison ?
J’ai la délicatesse d’esprit et le « savoir-vivre » pour respecter les principes souhaités par nos hôtes. Dès la première réunion, le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad nous a demandé d’éviter les commentaires et les critiques pour permettre aux négociations de s’effectuer dans les meilleures conditions, sans rumeurs et faits parasites. J’ai tout naturellement respecté ce souhait, contrairement à d’autres qui m’ont lancé des accusations et ont déformé mes propos. Par exemple, on m’a accusé d’empêcher la formation du gouvernement avant même que ce sujet soit traité !! On m’a aussi accusé de défendre le recours aux armes alors que dans mon intervention, j’ai tenu à analyser les raisons qui ont amené à l’utilisation de la violence !!

De quoi avez-vous discuté lors de la réunion dirigée par l’émir de Qatar, et qui regroupait Berri, Siniora, Hariri  et vous-même ?
De nouvelles propositions qui ne figurent pas dans le programme fixé ont été évoquées. Certains semblent vouloir plébisciter le pouvoir surtout en ce qui concerne le nombre des sièges des Chrétiens à Beyrouth.

On s’écarte ainsi du programme fixé ?!
Effectivement, il y a des écarts quant aux priorités.

Est-il vrai que la majorité veut traiter les relations du gouvernement avec les organisations avant de se mettre d’accord sur la loi électorale, et la formation d’un gouvernement d’union nationale ?
Je le répète, il y a une priorité, un ordre à suivre : formation d’un gouvernement d’union nationale, élaboration de la loi électorale, ensuite, élection du Président de la République. Certains agissements cherchent à nuire à cet ordre et surtout à bafouer les droits des Chrétiens à élire leurs propres représentants à Beyrouth, bafouant ainsi la loi électorale.

Concernant la loi électorale, certains membres de la majorité ont-ils l’intention de bafouer la représentativité des Chrétiens et donc le nombre de sièges des Chrétiens dans le but de gagner les prochaines élections ?!!
Ils cherchent à se garantir une victoire en dissolvant la moitié des sièges des Chrétiens et en acquérant l’autre moitié.

Ce n’est pas donc la question arménienne qui constitue le nœud du problème !! Il y a une récupération de cette affaire pour gagner les élections.
Bien entendu. Ils veulent délocaliser les Arméniens en les déplaçant d’une circonscription vers une autre. Nous n’accepterons pas de traiter ce sujet de cette manière qui bafoue les droits des Chrétiens. Il faut trouver une autre forme.

La solution à la crise libanaise sera -t- elle compromise par un ou deux sièges ?!!
Non. Le sujet du gouvernement n’a pas encore été abordé. En ce qui concerne les élections à Beyrouth, ils veulent laisser la moitié des sièges pour le jeu électoral inter-chrétien, et se procurer l’autre moitié.

Si je vous comprends bien, la majorité laisse 5 sièges alors qu’elle se garantit 14 ? Avons-nous ce problème dans les autres régions ?
Ils ont au départ proposé de séparer les cazas les uns des autres, voulant ainsi que le caza administratif soit le principe de la base électorale. Nous avons accepté. Ils sont ensuite revenus sur cette proposition voulant garder les cazas dans l’état actuel avec un nouveau découpage électoral pour Beyrouth. C’est à ce moment-là que nous avons compris leurs magouilles. Ils refusent tous les projets comme, par exemple le projet proposé par Frangié en 2004, ou la loi électorale des années 60, voulant ainsi, établir le découpage électoral de Beyrouth selon les critères qui les arrangent. J’ai de même proposé de pratiquer les mêmes critères d’élections dans toutes les régions du pays, et de respecter au mieux la représentativité de chaque communauté religieuse. Il ne suffit pas de gagner les élections mais d’aboutir à une représentativité équitable et juste des électeurs et des différentes communautés. C’est le point de discorde avec la majorité. Tout ce qu’ils veulent c’est le pouvoir. C’est cet acharnement qui a causé le recours aux armes. Pourquoi sont-ils venus négocier alors qu’ils avancent à chaque proposition que nous faisons les mêmes arguments qui ont causé la violence ?!! Je le répète, l’opposition s’est montré très conciliable : nous leur avons proposé plusieurs projets de loi électorale et nous leur avons demandé d’en choisir un à condition de l’utiliser dans son intégrité et de façon généralisée. Dès que cela concerne Beyrouth, ils veulent établir des découpages qui les arrangent.

Est-il vrai qu’ils ont proposé de négocier le sujet du gouvernement d’union nationale si l’opposition acceptait de faciliter le projet de  la loi électorale ?
Nous avons entendu de telles propositions. Ils acceptent qu’on partage le pouvoir pour une durée de 11 mois alors qu’ils cherchent à monopoliser le Parlement, la Présidence et le pouvoir !!! Nous voulons une loi électorale équitable qui soit la base de réforme de ce pays.

Allez-vous négocier la formation du gouvernement au dépit des droits du Président de la République ?
Pour l’instant, le président n’a pas de poids parlementaire. Raison pour laquelle nous proposons de former le gouvernement selon la composition du Parlement actuel, soit 13,5 ministres pour l’opposition contre 16,5 pour la majorité à condition que les deux blocs donnent respectivement 2,5 ministres au Président. Nous maintenons cette offre contrairement à la majorité qui semble ne pas vouloir le faire alors c’est elle qui l’a proposé comme président consensuel !!

Pensez-vous qu’il y aura une solution à cette crise que le Liban traverse ?
Je me préserve des solutions unilatérales. Il faut toujours envisager des solutions intermédiaires en cas d’échec. Lorsque j’étais à Beyrouth, j’ai proposé de former un gouvernement provisoire mais sans insister pour qu’on ne m’accuse pas d’empêcher les élections. Durant la dernière réunion avec Siniora, je l’ai défié à mettre tout de suite en place un projet de loi électorale équitable et juste pour élire le lendemain un Président de la République. Je lui ai de même demandé d’arrêter de m’accuser à chaque fois que je propose une solution, de vouloir à tout prix être le Président de la République. Je l’ai enfin invité à accepter 8 députés pour le quartier d’Achrafieh, pour avoir immédiatement des élections présidentielles !!

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